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Au diable la hiérarchie / PV Shion

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Keith V. Campbell
« Garde du corps très rapproché »
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Garde du corps très rapproché
MessageMer 1 Juin - 18:01


Hurting you is not
made on purpose...


« « Keith tu n’es qu’un empoté pas dégourdi ! »

Ce sont les seules paroles qui me parviennent enfin dans les tympans alors que je m’éloigne de ce que je considère comme une scène de crime. Si vous voulez une traduction plus exacte : une scène qui met en avant une très grande frustration de par une jalousie extrêmement possessive. Et quand ce genre de sentiment se manifeste, il m’est bien difficile de prendre du recul sur les choses et de tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler. D’ailleurs, toujours pris par ce pêché, je ne prends même pas la peine de m’arrêter dans mon élan pour considérer cette intervention de ma préférée. Je file droit devant. Après tout, Andrea est là, non ? Ce que la contrariété peut vous rendre bête et aveugle parfois.

Autant d’accablement que de colère anime mes pas qui me ramènent près de l’entrée de la Tanière. Je ne resterai pas une seconde de plus dans ces jardins alors que de toute évidence, Shion a trouvé meilleure compagnie que moi. Tout au fond de moi, je sais que mon comportement d’il y a quelques jours était peu recommandable. Enfin, plutôt irresponsable et fuyard qui ne fait que remettre sur le tas le même problème tout en blessant le cœur de chacun d’entre nous. J’ai sûrement poussé la chose un peu loin cette fois-ci. Mais ce n’était pas volontaire. J’aime vraiment Shion et je n’ai jamais agi dans le but de la peiner. J’ai cru que cette fois, j’aurais pu aller au bout de mon geste pour une fois... Mais je me suis trompé. Et de là à me punir de la sorte en me remplaçant pour trouver un réconfort ailleurs, c’est difficile à digérer. Difficile à croire surtout.

J’entends les pas précipités de ma Lycane, reconnaissables entre mille, mais je ne m’arrête pas pour autant, la laissant avancer seule alors qu’Andrea ne la suit pas pour la guider au milieu des obstacles possibles. Il y a eu des indices pour me mettre sur la bonne voie, me faire comprendre que tout ça, ce n’était que de la taquinerie maladroite de la part de la Princesse pour m’ouvrir les yeux mais la situation actuelle est trop bancale, sans compter la honte qui reste de cet épisode du bain, et les œillères sont pour le coup bien trop renforcées pour se montrer intelligent. Tout le contraire de ma propre personnalité. Les sentiments sont donc si difficiles à manier dirait-on... Et c’est quand je vais pour rentrer à l’intérieur de la grande bâtisse que je sens un coup dans mon dos. Rien de bien violent mais une poigne ferme ainsi que cette petite voix tremblante qui donne autant de véhémence que possible à ses paroles.

« Cesse tes bêtises ! Tu es un homme pas un numéro dans une hiérarchie ! »

Je ne peux plus tourner le dos et me trouve dans l’obligation de faire face à Shion. Comment peut-elle me dire ça comme ça si facilement alors qu’elle vient d’adopter un comportement peu aimable envers moi ? Je ne méritais pas tant alors qu’elle sait que je ne le fais pas exprès. Que je ne fais qu’être respectueux envers une hiérarchie bien présente et que ce frein que je me mets me peine tout autant qu’elle. Pourtant, elle n’a pas hésité à mettre en œuvre une technique blessante pour que je cède à la tentation. Car quand bien même je suis irrité, il faudrait être stupide pour ne pas comprendre maintenant que tout ça n’était qu’un jeu au vu des mots qu’elle vient de sortir avec tant de rage. Une rage accompagnée de larmes sincères. Je ne connais que trop bien ma protégée pour savoir reconnaitre des larmes de caprices et un réel chagrin qui la torture.

Voir Shion pleurer reste et restera quelque chose de difficile à supporter. Pourtant, je suis tout autant affecté qu’elle et jouer avec ma jalousie qui peut se montrer insoutenable n’était pas la meilleure des choses pour faire passer un message selon moi. C’était un jeu bien maladroitement mené. L’ironie n’est pas un concept que je maitrise à la perfection quand il touche profondément ma sensibilité. J’aimerais la planter là, comme elle a fait avec moi quelques heures auparavant. Mais ce visage meurtri et ses pleurs m’en empêchent. Alors je croise les bras sans pour autant lui tendre la main, laissant un ton monotone s’échapper d’entre mes lèvres.

« Mes bêtises ? Je vais donc être responsable de tout ce qui vient de se passer ? C’est ça ? »

Je préfère ne pas m’attarder sur la seconde partie de cette phrase. Nous sommes déjà bien à cran tous les deux alors si c’est pour déjà toucher le sujet sensible, il ne vaut mieux pas. Commençons par le commencement comme qui dirait.



©codage par loveless
L. Shion Lovecraft
« Blind fluffy princess »
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MessageDim 17 Juil - 17:00


Every one is a moon, and has a dark side which he never shows to anybody



Mes yeux me font mal. Ces espèces de billes inutiles et sans vie me brûlent comme si on venait de poser un tisonnier incandescent par-dessus chacun d’eux. Je déteste cette sensation, je déteste ce sentiment et, par dessus tout, je déteste encore plus les raisons qui ont poussées les larmes à naître. Cette scène, ce déroulement d’événement, rien n’aurait dû se dérouler comme cela. C’est un fiasco total. Loin de tout ce qu’avait pu imaginer mon frère et son ami. Eux qui sont des hommes, savent pourtant comment réagissent leurs pairs, pourtant, Keith n’est pas comme les autres. Ô, non pas que j’en doutais ou l’ignorais. Non, en fait, c’est notre condition toute entière qui n’a rien à voir avec ce que l’on peut trouver chez le voisin.
 
Si je m’en veux ? Oui. Jamais je j’ai voulu que les choses se passaient ainsi. Si j’en veux à Andrea et mon empoté de grand frère ? Peut-être. J’ai eu entièrement confiance en leur plan, que je croyais infaillible, mais après tout, ils sont un peu extérieur à toute cette histoire. Si j’en veux à Keith ? Oui, autant qu’à moi. En fait, en ce moment précis, j’en veux au monde entier pour ce qu’il est. Pour la façon dont il est construit et toutes ses fichues étiquettes, conventions et autres bêtises qui régissaient ce qu’on appelle la société.
 
Jamais je n’ai demandé à être Oracle, jamais je n’ai demandé à être Princesse. Maintenant, plus que jamais auparavant, je pleure cette liberté qui me paraît imprenable, inatteignable. A jamais. 
    « Mes bêtises ? Je vais donc être responsable de tout ce qui vient de se passer ? C’est ça ? »
Sa voix ne me trompe pas. C’est de la colère que j’entends. Un ton qui me brise le cœur, me faisant même oublier la teinte de tristesse qui transparaît à peine dans le son de sa voix. Sans que je puisse y changé quoique ce soit, le flot humide qui inonde mes joues se fait plus intense. Sans parvenir à l’arrêter, c’est presque comme si je ne pouvais qu’attendre qu’il se tarisse de lui-même. Pourtant, dans un effort désespéré, la voix tremblante jusqu’à m’étouffer, je parviens à lâcher quelques mots.
    « Ç-ça n’a... ça n’a rien à voir... avec ça ! » Techniquement si, mais ma pensée va plus loin. Seul mon état ne me permet pas de m’exprimer comme je le souhaiterai. « Ce n’est pas... juste... ça. »
Il serait stupide de ne s’attarder que sur les événements récents, et tout autant de les ignorer. Autant dire que la situation est un peu plus délicate que prévue. Je prends alors une profonde inspiration afin d’essayer de me calmer, il ne serait pas très propice que mes pleurs finissent par attirer quelqu’un qui s’inquiéterait de mon état. J’ai déjà tout ce qu’il me faut en face de moi pour ce genre de « soucis », dès que le nœud du problème sera enfin défait pour tout rentre dans l’ordre. Du moins, c’est ce que j’espère.
 
Je ne souhaite entendre personne d’autre en ce moment.
Je ne veux pas non plus que cela attire des ennuis à Keith.
    « Les choses... en devaient pas se dérouler... ainsi... Je voulais que tu comprennes qu’un rang, ça ne faisait pas les relations. Qu’ici, on s’en fiche de cela et... et... » Sa voix perd en intensité, devenant subitement faible, presque timide. « Kanon m’avait dit que titiller la jalousie des hommes c’était un bon moyen de les mettre face à leurs sentiments et que forcément... ça fonctionnait toujours comme technique. C’est mon frère, je lui fais confiance, mais... je suis désolée. »
Sur ces mots, malgré leur sincérité profonde, je n’aies pas réussi à supporter le poids de son regard. Mes yeux morts fuient vers des pieds qu’ils ne peuvent voir. Pourtant, un geste timide paraît malgré la fuite couarde dont je fais preuve. Une main discrète et hésitante qui cherche le bout de cette manche qui en a déjà tant vue. Celle que j’ai toujours attrapée lorsque j’avais peur ou que je parvenais quand même à ne pas repérer mon environnement correctement. Ou juste parce que j’en avais envie. Dire qu’au fond, elle n’était qu’un substitut à ces doigts que j’évitais de prendre parfois, souvent, par simple pudeur dans les couloirs du château, pour éviter de trop afficher ce que personne - ou presque - ne doit savoir au sein de la Tanière.
 
Sauf pour cette fois. Je ne veux simplement pas me montrer tout insistance, ni brusque et aussi parce que je m’imagine qu’il ne le souhaite pas plus que cela en ce moment. C’est juste que j’ai peur qu’il s’en aille sans répondre. Appelons ça, la peur.
    « Tu te souviens quand nous étions petits et que je t’avais demandé si tu tenais assez à moi pour m’embrasser ? Même si je ne comprenais pas encore que ce geste était, disons, réservé aux gens qui s’aiment, maintenant il y a une chose dont je suis certaine : je ne veux pas reposer cette question à quelqu’un d’autre. Je... je préférerais encore mourir... même si on me trouvais un époux d’une bonne famille Bêta. Si ça devait arriver, je jure que j’irais m’enfoncer dans les marais. Je le... »
C’est trop dur, il me fût impossible de terminer ma phrase que les sanglots, plus silencieux toutefois, reprirent de plus belle.


©codage par loveless ; image provenant de tumblr

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