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See the world not as it is but as it should be Ω Eléa

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Lælia N. Solomos-Spade
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Lune du jour
MessageMer 1 Juil - 12:24

Un retour aux sources, une sortie programmée pour permettre à sa fille de voir un peu autre chose. Il faut juste informer le papa et l'amadouer à coups de bisous.

    « Mais c’est de la folie ! »
    « Depuis quand se rendre chez mon père est aussi dangereux que d’aller embrasser le Moldorm de Subrosia ? »
    « Oui, là c’est tout à fait équivalent ! »
    « Papa sera ravi de t’entendre dire des choses pareilles. »
    « Et les Balverines ? Tu as pensé aux Balverines ?! »
    « Nous sommes des habitants de Forsena, ton argument est irrecevable mon chéri. Tu n’as qu’à venir si tu es si inquiet. »
    « Tu sais parfaitement que je ne peux pas couper à mon travail. »
    « Alors on fera comme prévu. »
    « Il n’a qu’à venir lui ! »
    « Mais papa travaille aussi et tu veux vraiment que ça finisse comme la dernière fois ? Quand papa et Kieran avait décidé que c’était très drôle de te laisser tout nu aux sources chaudes en amont du village. »
    « MAIS ! »
    « Y a pas de mais, ta fille a envie de voir son papy et moi aussi d’ailleurs. On ira en chariot, on sera donc accompagné jusqu’à Dun Fiara. »
    « ET S’IL ARRIVAIT QUELQUE CHOSE A MON BÉBÉ ?! »
    « Notre fille a presque deux cents ans... »
    « C’est justement ce que je dis ! »
Ah les éternels débats concernant la petite Eléa. Enfin, si l’on peut appeler cela des débats car il s’agissait simplement d’un papa un poil trop protecteur avec sa fille. Un grand classique en somme et je peux parfaitement affirmer que j’en connais un rayon sur le sujet, j’avais le même. Ça semble un peu étouffant mais avec un peu de recul, connaissant les deux énergumènes qui m’avaient ma vie telle qu’elle était aujourd’hui, ça m’amusait gentiment. Il y avait des antécédents chez Eléa qui justifiait amplement l’attitude de son père mais c’était mon rôle de maman de rassurer tout le monde et d’aider ma fille à pouvoir faire ses pas malgré le handicap.
 
Pinçant le nez de mon empoté de mari, je mettais alors un terme à cette conversation sans queue ni tête avant de lui sourire chaleureusement. Il allait par avoir des cheveux blancs à force de s’inquiéter comme ça. Quel comble pour un vampire qui ne vieillit plus. Non, les miens ne comptent pas c’est naturel ! Idem pour mes fils. Non mais oh !
    « Respire un coup mon chéri. Tu vas finir par me faire une syncope. Et ne t’inquiètes donc pas, elle ne sera pas toute seule. Tu me fais confiance n’est-ce-pas ? »
Le prendre par les sentiments ça marche à tous les coups, il ne peut pas me contredire sur ce coup-là même s’il ne peut s’empêcher de rester aussi inquiet. La conversation finie, je me rends dans la chambre de ma benjamine pour lui annoncer la bonne nouvelle.
    « C’est bon ma puce, on va pouvoir allez voir ton papy. Tu prépares tes vali… » D’accord, j’aurais dû parier là-dessus mais j’arrive tout de même à être étonnée de retrouver Eléa, gentiment assise sur son lit, ses valises déjà prêtes à ses pieds. « Eh bien c’est du rapide. Ça sera notre secret que tu pariais sur la victoire de maman, ok ? Allez, mets ton manteau et on y va. »
C’était bien la première fois que nous sortions toutes les deux entre filles, tout comme c’était également la première fois qu’Eléa retournait dans le village qui les avaient vu naître elle et ses ainés. Je suis persuadée que c’était une bonne chose pour elle et même si mon père venait régulièrement à Forsena pour nous rendre visite, ce n’était pas assez à mon goût. Mais nous ne pouvions que blâmer la distance qui séparait nos deux villages et il était hors de question pour moi de partir en laissant le reste de ma famille seule. Nous ne resterions que deux jours à Samarcande, c’était court mais il valait mieux ne pas brûler les étapes.
 
La traversée du bois de Brightwall se fit évidemment sans encombre, il n’y avait plus qu’à espérer qu’Eléa supporte les secousses de la charrette. Le voyage dura quelques heures puis vient la traversée en bateau, qui elle, n’était pas bien longue mais les étoiles dans les yeux que lui tira ce navire fût à la fois touchant et amusant. L’eau me rappelait tellement de souvenirs mais… ce n’était pas vraiment une bonne idée de les partager avec sa fille, croyez-moi.
 
Enfin nos pieds retrouvèrent terre mais je me laissai aller à une dernière proposition avant de rejoindre ma maison d’enfance.
    « Papy doit surement être en train d’entrainer encore quelques-uns de ses élèves, tu veux en profiter pour faire un tour ? On pourrait aller lui acheter une surprise au passage. »



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Dernière édition par Lælia N. Solomos-Spade le Jeu 3 Sep - 17:34, édité 1 fois
Eléa Solomos-Spade
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MessageSam 4 Juil - 22:38






See the world..


Feat Maman



Je crois que je n’aurais jamais pu être aussi excitée que maintenant. Je faisais des allers-retours incessants dans ma chambre, observant ma porte toutes les secondes en espérant qu’elle s’ouvre sur maman. Si j’avais été une sale gamine, je pense que j’aurais été capable d’écouter à la porte de sa chambre pour suivre la discussion qui se tramait en direct – mais si j’étais vue, je pense que ça ne se passerait pas aussi bien que prévu. Et puis, pourquoi douter de la persuasion de maman ? Autant dire que si elle avait une chose en tête, il était impossible de la faire changer d’avis. Et cette fois, la chose qu’elle voulait, c’était moi.

Elle m’avait proposé ça à la volée, et je dois dire que sur le moment, je n’y avais pas vraiment cru. J’avais pris l’habitude de rester à Forsena, de ne bouger de ce village que par de très rares occasions qui ne se présentaient pas aussi souvent que je l’aurais voulu. Et dire qu’il m’avait suffi de lui dire que papy me manquait….Si j’avais su qu’il me suffisait de confier cette chose minime à maman pour que je prenne la poudre d’escampette quelques jours après, je pense qu’il y a bien longtemps je l’aurais fait. Le meilleur dans tout ça ? C’est que si tout allait bien – sous-entendez là que le payement en baisers soit suffisamment élevé pour que papa accepte – nous pourrions faire ce voyage entre filles. Juste maman et moi. Je crois que je n’aurais pas pu être plus heureuse !

-Roh, allez Eléa, calme-toi ! fis-je pour moi-même. Si tu continues ainsi, tu seras fatiguée avant même d’avoir commencé l’aventure !

Je me forçai à m’asseoir sur le lit, de plus en plus impatiente. C’était que ça devenait fort long…Depuis quand ils étaient là-dedans à discuter ? Dix minutes ? C’était beaucoup trop ! Je tentai vainement de m’occuper l’esprit en me remémorant pour la énième fois tous les éléments que j’avais pris avec moi dans mes valises…Qui étaient déjà bouclées, effectivement. Parce que oui, il n’y avait pas d’autres alternatives, de gré ou de force, j’irais ! Je savais que maman ne lâcherait rien…..et moi non plus.

Puis soudain, la délivrance, l’espoir, le rideau enfin levé. La porte s’ouvrit à grand fracas, laissant place à maman qui venait me délivrer de ma torture interne en m’expliquant d’emblée que la mission était réussie. Elle s’arrêta néanmoins dans sa lancée en m’observant silencieusement, et j’aurais presque parié sur le fait que si elle n’avait pas autant de dignité, elle aurait éclaté de rire face à ce spectacle : moi, souriante comme un nigaud devant des bagages fin prêts à être embarqués. Hé oui maman. Jamais je n’ai douté de toi !

-Eh bien c’est du rapide. Ça sera notre secret que tu pariais sur la victoire de maman, ok ? Allez, mets ton manteau et on y va.

-Oh, merci merci merci ! Maman, tu es la plus géniale du monde !

Je ne lui laissai pas même le temps de quoique ce soit que j’éclatai littéralement de joie, sautant à son cou en lui plaquant un baiser bruyant en guise de remerciement. Il ne me fallut que quelques secondes pour enfiler mes derniers vêtements pour la route, et presque autant pour dire au revoir à papa. Certes, j’étais triste de le laisser ici, et son visage décomposé par l’inquiétude me minait moi aussi….Mais rien n’équivalait l’excitation de partir d’ici en virée avec maman.

Nous partîmes en direction de Samarcande, débutant le voyage sur une charrette dont les secousses auraient pu me rendre malade si je n’étais pas aussi émerveillée par tout ce que je voyais. C’était comme une seconde naissance, une redécouverte du monde comme je ne l’avais jamais vu. J’avais l’impression de vivre ces récits que les troubadours scandaient, ou que je pouvais trouver dans mes livres. Et c’est en parcourant ainsi même ce bout de chemin que je ressentis ce besoin d’en voir plus encore, de m’évader plus loin que ses barrières que l’on me posait – même si aujourd’hui elles s’ouvraient quelque peu.

Lorsque nous traversâmes l’eau en bateau, je dois dire que j’exultai. Je crois bien que c’était la première fois que je montai dans un navire, et c’était bien mieux que dans mes histoires ! Je passai d’un bout à l’autre en faisant grincer le plancher, observant cette eau lécher les parois de la coque, m’émerveillant au moindre bruit. Si je n’avais pas été aussi timide, je crois bien que j’aurais demandé au capitaine de me laisser conduire la barre, ce qui aurait sublimé ce – bien trop – court laps de temps passé sur le bâtiment. Puis avant que je ne puisse m’en rendre compte, nous étions enfin arrivées sur la terre, reposant nos pieds sur leur bien aimé plancher des vaches.

-Oh maman, c’était génial ! Il faudra que tu m’emmènes encore plus loin la prochaine fois…Tu imagines dormir dans un bateau ? Tu l’as déjà fait ? Je crois que je pourrais y passer ma vie si je le pouvais !

A vrai dire, je ne lui laissais pas même l’occasion de me répondre. Il faut dire qu’avec ma famille j’étais bien plus loquace, et l’enthousiasme de la traversée aidant, je ne pouvais m’empêcher de parler. Je pense que maman comprenait que me sortir de mes quatre murs me faisait le plus grand bien…Et j’espérais que cela l’inciterait à se convaincre elle-même et papa de me laisser partir plus souvent. En attendant, la proposition de maman me fit retombée sur la terre ferme pour de bon, tandis que je la prenais par le bras en souriant comme une forcenée :

-Papy doit surement être en train d’entrainer encore quelques-uns de ses élèves, tu veux en profiter pour faire un tour ? On pourrait aller lui acheter une surprise au passage.

-D’accord, mais c’est moi qui lui offre ! J’ai hâte de voir sa tête quand il verra que papa n’est pas là…

Nous entamâmes donc la route vers papy, chose qui se fit plus difficilement que prévu car je m’arrêtais pratiquement tout le temps en observant un détail particulier. Je crois que maman devait avoir une patience sans limite avec moi, mais je me promis de la remercier plus grandement un jour ou l’autre. Parce que tout ça…ça n’avait pas de prix. Je ne comprenais que trop bien qu’aujourd’hui était un jour particulier, et que j’avais une chance inouïe de pouvoir profiter de cette occasion. Seulement…alors que nous cherchions ledit cadeau pour papy, l’évidence me frappa : et si ce n’était, sommes toutes, qu’une parenthèse ? Un instant ainsi volé que je ne pourrais peut-être pas réitérer de sitôt. Cette véracité me frappa de plein fouet, me donnant une gifle avec une telle force que ma joie parut disparaître aussitôt. C’est presque la mine grave que je tirai légèrement ma mère par le bras pour qu’elle me fasse face, baissant tout de même les yeux car cette demande dépassait le seuil de ma force pour les laisser lever. Mais je devais le faire. Je voulais savoir si ce bonheur n’était que passager ou non. Si je serais forcée d’oublier tout ça rapidement, ou si moi aussi, je pourrais décider de ce que ma vie sera. Les mots me brûlaient les lèvres, mes joues étaient plus rouges que jamais mais je trouvais le courage de prononcer tout de même ces mots :

-Dis maman… ? Tu crois qu’un jour je pourrais partir toute seule comme ça aussi ? J’ai pratiquement deux cent ans…Je suis assez grande pour me débrouiller, non ? Parfois, j’ai envie de voyager comme aujourd’hui…Mais plus loin encore. Réponds-moi franchement…S’il te plait.





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Dernière édition par Eléa Solomos-Spade le Mar 4 Aoû - 17:42, édité 1 fois
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MessageDim 19 Juil - 0:27

J’avais tellement hâte de voir mon père mais je ne pouvais pas non plus demander à Eléa de tracer jusqu’à la maison sans la laisser visiter un peu et puis... ce cadeau semblait être une bonne idée, vraiment bonne. Autant visiter un peu avant, Samarcande était un si beau village. Il m’avait d’ailleurs tant manquer.
    « D’accord, mais c’est moi qui lui offre ! J’ai hâte de voir sa tête quand il verra que papa n’est pas là… »
Je ne peux m’empêcher de rire devant cette simplement petite phrase. Je me demande si Eléa se rend compte de la réalité des choses. Je pense que pour elle, son papa et son papy ne faisaient que se chamailler gentiment pour s’embêter - ce qui est un peu le cas maintenant. Mais si elle savait ce que son père avait dû endurer pour être accepter par mon père et surtout pour que ce dernier accepte que sa fifille adorée soit en âge de quitter le nid pour fonder son propre foyer. Ah je me souviens de tous ses coups-bas, parfois forts gênant pour moi comme celui où Adrian avait fait semblant d’imiter un certain acte en faisant grincer le lit assez violemment... Je vous jure, si la pauvre savait que son père adoré n’était qu’un petit chenapan, surtout dans son ancienne vie.

Nous continuons doucement de déambuler dans la ville à la recherche de ce fameux présent à offrir mais évidemment ce n’est pas une tâche aussi facile qu’elle aurait dû l’être. Faire tenir Eléa en place est quasiment impossible et je la comprends bien la pauvre enfant bien  que de nombreuses mises en garde comme « Ménage-toi. », « Fais attention ma puce. »,... et tant d’autres sortent souvent de mes lèvres. Je ne veux pas briser sa joie et je suis heureuse de la voir ainsi mais je ne voile pas la réalité et je sais très bien ce qu’il peut arriver si un incident venait à survenir. Adrian ne s’en remettrait pas et plus jamais elle ne pourrait voyager. Je refuse que cela arrive alors je la freine autant que possible.

Jusqu’à ce qu’elle s’arrête pour me regarder l’air grave. Quelque chose la turlupine c’est évident, et je ne tarderais pas à connaitre ce qui tracasse ses pensées.
    « Dis maman… ? Tu crois qu’un jour je pourrais partir toute seule comme ça aussi ? J’ai pratiquement deux cent ans… Je suis assez grande pour me débrouiller, non ? Parfois, j’ai envie de voyager comme aujourd’hui… Mais plus loin encore. Réponds-moi franchement… S’il te plait. »
J’aurais dû m’en douter. Je savais bien que ma pauvre enfant souffrait de sa condition et cela m’embêtait beaucoup, je faisais tout ce que je pouvais pour l’apaiser mais jamais ça ne serait assez. Parfois je m’en voulais, j’avais l’impression que c’était ma faute si ma fille avait hérité de cette faiblesse, même si je n’en disais rien pour ne pas peiner encore plus notre famille. J’aurais tant souhaité qu’il en soit autrement mais aucune prière n’y changer quelque chose. Je doute qu’elles changent un jour quelque chose.
    « Eléa, ma chérie. Ne te préoccupe pas de ton âge, comparée à une humaine tu es encore si jeune et tu l’es à moitié, ne l’oublie jamais. C’est un détail très important, surtout pour ton père. Alors ça peut te paraître long d’attendre et je sais bien que quelque soit ses origines et sa façon de vieillir chaque enfant a envie de prendre son envol. Mais je t’assure qu’il faut juste rester un peu patient, ton temps viendra un jour aussi. Maintenant je ne te mentirais pas sur le fait que ton cas est un peu particulier, tu es peut-être un grande fille débrouillarde mais il faut que tu sois raisonnable car jamais tu ne dois te retrouver toute seule. Je suis certaine que tu sais très bien que ça peut-être très dangereux pour toi et t’imaginer toute seule, blessée, incapable de bouger, c’est bien la dernière chose que j’aimerais imaginer. »
Ce n’était pas vraiment joyeux comme conversation et je suis certaine qu’Eléa aurait souhaité aimer entendre d’autres mots. Hélas, la réalité était souvent bien différente de ce que l’on avait espérer et je suis certaine qu’elle comprendrait, même si je ne pouvais lui en vouloir de ne pas aimer la sienne. La vie était injuste mais je la trouvais si jeune pour qu’elle ait déjà à s’en rendre compte. Heureusement il y avait toujours une lueur d’espoir quelque part quand on croyait en elle.
    « Mais cela ne veut pas dire que tu resteras enfermé toute ta vie, oh ça non je te le promets. Mais il faudra attendre le bon moment et surtout la bonne personne. Un jour, j’en suis certaine, tu trouveras ta moitié, une personne fantastique qui prendre soin de toi et te supportera dans ton combat. A ce moment-là tu pourras faire le tour d’Anthalia, à deux. Je te demande juste d’être patiente et d’y croire ma chérie. Tu verras ça viendra. Pour le moment accepte d’être encore un peu la gentille petite à maman et papa. Et ne t’inquiètes pas pour lui, quand tu seras prête, il le sera aussi. Comme papy avant lui. Il faut juste faire confiance au Temps et ne pas trop le pousser. Laisse une petite prière aux Dieux, peut-être qu’ils l’entendront, après tout je pense que tu le mérites bien. »
Je lui souris et l’étreint doucement, avec la plus grande des délicatesses. J’espère que ces paroles l’auront rassurée. L’impatience de la jeunesse, je ne connais que trop bien. Je reprends donc sur une note un peu plus amusante.
    « Et si nous reprenions notre chasse au trésor hum ? Tu préfères quoi pour papy : quelque chose de bon à manger ou une petite décoration à garder ? Il y a des tonnes de boutiques que tu adorerais ici. Mais attention ! On ne traine pas, on pourra y faire un tour avec papy si tu es sage. D’accord ? »


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Eléa Solomos-Spade
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MessageMar 4 Aoû - 17:45






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Feat Maman



Mes yeux étaient baissés, incapables de soutenir le regard de maman. J’avais tellement peur de la décevoir ! Lui avouer que j’étouffais parfois à la maison ne devait pas être des plus agréables à entendre, surtout qu’elle et papa faisaient tout pour que je me sente bien. Mais c’était plus fort que moi ; j’avais beau adorer ma vie, bien que j’aie l’impression d’avancer à tâtons parfois, j’éprouvais un énorme besoin de me libérer un instant des contraintes. J’en voulais presque à ceux que je voyais partir, parce qu’ils avaient la chance de pouvoir faire leur propre chemin, alors que je restais derrière à attendre leur retour. C’était une petite douleur qui ne cessait de grandir depuis quelques temps, un trou béant que même les histoires de Ziegheart ne pouvaient combler. J’étais heureuse, là n’était pas le problème. Mais il me manquait quelque-chose. J’étais comme…incomplète. Le pire c’était que je savais pertinemment comment être une Eléa toute entière, mais qu’il m’était simplement interdit de le faire. Tout ça parce que j’étais jeune. Et à cause de ma stupide maladie. J’aurais tellement aimé naître avec ce poids en moins. Pouvoir courir autant que je le voulais, sans entendre des cris affolés derrière moi. Et malgré tous les efforts de mes parents, la vie me semblait parfois si injuste…

Maman prit à son tour la parole, de son honnêteté si particulière dont j’avais réellement besoin à cet instant. J’avais cru être soulagée, qu’à ma mine atterrée elle se rendrait compte que mes dires n’étaient pas des enfantillages, mais une réelle nécessité, il n’en fut rien. Et si elle ne voulait pas, il ne fallait certainement pas compter sur papa pour changer la donne. Je pourrais faire autant de regards de vampire mouillé sous la pluie, la décision sera toujours la même. Je fis un énorme effort pour ravaler mes larmes, touchée que maman me considère encore comme une enfant. Je me sentais prête ! Pourquoi fallait-il qu’il y ait un âge de raison, inscrit quelque part sur une pierre, pour que les parents estiment que leur progéniture l’avait atteint ? Sa réponse était loin de me réjouir, même si au fond de moi une petite voix me soufflait qu’elle avait raison. Elle  et papa étaient le mieux placés pour se rendre compte de ma capacité à affronter le monde. Ils avaient déjà tellement vécu, eux seuls savaient ce dont les autres étaient capables. Et s’ils m’ordonnaient de rester, c’était peut-être parce qu’il y avait quelque-chose de plus grand, qui me dépassait entièrement, qui devait être encore enfoui dans les secrets pour le moment. Anthalia me paraissait si peu effrayant, alors à quoi bon m’enfermer ici ? Je ne voyais que cela pour seule réponse. Il y avait quelque-chose dont on ne me parlait pas. Mais j’imagine que chaque chose viendrait en son temps.

-Un jour, j’en suis certaine, tu trouveras ta moitié, une personne fantastique qui prendre soin de toi et te supportera dans ton combat.

Mes joues rougirent à cette annonce, et je me surpris à regarder autour de moi comme si papa était apparu dans la pièce. Mon dieu, s’il l’entendait ! Je suis sûre qu’elle devrait multiplier ses tentatives de persuasion pour qu’il desserre les mâchoires – et honnêtement je n’ai pas envie d’expliquer quoi exactement. Papa était certes mon héros depuis toujours – un héros encore plus balèze que dans mes livres ! – je dois avouer qu’avoir un amoureux faisait partie de mes plus grands secrets. Je ne sais pas si maman lisait en moi ou si elle se posait sur sa propre expérience, mais j’avais l’impression d’être percée à jour en moins de deux. Seulement, c’était peut-être dans mon idée, mais il me semblait que papa n’était pas vraiment pour le fait que je partage ma vie avec un autre homme que lui…Rien qu’à voir les œillades qu’il lançait à Loghan quand il était trop familier avec moi, je n’ose pas imaginer de l’état d’un garçon qui tenterait de me voler un baiser….Même si je serais capable de courir nue sous la pluie pour que ce soit déjà le cas. Quoi ? Je suis certaine qu’il y a des incantations aussi tordues pour amener l’homme de sa vie à ses pieds, du moins aux dires de racontars. Même si je pense que la nudité joue un rôle majeur que toutes les autres conneries qu’il faut soi-disant faire…

Des bras viennent soudainement m’entourer, me tirant de mes pensées étranges. J’enfuis un instant ma tête dans le cou de maman, la serrant à mon tour tout contre moi, la remerciant implicitement pour ces mots partagés. J’aurais aimé en entendre d’autres, mais c’était inutile d’insister. Elle avait raison : mon moment viendrait, un jour ou l’autre, et il ne servait à rien de se presser. En attendant, il me restait les rêves pour voyager déjà d’un bout à l’autre du monde. Le reste sera pour plus tard…Et puis, étais-je vraiment si pressée de quitter papa et maman ? Enfuie dans les bras de ma mamounette chérie, la réponse me semblait évidente. J’avais besoin, encore un peu, de…tout ça. Même si je décidais de partir maintenant, je sais que je reviendrais bien trop vite vers eux. Ils étaient mes piliers. Sans eux, je n’étais plus rien. Alors avant de parcourir Anthalia d’un vœux si pressé, je pourrais très bien m’accommoder à rester pour leur faire autant de bêtises et de sourires innocents dont une fille très bien élevée devait s’acquitter…

-Et si nous reprenions notre chasse au trésor hum ? Tu préfères quoi pour papy : quelque chose de bon à manger ou une petite décoration à garder ? Il y a des tonnes de boutiques que tu adorerais ici. Mais attention ! On ne traine pas, on pourra y faire un tour avec papy si tu es sage. D’accord ?

-Ouiiii mamaaaan…Laisse-moi encore dix minutes et je te trouve le cadeau du siècle !

Mon petit moment de déprime semblait s’être complètement dissipé. Je lui repris le bras, l’entraînant dans les dédales de la ville, plongeant une nouvelle fois mon regard sur chaque bâtisse qui m’entourait. Je comprenais pourquoi maman avait tellement l’air d’aimer ces lieux. Je crois même que si ça ne dépendait que d’elle, elle resterait plus longtemps, ne fut-ce que pour se noyer un petit peu plus dans les souvenirs de son enfance. Je me demandais vraiment si elle était aussi sage et forte que maintenant, ou si elle était une vraie peste quand elle était petite….Et comment elle était, à mon âge. Etait-elle si pressée que moi de vivre ? Je raffermis mon emprise, tandis que je repensais à nouveau à mon cher petit ami de rêves. Heureuse qu’elle ait ouvert le sujet, je lui déclarai d’une petite voix, soulagée de pouvoir lui partager mes petits secrets du cœur :

-Tout à l’heure, tu as dit que j’aurais un amoureux moi aussi…Oooh maman, tu penses qu’il sera comment ? Je voudrais qu’il soit aussi beau que papa. Je pense pas que plus ce soit possible, à moi d’être un dieu, alors je ne rêve pas trop ! Mais il devra être fort aussi, comme ça quand je vais me marier, il devra pas me traîner dans l’escalier comme un poids mort mais pourra me porter comme une princesse, j’éclatai de rire à cette image, puis je repris, sautillant à l’envers, pour être face à maman, en la pressant de questions. Et toi ??? C’est quand que tu es tombée amoureuse de papa ? Il t’a fait la cour et tout ? Comme dans les livres ? Oooh je suis sûre qu’il était un vrai dragueur…Et le baiser ? Le premier ? Oh, ça a dû être formidable !

Je pris mes joues entre mes mains, encore plus rouge qu’une pivoine à m’imaginer un garçon aussi prévenant que papa. Il était le papa le plus parfait, et à voir maman aussi heureuse, il devait être aussi un excellent mari…J’espérais avoir cette chance un jour, et je pense bien que je le désirais même plus que voyager…C’est pour dire.

Je m’agitai cependant tellement que je finis par bousculer un gros tas de muscles saillants qui grogna à mon encontre, me faisant automatiquement baisser les yeux vers le sol. Je baragouinais quelques excuses incompréhensibles avant de me remettre aux côtés de maman, son bras en dessous du mien, essayant de me calmer peu à peu. Chose qui ne marcherait décidément pas avec moi aujourd’hui. Je venais de repérer le cadeau du siècle. On pouvait dire que c’était entre un objet de déco et à manger – bien que je trouverai ça assez morbide…une chose est sûre, c’est que je ne repartirai pas d’ici avant de l’avoir. Je ne pouvais PAS passer au-delà de ça. Je courus comme une folle devant un vieux monsieur qui arborait un panier, où pleins de petites têtes touffues essayait d’observer la cohue. Des lapins. C’était juste parfait. Personne n’était insensible face à ces formidables bestioles, surtout lorsqu’ils étaient tout bébés !

-Ooooh maman ! Maman ! Un bébé lapin ! C’est ça qu’il lui faut…Il sera plus jamais seul, et en plus il prendra pas trop de place…Oh maman dit oui, ils sont trop mignons… !

J’attrapais une des boules de poils, la cajolant tout contre moi, un sourire béat pendu aux lèvres. Mon choix était fait. J’avais bel et bien l’intention de repartir avec cette adorable bestiole dans les mains…Et si elle refusait, j'étais certaine qu'un bébé lapin ne devait pas faire beaucoup de bruit, caché dans le fond d'une de mes poches....N'est-ce pas ?




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MessageJeu 3 Sep - 17:40

J’aurais voulu faire plaisir à ma pauvre Eléa en lui donnant une réponse plus proche de ce qu’elle souhaitait entendre mais il était de mon devoir de mère de lui apprendre à être patiente et raisonnable, tout comme je devais la protéger même si cela devait la frustrer ou l’attrister. Devenir mère m’avait fait comprendre, il y a déjà bien des siècles, ce que mon père avait dû ressentir quand j’étais à la même place que ma petite. Surtout qu’il m’avait élevé seul. J’étais si fière de lui et je me sentais parfois désolée de ce que j’avais bien pu lui faire subir... surtout après m’être mise avec cette andouille aimante que j’avais fini par épouser. La vie n’était qu’un recommencement éternel, un jour ce sera au tour d’Eléa d’avoir à gérer des enfants un peu trop pressé, du moins c’est ce que je lui souhaite et je suis certaine qu’Adrian se fera à cette idée, un jour, d’ici quelques siècles...
 
Cette discussion terminée, nous pouvions enfin reprendre notre recherche de présent. Je laissais le plaisir à Eléa de le chercher elle-même, toute seule. Cela lui permettrait également de porter plus attention sur le village et les bâtisses qui l’entouraient, puisqu’elle ne pouvait plus se souvenir de ces lieux après les avoir quitté il y a un peu plus de 170 ans. J’aurais dû me douter que la conversation précédente n’était pas tout à fait close et qu’elle reviendrait dessus tant elle devait lui tenir à cœur. Surtout en ce qui concernait les garçons, après tout c’était bien de son âge ces choses-là. Heureusement que nous n’étions que toutes les deux, enfin Aleister aurait bien été dans le même sens, et cette affirmation qu’elle m’offrait me fit bien sourire.
    « Et toi ??? C’est quand que tu es tombée amoureuse de papa ? Il t’a fait la cour et tout ? Comme dans les livres ? Oooh je suis sûre qu’il était un vrai dragueur… Et le baiser ? Le premier ? Oh, ça a dû être formidable ! »
Ah. Par contre je n’étais pas vraiment préparée à ces questions un peu plus personnelles... Je n’avais pas eu la chance de vivre cet échange puisque ma mère nous avait quitté bien trop tôt et j’avais dû faire sans apprendre des expériences de ma génitrice. Mon caractère étant également ce qu’il était... c’était bien difficilement que je pourrais aborder le sujet. Sans compter que son père avait fait pas mal de bêtises dans sa jeunesse et que la pauvre petite ne devait même pas imaginer cela possible, du moins cette possibilité ne devait même pas avoir effleurée son esprit. Autant je la voyais rougir à vue d’œil, autant je faisais de nombreux efforts pour ne pas le devenir à mon tour. Cela aurait été... vraiment étrange.
    « Dis donc petite curieuse, ce ne sont pas des choses que l’on demande à sa mère. » J’avais prononcé ces mots de manière taquine, en mettant les mains sur les hanches de la manière la moins sérieuse qui soit. « Tu verras quand tu auras ton amoureux, tu seras la première à me demander à ne pas te poser ce genre de question. Si, si, promis. Mais ne t’inquiètes pas pour moi, j’ai de biens beaux souvenirs pour sûr. Ni pour toi, tu verras, ça viendra tout seul. »
Cette enfant pouvait se montrer intenable et je ne croyais plus que nous arriverions à nous concentrer pour enfin trouver ce fameux cadeau. Jusqu’à ce qu’elle s’échappe de mes côtés pour courir plus loin.
    « Eléa ! Fait doucement ! »
Quand enfin elle s’arrête, je comprends que quelque chose lui aura tapé dans l’œil. Ce cadeau était-il enfin trouvé ? Il semblerait que oui mais je me montre assez sceptique quant à son choix dès que je l’aperçois. Sans mauvaise pensée, mais il était évident qu’il y avait une petite erreur de destinateur.
    « Ooooh maman ! Maman ! Un bébé lapin ! C’est ça qu’il lui faut…Il sera plus jamais seul, et en plus il prendra pas trop de place…Oh maman dit oui, ils sont trop mignons… ! »
    « Un lapereau ? J’imagine assez mal ton grand-père gazouiller sur un petit animal après le travail même s’il est vrai que ça lui fera un peu de compagnie. Et c’est vrai qu’ils sont mignons mais dis-moi. Sincèrement. Tu l’as choisi pour papy ou pour toi ma grande ? »
Je lui ébouriffe les cheveux tout en lui prenant le petit animal des mains. Ayant une part de poilus à longues oreilles dans mes capacités de Métamorphe, il m’est plus aisé de transporter le lapinou sans qu’il ne s’effraye. Attendant une réponse avant de me diriger vers le marchand. C’est un peu vil comme attitude, il faut croire que mon époux a vraiment dépeint sur moi après toutes ses années.

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MessageJeu 10 Sep - 12:16






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En voyant cette petite peluche sur pattes, je ne pouvais m’empêcher de trouver quelques ressemblances avec lui : tous les deux, nous étions faibles, il fallait que l’on nous protège contre les menaces invisibles du monde extérieur. Son allure si fragile était un reflet de la mienne, se corrélant également avec son aspect doux et tranquille. C’est peut-être bien pour cela que mon cœur chavirait si fort à l’idée de l’emmener avec nous : parce que je me voyais en lui, et en le gardant si près de moi, c’était comme si je me laissais la chance de m’occuper de moi-même. C’était une idée étrange, mais qui germait silencieusement dans mon esprit, tandis que maman s’approchait pour détailler le lapereau, le prenant entre ses mains délicates. Il cessa ses tremblements, posant ses petits yeux devenus calmes sur elle et un sourire éclaira mon visage à cette vue. J’étais certaine qu’elle l’aimerait aussi – et que de ce fait, j’avais gagné. Du moins…c’est ce que je croyais.

-Un lapereau ? J’imagine assez mal ton grand-père gazouiller sur un petit animal après le travail même s’il est vrai que ça lui fera un peu de compagnie. Et c’est vrai qu’ils sont mignons mais dis-moi. Sincèrement. Tu l’as choisi pour papy ou pour toi ma grande ?

-Heum…

Je me sens prise au dépourvu. Si je lui dis la vérité, est-ce que cette pauvre petite boule de poils va rester sans maître jusqu’à la fin de sa vie ? Cette vision m’altère les idées, rien qu’à l’imaginer serré parmi ces frères, en quête d’un chez-soi qu’il mériterait. C’est peut-être beaucoup psychoter pour un simple animal, mais je pense sincèrement que le respect de tous doit commencer par les petites choses. J’ai déjà entendu parler d’hommes ou de femmes qui maltraitaient leurs animaux, et cela en disait long sur leur propre comportement. Je ne pouvais accepter cela – et je n’avais vraiment pas envie que ce lapereau tombe sur de mauvaises personnes.

C’est donc de mes joues rosies par la honte de devoir dissimuler quelque peu mes véritables intentions – sans pour autant mentir véritablement – que j’entrouvre les lèvres, déversant des mots à une vitesse folle pour ne pas avoir à les ancrer trop profondément en moi :

-Disons un peu des deux… ? Oh maman, il faut le lui prendre ! Et puis, s’il ne l’aime pas, je suis prête à m’en occuper toute seule…

Je caresse du bout des doigts la tête du petit mammifère, comme pour lui prouver de ce simple geste mes dires. Je ne sais pas si je suis très convaincante, mais un sourire irrésistible fend mon visage, de sorte de l’achever peu à peu. Toute manière, elle me connaît très bien : elle sait que ma promesse n’a pas été signée dans le vent. Je pourrais dignement soigner cette petite chose, et ce serait une première responsabilité dans cette vie, même si bien faible par rapport à ce que j’accomplirai à l’avenir. Mais qu’importe ? Si déjà papa et maman arrivent à me faire confiance avec cela, peut-être que ça m’ouvrira d’autres voies, peut-être qu’ils comprendront que je peux être mature quand je le dois. Peut-être qu’alors, la possibilité de partir viendra à bout portant, à force de petits gestes simples qui finiront par leur faire accepter que je prenne mon envol.

-Attends-moi là, d’accord ? Je reviens tout de suite.

Je colle un baiser sur la joue de maman, et la laisse à ses pensées quelque peu. Il faut qu’elle prenne elle-même la bonne décision, car après tout, elle connaît bien mieux papy que moi. Mais si jamais elle souhaite que ce petit animal soit à moi, ce dont je brûle d’envie, il lui faut laisser un peu de distance pour ne pas qu’elle se sente contrainte à l’acheter. Je ne voudrais pas qu’elle me voit comme une enfant gâtée, qui tape du pied pour voir ses désirs accomplis – même si je sais qu’elle me connaît assez pour cela.

Ainsi donc, je m’éloigne doucement de ma chère maman, à la recherche d’un autre cadeau qui pourrait plaire à son père. Si jamais il grimace en voyant le lapereau, ou que maman décide de le prendre pour moi, il nous faut avoir un plan de secours. Et puis, autrement, cela ne fera qu’un deuxième présent qu’il sera ravi d’avoir, je n’en doute pas. Je sais qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps, en s’étant peut-être un peu trop baladée dans les ruelles au lieu d’atteindre notre but véritable alors il faut que je me dépêche.

Je m’arrête devant une vieille femme qui commence déjà à rassembler ses affaires, comme si elle s’apprêtait à partir. Des gâteaux énormes et des pâtisseries en tout genre sont campés devant un étalage gigantesque, et en voyant leur aspect, je suis presque étonnée de voir qu’elle n’en ait vendu que si peu. A moins que ce ne soit une deuxième fournée, car je doutais fortement qu’il y ait si peu de gourmands sur cette terre. Il n’y avait qu’à regarder les bedaines de certains dans la rue pour en être assuré.

-Bonjour ! Ce serait pour vous prendre un de ces gâteaux.

Mes pupilles s’étaient dirigées vers une montagne de pâte – il n’y avait pas d’autres mots – garnies d’une multitude de fruits à l’aspect coloré. Rien qu’à l’idée de mordre dedans, je salivais, et j’étais certaine que mon choix plairait à maman. Qui pouvait résister à un tel délice ? Mon petit – énorme ? – cadeau sauverait la mise, quoiqu’il se passe.

La vieille me gratifia d’un sourire et m’indiqua le prix, que je m’empressais de payer avec mon propre argent. Puis, s’en attendre, je vins retrouvée maman, qui siégeait toujours devant le marchand. Avait-elle craqué ? Il me tardait de le savoir, et je ne pus empêcher mes doigts de trembler sur mon second présent face à l’excitation. Mais avant, je ne pus m’empêcher de brandir fièrement mon paquet, emballé de sorte qu’elle n’aurait de toute façon pu rien voir, mais l’odeur seule suffisait à indiquer son contenu. J’étais dissimulée derrière, ce qui me permettait de fuir son regard que je serais incapable de soutenir à l’instant. Même si c’était ma mère, j’avais parfois du mal à faire face à mes décisions, aussi minimes soient-elles. J’avais tellement peur de décevoir ce monde qui m’entourait, et qu’ils finissent par me rejeter. Au fond, il était vrai que je ne vivais que pour une chose : voir une étincelle s’allumer dans le regard de ceux que j’aimais, que ce soit de fierté, de joie ou de n’importe quoi, tant que cela justifiait mes agissements. Je me mettais certes de la pression en évoluant ainsi dans le monde, mais c’était plus fort que moi. Je voulais plaire à maman, à n’importe qui, tant que tout ceci avait encore un sens.

-On peut y aller ! J’ai trouvé une merveille, qui lui plaira de toute façon ! Si…heum…Si tu n’as pas pris le lapin.

Ma voix tremblait légèrement, affichant mon incertitude à cœur ouvert. Savait-elle que je mettais bien plus d’espoir dans ce tout petit animal que l’on ne pouvait se figurer ? Je mettais en jeu sa confiance, d’une manière qu’elle ne soupçonnait pas. Et j’espérais profondément que je serais digne de sa décision, quelle qu’elle soit.






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Lælia N. Solomos-Spade
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MessageMar 6 Oct - 1:38

Il est si facile de deviner comment fonctionne cet enfant, enfin c’est un peu logique quand on est la mère si c’était le cas contraire je crois que je m’inquiéterais un peu de mes capacités. Sans oublier que les enfants, en général, adore ce qui est tout doux, tout pelucheux et donc les petits animaux - ou même les plus gros. Après tout, ça fait un ami, un compagnon avec qui on peut tout partager, qui nous écoute pleurer sans nous juger et qui n’ira pas tout cafter aux parents ou aux copains. C’était l’évidence même, après tout, moi-même j’avais longtemps préféré la compagnie de ces êtres avec lesquels j’avais bien plus de facilités qu’avec mes semblables et ce n’est pas comme si on me disait souvent que le caractère de ma fille était proche du mien, n’est-ce-pas.
    « Disons un peu des deux… ? Oh maman, il faut le lui prendre ! Et puis, s’il ne l’aime pas, je suis prête à m’en occuper toute seule… »
Je ne pus m’empêcher de rire doucement devant une telle affirmation. C’était dit avec tant de conviction, de détournement et d’arguments... enfin pas d’arguments en fait, une réponse dont seuls les enfants avaient le secret. Comme si on l’avait oublié à l’âge adulte. Mais tellement gros pour que ça marche pour de vrai, à moins qu’on décide de faire plaisir et qu’on joue le jeu.
    « C’est une question de vie ou de mort, je suis tout à fait d’accord avec toi ma chérie. C’est bien pour cela que tu as un chocobo à la maison et qu’il demande lui aussi beaucoup d’attention, même si c’est un gabarit un peu plus gros. »
Oui, j’avoue, c’est une petite blague que je lui fais tout en lui rappelant certains faits. Non pas que je doute de ses capacités, bien au contraire. J’aurais été bien plus dur si elle avait eu quelques années de moins, à ces âges où un enfant est incapable de se rendre compte qu’une animal c’était aussi un petit cœur qui bat et des sentiments. S’il y avait bien une chose que j’avais en horreur c’était ces parents incapables de réfléchir pour préférer faire plaisir à leur marmaille capricieuse sans penser aux conséquences. Le problème était tout autre mais je n’eus même pas le temps de finir mon argumentation que cette chipie c’était déjà envolée ailleurs, heureusement que je pouvais encore la garder à l’œil pendant qu’elle s’évertuait à faire quelques petites emplettes.
 
Elle ne prit pas trop de temps à revenir mais je dois dire que je n’étais pas très contente de ces « fuites » répétées, sans même que je puisse avoir le temps de réagir. Certes, j’étais bien capable de la rattraper si je le voulais mais ce n’était pas ça qui m’inquiétait.
    « On peut y aller ! J’ai trouvé une merveille, qui lui plaira de toute façon ! Si… heum… Si tu n’as pas pris le lapin. »
Je n’aime pas faire ce que je m’apprête à lui dire, hélas ça commence à s’avérer être une nécessité. La nouveauté, l’air marin, j’ai l’impression de me retrouver avec un enfant qui n’est même pas entré dans l’adolescence et je tiens à réfréner ses ardeurs avant qu’il ne se passe quelque chose que je puisse regretter amèrement.
    « Eléa, ma chérie... il faut que tu arrêtes de t’enfuir comme cela juste après avoir dit que tu reviens. Je sais que tu es grande que tu n’aimes pas être traité comme une enfant et loin de moi cette idée, mais tu ne peux pas non plus faire la casse-cou. Tu ne connais pas cet endroit, tu ne sais pas comment sont les rues, surtout qu’elles sont pavées. Il faut que tu sois plus prudente ! S’il t’arrivais quelque chose, je regretterais d’avoir convaincu ton père, qui lui ne risque plus de faire le moindre effort pour retenter l’expérience. Pour avancer, il faut accepter les défauts et les faiblesses que nous ont donné les dieux. Être téméraire n’apporte rien de bon... alors s’il-te-plait fait attention. »
Bien qu’en réalité, la peur se situe ailleurs. Je ne peux ignorer que c’est ici que son père est devenu une créature suceuse de sang et encore moins oublier les moments douloureux que nous avons eu à traverser tous les deux. Je ne peux ignorer que la Bête qui rode après nous peut nous avoir suivi jusqu’ici et s’abattre sur notre famille encore une fois. Sauf qu’il m’est impossible de dire la totale vérité à cette enfant qui est encore préserver de cette terrible épée de Damoclès qui plane encore quelque part. Alors je dois jouer la carte de la mère inquiète un peu plus fort que d’habitude, même si je ne veux pas donner l’impression d’une réprimande. Je n’ai juste pas le choix.
    « Nous pouvons prendre ce petit animal MAIS il faudra acheter toutes les choses dont il a besoin et on le laissera chez grand-père. Je sais que tu en as envie mais un lapin, surtout aussi jeune, ne survivra jamais au voyage de retour, rien que le bateau risque de lui causer beaucoup de mal. Ils sont très fragiles tu sais mais on dira que ça te fera une excuse pour revenir ici. D’accord ? » Je lui souris doucement avant de lui coller une petite pichenette sur le front. « Par contre, ton père déteint de la mauvaise manière sur toi, tu deviens diabolique pour obtenir ce que tu veux ma fille. Mais c’est bien trouver les pâtisseries aussi, on ne peut pas dire que papy n’est pas gâté. Allez finissons les achats et allons-y pour de bon. »
Choses dites, choses faites. Il ne nous restait plus qu’à nous diriger vers la maison où j’avais grandi. J’en connais un qui va bientôt devenir tout gâteux comme c’est pas permis - dire qu’Adrian a toujours critiquer la surprotection de mon père, la belle blague.

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MessageVen 30 Oct - 20:56






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Me serais-je légèrement emportée ? À voir l’air sévère de maman, il semblerait que oui. Je baisse la tête tandis que les réprimandes battent leur plein, incapable de soutenir son regard en un tel moment. Je m’en veux presque de m’être échappée de sa bonne garde, mais qu’y pouvais-je ? L’idée d’un voyage m’avait automatiquement plu ; je ne pouvais à présent plus me sentir tandis que je parcourais la terre ferme. C’était si peu, mais déjà tant pour moi. Et j’étais sur le point de gâcher notre magnifique sortie entre filles par mégarde – ou plutôt par une simple envie de dévorer les richesses du monde. J’étais consciente de ma fragilité, et même si j’en voulais parfois à la terre pour ça, j’avais fini par l’accepter. Tant et si bien qu’il m’arrivait tout bonnement de l’oublier, en voyant tous ces jeunes de mon âge qui tombaient en se relevant, sans aucune larme à l’œil. Pourtant, je savais que pour moi, une chute aussi bénigne pouvait m’être fatale. Un long soupir désespéré s’échappa de mes lèvres, alors que la pointe de ma chaussure frottait le sol nerveusement.

-Pardon, maman…Je ferais plus attention, promis.

Je détournai la tête, gênée d’avoir fait baisser ainsi la bonne humeur générale. Mais les mamans doivent avoir des antennes pour ce genre de choses car la mienne, après avoir observé un silence insistant, reprit la parole pour m’annoncer sa décision :

-Nous pouvons prendre ce petit animal MAIS il faudra acheter toutes les choses dont il a besoin et on le laissera chez grand-père.

Ce petit lapin…était à moi ! Je n’arrivais pas à y croire ! Enfin, à papy, bien sûr…Les conditions m’étaient égales ; je n’en avais rien à faire s’il devait rester ici quoiqu’il advienne, tant que je puisse donner une chance à cet animal d’avoir une vraie famille. Ma tête s’était relevée vivement, mes yeux brillants de gratitude, et je lui pris les mains pour les serrer doucement. C’était pour ce genre de choses que je l’aimais. Même si je me faisais engueulée, elle avait toujours le mot pour me soulager, cette chose insignifiante qui me rendait moins coupable. Que serais-je sans elle ? Elle et papa devaient supporter mes sautes d’humeur, mes prises de tête parfois dues à ma condition de malade constante. Mais ils m’aiment, tous les deux, et me le prouvaient à chaque instant ; je pense même qu’à travers leurs protestations, ils exprimaient leur inquiétude, leur amour. Savaient-ils que je leur en étais réellement reconnaissante ? Jamais je ne pourrais leur dire que je les aimais moi aussi. Il n’y avait pas de mots assez grands pour ça.

-D’accord maman, ça me va. Ca vaut mieux qu’il reste ici s’il ne peut pas supporter le voyage….Merci d’avoir dit oui ! je lui collai un gros baiser sur la joue avant de reprendre, la mine espiègle. Je m’engage à faire la vaisselle pendant une semaine !

Maman m’invita alors à terminer les achats, après avoir mentionné mon ascendance diabolique avec papa. Un rire égaya ma gorge à cette annonce, car il était vrai que je pouvais user sans m’en rendre compte de méthodes pas toujours acceptables pour convaincre les gens. Regard de chocobo abandonné sous la pluie et moue faussement blessée compris. Après tout, il fallait bien arriver à ses fins, peu importe les moyens, non ? Papa y arrivait avec des bisous (je refuse de penser à autre chose que cela), alors il n’y avait pas de raison pour que je ne l’imite pas d’une manière ou d’une autre…

J’empoignai à nouveau le bras de ma mère, offrant un visage souriant aux quelques personnes encore présentes dans le marché. Nous nous dirigeâmes enfin vers la bâtisse de papy, mon cœur battant déjà à l’idée de la surprise qu’il aurait en ouvrant. Je serrai mon gâteau entre mes mains, forçant le pas en entraînant maman derrière moi. Je n’étais ici que pour deux jours, alors je comptais bien profiter de mon cher grand-père un maximum. Alors, sans attendre une minute de plus, je frappais à la porte, en prenant soin de détailler chaque brique de la maison, essayant d’y lire son histoire. Combien d’années maman avait-elle vécu ici ? Cela devait lui faire bizarre de rentrer, de revoir son chez-soi tant chéri auparavant. Je me demandais quels secrets cachaient ses murs ; si papa avait sauté de sa fenêtre pour atterrir dans sa chambre et lui déclarer son amour, si papy avait engueulé maman autrefois comme elle le faisait avec moi. Il y avait tant à découvrir, me semblait-il, et deux jours n’étaient décidément pas assez. Mais je n’avais aucune raison pour protester.

La porte s’ouvrit sur un homme aux traits encore assez jeunes pour son âge – bien que je ne sache pas exactement depuis combien de temps était-il parmi nous. Ma gorge se déploya en un magnifique cri de joie, tandis que je lui sautais au cou, une main équilibrant avec grand mal le gâteau que j’avais glissé sur le plat de ma paume. Un baiser bruyant accueillit la joue de mon cher grand-père, avant que je ne le lâche enfin pour qu’il puisse respirer.

-Papyyyyy ! Ca fait trop longtemps ! Je suis hyper contente de te revoir…

Je lui fourguais ensuite le paquet contenant le gâteau dans les mains, lui expliquant fièrement qu’il avait été acheté avec mon propre argent de poche. Je voulais qu’il sache que j’avais mis tout mon cœur à l’ouvrage, même si ce n’était là qu’un achat. J’avançai alors légèrement dans la maison, le laissant discuter un peu avec maman, puis annonçai doucement, intimant celle-ci du regard d’être parée à offrir le second cadeau.

-Papy, j’ai aussi pensé que tu devais te sentir seul parfois….Alors, avec maman, on a voulu te faire une petite surprise pour que ce problème ne soit plus qu’un souvenir…

Mes deux mains étaient croisées dans mon dos, tandis que je me balançai d’un pied à l’autre, de plus en plus impatiente de voir sa tête quand il verrait le lapin. J’avais peur de sa réaction, même si je savais qu’il ne pourrait pas ne pas craquer devant la bouille pelucheuse de la bête. Et autrement, je n’aurais cas utiliser l’aura diabolique héritée de ce cher paternel pour le convaincre, comme le disait si bien maman….




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MessageSam 7 Nov - 23:25

Le reste des emplettes se déroula sans autre accroches, après tout Eléa est une fille raisonnable et je sais bien qu’elle n’avait jamais voulu causer du tord ou quoique ce soit d’autres dans ce genre. Comment ne pas la comprendre en même temps. Qui ne s’est jamais laissé emporter devant des choses nouvelles ? La découverte avait quelque chose de fascinant qui nous empêchait souvent de se souvenir des règles élémentaires de sécurité. Sauf que quand on est parent, on se retrouve avec un regard nouveau, avec plus de recul. Surtout quand on se trouve devant certaines particularités qui ne peuvent être négligées. Enfin, je ne crains plus que le message ne soit pas passé, je sais que je peux faire confiance à Eléa pour prendre elle aussi un certain contrepied et accepter ce fait sans ne retenir qu’une simple réprimande. Jusqu’à ce qu’une autre lubie lui passe par la tête, mais à son âge c’est tout de même rassurant qu’elle agisse de manière un peu inconsidérée plutôt à rester à se morfondre dans sa chambre.
 
Qu’est ce que ça sera quand les hormones
et les garçons viendront vraiment s’en mêler.
Je sens qu’on va bien rigoler, surtout avec son père.
 
Il ne reste plus beaucoup de rues à parcourir avant que nous arrivions enfin devant la maison de mon enfance. Ça me fait comme un pincement au cœur de revenir ici après tant d’années, cet endroit me manquait tellement à vrai dire. Oh, jamais je ne m’étais plainte de ma vie actuelle et cela ne me serait jamais venu à l’idée, sauf qu’il ne faut pas non plus nié l’évidence. Je suis heureuse d’être revenue ici, ne serait-ce que pour deux jours. Joie partagée par mon paternel qui ne s’en cache pas. Je constate d’ailleurs à son regard qu’il cherche la présence d’une troisième personne, avant de se montrer interrogateur à mon égard puis - ce qui ne m’étonne guère - se laisse aller à une certaine lueur victorieuse. Oui, mon père ricane devant l’absence de son beau-fils adoré et semble parfaitement heureux de pouvoir profiter de notre seule présence à toutes les deux. Je vous jure, de vrais gosses ces deux-là.
    « Papy, j’ai aussi pensé que tu devais te sentir seul parfois… Alors, avec maman, on a voulu te faire une petite surprise pour que ce problème ne soit plus qu’un souvenir… »
Le lapereau est présenté à son nouveau maître qui ne sait que répondre devant une telle offre aussi soudaine. Cela ne dure pas très longtemps avant que mon père se mette à rire joyeusement devant une aussi petite boule de poils, avant de la saisir entre ses mains qui sont aussi grandes que le petit animal. Un échange de regard avec moi et le voilà qui a très bien saisi la situation à son tour. Ce n’est pas comme s’il n’avait jamais eu de fille, n’est-ce pas ?
    « Pour moi ? Vraiment ? C’est marrant, j’aurais cru que tu aurais souhaiter repartir avec un nouveau compagnon. » Il rit à nouveau devant la moue boudeuse de la petite en la gratifiant d’un joyeux « je te taquine voyons. », accompagné d’un nouveau câlin.
Je n’ai aucun doute sur le fait que ce compagnon fera beaucoup de bien à mon père et qu’il a effectivement apprécié le geste, surtout venant des petites dépenses de sa petite fille. Mais avant d’entamer la dégustation des pâtisseries, il faut installer la boule de poils dans son nouvel environnement et heureusement nous avions pris le temps de prendre tout ce qu’il fallait dans la foulée. Sinon nous aurions été bien embêtés. La pauvre bête doit être bien apeurée de son changement d’environnement. La pièce centrale de vie possède assez de place pour lui aménager un petit terrain de jeu, sans qu’il n’aie à vivre enfermé stupidement dans une cage minable et sans rien de dangereux à se mettre sous la dent. Il faudra juste espérer qu’il comprenne rapidement l’usage et l’utilité d’une litière.
 
Le thé préparé et le goûté installé dans cette pièce, nous allons pouvoir discuter tranquillement tout en gardant un œil sur ce petit jeune qui se découvre une nouvelle vie. Tant d’anecdotes pourront être racontées lors de notre retour. Retour qui semble si loin et si proche à la fois. D’un côté, je ne suis pas spécialement  pressée de rentrer, mais je regrette qu’Adrian n’aie pas pu venir avec nous, et encore plus qu’il ne puisse pas non plus nous rejoindre plus tard. Je sens que le voyage inverse risque d’être un peu déprimant. J’espère pouvoir réitéré cette visite bientôt, avec toute la famille cette fois. Pour le moment, l’essentiel c’est de profiter de tous ces bons moments à partager.

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Eléa Solomos-Spade
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MessageLun 23 Nov - 21:25






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Pourquoi les doux moments sont-ils si courts ? A peine suis-je arrivée que j’ai l’impression que déjà demain arrive, avec comme promesse de passer plus vite encore. Je n’ai qu’une envie : rester auprès de mon papy plus longtemps et partager encore et toujours des instants auprès de ma maman. Les sourires planent sur les faciès, les yeux de tout le monde pétillent de ce moment volé à la monotonie des journées. Il ne manquerait que papa et mes frères pour compléter ce tableau déjà tant magnifique mais je sais que c’est beaucoup demander. Je dois me satisfaire de ce voyage, même s’il est bien trop petit à mon goût, même s’il ne contient pas tous ceux que j’aime. Je ne sais que trop bien ce que maman à sacrifier pour me changer un peu l’air, alors je ne serais qu’odieuse si je tapais du pied après ce merveilleux cadeau.

-Pour moi ? Vraiment ? C’est marrant, j’aurais cru que tu aurais souhaité repartir avec un nouveau compagnon.

Mes joues s’empourprent dès que j’entends ces mots, tandis que j’affiche tant bien que mal une mine boudeuse. Je serais presque vexée de voir que je suis si facilement cernée – à moins que les adultes aient un sixième sens caché en eux, ce qui, sommes toutes, expliquerait bien des choses. Cependant, papy égaye la pièce de son rire, ce qui délie légèrement les plis de mon visage crispé. Autant dire que le câlin qui suit cette taquinerie finit par me faire fondre complètement, et c’est par un petit baiser plaqué sur la joue que je signe notre traité imaginaire de paix. Je ne pourrais jamais lui en vouloir longtemps – et je pense bien qu’il en valait de même pour lui.

-Si tu continues à ne pas être sage, je vais le dire à papa, tu sais…

Même moi je suis au courant de cette petite querelle qui dure entre les deux hommes, bien que je sache évidemment que ce n’est qu’une sorte de jeu viril entre eux. C’est donc pour lui lancer une nouvelle pique remplie de mon amour de petite-fille que je murmure ses mots au creux de son oreille, et il ne perd pas de temps pour répliquer à cette petite attaque fourbe. Ses mains viennent chatouiller mes côtes sans aucune pitié, mes petits poings de fillette essayant tant bien que mal de lui échapper. Autant dire que je perds rapidement la bataille – et c’est peut-être pour éviter de m’entendre crier grâce que maman nous incite à prendre le thé, cessant aussitôt nos petits jeux de gamins.

Comment dire ? Cette atmosphère m’avait tellement manquée. Je sais que je me conduirais de manière irréprochable les jours suivants, en évitant tout débordement possible pour avoir la chance de revenir ici, un jour ou l’autre. Je sais aussi que les rires, et ces moments plus doux resteront gravés profondément dans mon cœur. C’est plus qu’un voyage que maman m’a offert, et j’en ai conscience. C’est une échappée, une promesse que ma vie, plus tard, serait faite de ce genre de moments – qu’il me faudrait attendre de rencontrer les bonnes personnes avant de pouvoir me rendre où je le souhaitais. Maman m’a donné un avant-goût de ce que serait ma liberté, en m’apprenant la prudence, et les joies qui peuvent tout de même en découler. Il n’y avait pas de mot pour lui dire combien je lui en étais reconnaissante. Combien je l’aimais. Mais je crois que le sourire qui trônait fièrement sur mon visage exprimait à lui seul ce que je ne pourrais jamais exprimer.




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See the world not as it is but as it should be Ω Eléa

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