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Parfois la raison du coeur est le pire des dangers [/Eléa]

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MessageVen 3 Avr - 21:48



Come on sweet flower...    





Forsena, petit village bordant de grandes forêts sur les flancs de montagnes imposantes qui, malgré ses environs parfois inquiétants abrite en son sein son lot de vie comme tout autre lieu d’habitation. On aurait pu croire à un endroit peu fréquentable et inquiétant, mais dès lors qu’on y pose un pied, on se rend bien vite compte que ce n’est tout simplement qu’un village comme les autres, peuplé de ces mêmes habitants qui n’ont de but que de profiter de ce que le destin leur a donné. Ici, toutes les races sont confondues, et aussi incroyable soit-il, il y règne une ambiance de paix.
J’aurais dû me douter qu’il viendrait se réfugier ici...

Il m’a fallu plusieurs heures de marche périlleuse pour atteindre cet endroit, caché dans ce paysage difficile d’accès. Un véritable havre de paix dissimulé, comme si cette forêt dense jouait le rôle d’une couverture protectrice, éloignant tout mal qui tenterait de s’y faufiler, se séquestrant loin de la société pourrie par ses lois et ses vices. Comment mes pas s’étaient-ils guidés par ici ? Pur hasard, je me dois de l’avouer. J’ai traqué mes proies un peu sur toutes les terres, un jour serait bien venu où je me déciderais à franchir cette barrière de pierre. Une tâche qui ne demandait pas tant d’effort pour moi, le buveur de sang, et de toute manière elle valait la peine de s’essouffler pour cela. Qui aurait cru qu’au bout de ce chemin j’allais trouver cette cible que je cherche à atteindre à nouveau depuis si longtemps ? Là, au milieu de ces maisons se trouvait la sienne, son chez-lui, il s’était installé et avait commencé à mener une vie des plus normales…et pourtant.


Aurais-tu oublié ton passé Adrian ? Aurais-tu oublié ce que tu es devenu ? Aurais-tu oublié que je te traque toujours…


Bien entendu, un territoire neutre, il ne pouvait que se décider pour un tel lieu afin de se « refaire une nouvelle vie ». Car tu n’es plus le même, n’est-ce pas Adrian ? Je t’ai transformé en cette race que tu haïssais à travers mon image. Je ne voulais pas ta mort, pas maintenant, il me fallait attendre encore un peu et dans ma vie quasi éternelle, j’ai une grande patience pour cela. Mais aujourd’hui il était temps de reprendre la partie de notre grand jeu. J’allais me décider à ravancer un pion.

Cela faisait maintenant quelques jours que j’étais ici. Je m’étais installé dans une grande discrétion dans ce village, me faisant passer inaperçu. J’étais le chat noir tapis dans l’ombre qui allait observer ses petites souris. J’examinais bien le mode de vie de la famille Solomos-Spade. Et très vite, un plan machiavélique se forma dans mon esprit. J’eus le bonheur de me rendre compte qu’une petite fleur fragile était protégée sous les ailes d’un paternel très attaché. Ce cher Adrian se révélait donc être un papa-poule ? Voilà qui était intéressant. J’avais une carte dans ma poche, un joker qui était loin d’être négligeable. J’avais son point faible.

Mais aussi belle était cette découverte qui m’apportait l’avantage, autant celui-ci était difficile à atteindre. Murée entre quatre murs, cette jeune pucelle ne sortait jamais de chez elle. Il allait être compliqué de mettre mon magnifique plan à exécution. Comment libérer celle-ci de ces chaines paternelles qui la retenaient pour qu’elle puisse tomber entre mes filets ? C’était sur cette question que je me penchais depuis tout ce temps, n’y trouvant toujours point de réponse. Un accroc de la sorte, je ne m’y attendais pas. Mais la solution vint d’elle-même dans un moment inattendu.

Aujourd’hui, dès le petit matin, une petite troupe de musiciens ambulants avait passé les portes du village, s’installant sur la place publique en préparation d’un spectacle. Je ne sais à quel point la jeune fille devait apprécier la musique, ni par quel stratagème elle réussit à convaincre son père de lâcher un peu de leste et de la laisser sortir le temps de la représentation, mais je la découvrais alors à l’extérieur de sa prison d’affection et de crainte trop profonde. C’était ma chance.

Et je n’attendis rien pour la saisir. Je savais m’accommoder aux évènements avec une vitesse folle, surtout quand ceux-ci m’arrangeaient particulièrement.  Il était l’heure pour moi de rentrer dans mon rôle. J’allais cueillir cette petite fleur, la prendre sans honte, l’arracher à son père de la manière la plus sophistiquée qu’il soit. Ainsi, lorsque l’après-midi vint et que les musiciens entamèrent leur douce mélodie, la jeune demoiselle se trouva là, parmi le rassemblement de villageois formant un cercle autour du centre de l’animation, et je m’approchais de sa silhouette, me cachant dans la foule. Ces musiciens étaient doués je devais l’avouer et cela semblait ravir plus que tout la jeune femme. J’attendais que l’euphorie déjà visible sur son visage d’ange la prenne toute entière, et lui fasse perdre un peu de bon sens, au point que discuter avec un étranger ne la dérange point. Mais aux vues de la joie qu’elle semblait éprouver, cela n’allait pas être trop difficile. Aussi, lorsqu’un des morceaux fut terminé, je m’approchais un peu plus, me tenant à ses côtés et regarda d’un air aussi penseur qu’admiratif les personnes situées au centre de la place.

«Quelle belle musique vous ne trouvez pas ? Elle m’en donne des frissons.»

Aussitôt, je tournais un visage angélique vers mon interlocutrice, un sourire étrangement doux se dessinant sur mes lèvres. Ce sourire que j’arborais si facilement. Mes yeux d’un gris violet brillaient d’une lueur mystérieuse et attirante. Le jeu avait commencé.

J’allais tenter de la séduire.





Eléa Solomos-Spade
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MessageDim 19 Avr - 23:37






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Le bonheur. Chose éphémère qui vous étreint, vous élève, vous noie dans un océan de chaleur. Certaines personnes n’ont pas cette chance d’être caressé par les ailes de ce géant, oubliant peu à peu ce que signifie le délice d’une vie heureuse. Même les choses simples les indiffèrent, tant ils n’ont plus l’habitude de ressentir cette douceur. Et puis d’autres ont  une fortune plus grande, si bien que l’on pourrait croire que ce bonheur est un ami intime, qui n’est pas prêt de les quitter. Je fais partie de ces gens-là. Il n’y a jamais eu une tâche de malheur, du moins une si grosse qu’elle pourrait ternir ma vision de l’existence. Et j’avais l’intime conviction que cela n’était pas prêt de terminer.

Ce jour-là, j’étais particulièrement submergée dans ma bulle. Un petit cocon qui m’entourait, me forçant à sourire aux anges, et même à omettre cette lourde et éreintante timidité qui me caractérisait temps. Ce jour-là, j’étais transportée par la musique, par les chants et les multiples odeurs que rapportaient de loin les troubadours. Mes parents avaient accepté de me laisser l’après-midi à Forsena, au sein même du village, alors que je serais seule. Mais le monde aidant, ils n’avaient pas trop eu de mal à me laisser vagabonder parmi cette foule, pour me laisser rêver un peu. Ils avaient peut-être l’air autoritaire à avoir tant de mal de ma laisser respirer un peu, mais ils étaient conciliants. Jamais ils ne m’auraient privé d’un instant aussi essentiel pour moi, car ils savaient que j’attendais toujours l’arrivée des ménestrels. Même s’ils ignoraient exactement pourquoi.

Mes mains scandaient le rythme da la danse, me laissant bercer par tous les artifices de ces hommes et femmes de voyage. Le voyage….C’était exactement ça. Cette chose qui me faisait tant rêver, me faisant planer dans leur imaginaire que seuls eux avaient vu. J’ignorai si tout ce qu’ils disaient étaient vrai ou non, mais je désirais tellement y croire. Le reste n’avait pas d’importance. Ils contaient à chaque fois leurs périples, ou ceux qu’ils avaient ouï dans le cours de leur vie. Ils le clamaient si bien qu’au fond, personne ne voulait savoir s’ils mentaient, parce que pendant l’espace d’un instant, ils nous avaient permis de nous envoler vers un autre monde, une autre vie que celle que nous devions endurer, pour la rendre peut-être plus supportable. C’était comme ça que je le voyais. Loin de moi l’idée que mon existence était pénible, mais j’avais toujours eu ce désir d’aller voir plus loin que Forsena, seule. De découvrir le monde, le vrai, sans devoir être surveillée constamment. Pouvoir être fière de moi, ne serait-ce qu’une fois. J’avais envie d’être troubadour, de faire comme eux, mais cela restait qu’un désir passager, qui s’envolerait au fil du temps. Une pensée fugace, sans importance. Parce que je savais que papa et maman ne me laisseraient pas partir – papa surtout. Alors, à défaut de pouvoir ressentir vraiment, j’avais pris l’habitude de lire. C’était moins grandiose, cependant, c’était la seule chose qu’il me restait.

La musique était intense. Je fermai un instant les yeux, souriant de plus belle, me raccrochant à ses notes échancrées qui étaient si majestueuses. J’avais eu l’audace d’échanger avec quelques personnes, ce qui me rendait particulièrement contente de moi. Je me sentais une toute autre Eléa aujourd’hui, et je comptais bel et bien en profiter.

-Quelle belle musique vous ne trouvez pas ? Elle m’en donne des frissons.

Mes paupières s’ouvrirent brusquement, convaincue que cette phrase m’était adressée. J’aperçus un jeune homme qui m’observait, un sourire de tombeur peint sur le visage. J’en restais bouche-bée, me mettant à rougir férocement. J’avais beau me sentir toute autre, face à un garçon comme…lui, il était difficile de rester de glace. Il arborait des cheveux grisâtres, légèrement en bataille, qui contrastait avec l’allure jeune de ses traits. Il devait avoir dans la vingtaine, tout au plus. Un côté séduisant émanait de lui, qui m’enveloppa aussitôt. Je ne pouvais simplement pas résister. Surtout qu’il me parlait à moi, moi ! Une fille des plus ordinaires, qui d’habitude, n’avait pas la chance d’obtenir un si grand intérêt. Alors vous comprenez, j’étais comme qui dirait flattée. Emue. Et cela était grandement plaisant…Quitte à ôter toute vigilance et à m’empêtrer dans une naïveté profonde, j’étais prête à me laisser aborder par cet homme.

-Elle…La musique. Oui. Moi aussi. Des frissons.

Mais on ne perdait pas les bonnes vieilles habitudes…Je perdais contenance, en pensant dans le plus profond de mon cœur que s’il y a bien quelque-chose qui me faisait frissonner, c’était bien lui. J’étais ridicule, complètement. Me laisser avoir aussi facilement rien que pour des beaux yeux, c’était la pire bêtise que j’ai jamais faite – je ne croyais pas si bien dire…Et ô combien superficiel.

-Heu…Est-ce que ça vous dirait de…de danser ? Je sais…Ce n’est pas convenant pour une fille peut-être de demander…Seulement, vous parlez de la musique et…mais je comprendrais…

Pouvait-on faire pire ? Je baissai le regard, m’empêtrant moi-même dans mes mots. Cet homme finirait par déguerpir en voyant le manque d’assurance qui me caractérisait. Enfin, peut-être que si Ziegheart n’avait pas fui, il y aurait une chance, même minime, pour que lui non plus. Et puis, j’étais un peu plus confiante désormais, alors ce ne serait histoire que de quelques instants.

-Eléa Solomos-Spade. Enchantée, fis-je, relevant quelque peu les yeux.

Ces troubadours avaient la particularité de me délier la langue plus rapidement que coutume. Et de me permettre de rêver. Alors si je voulais croire en un fugace bonheur partagé avec cet homme, le temps d’une après-midi, d’une soirée peut-être, je le ferais. Parce que peut-être que ces mêmes ailes qui me chatouillaient depuis toujours avaient envie de faire une plus grande œuvre aujourd’hui.



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Dernière édition par Eléa Solomos-Spade le Sam 8 Aoû - 13:31, édité 1 fois
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MessageMar 21 Avr - 10:43



Come on sweet flower...    





Lorsque je l’avais observée de loin, je n’avais pu que remarquer à quel point cette jeune fille appréciait la musique qu’interprétaient les ménestrels, allant jusqu’à accompagner le rythme en tapant dans ses mains fragiles. À la regarder on aurait dit qu’elle était dans un autre monde, comme si ses yeux voyaient un autre paysage sans doute plein de couleurs. J’avais donc affaire à une grande rêveuse…il me serait sans doute d’autant plus facile d’arriver à mes fins. Et quoi de mieux pour l’approcher que d’aborder ce sujet qu’elle semblait tant porter dans son cœur, hm ?
Le résultat fut immédiat. À peine avait-elle tourné son regard vers moi que la surprise et la confusion virent prendre possession des traits délicats de son visage. Ces joues qui s’empourpraient délicieusement me prouvaient que mon regard charmeur faisait son effet.
Quelle ironie que la vie m’ait donné un visage d’ange alors que se cachait au fond de moi sans doute le pire des démons.

Et bien Adrian…regarde donc ta fille qui tombe sous le charme de ton ennemi juré…

Si je continuais sur cette voie, cela promettrait une réunion de famille très intéressant~ Mais pour que les choses soient encore mieux, il me fallait vraiment de sa part un amour puissant. Cela ne me paraissait pas impossible. Une fille qui a été tant couvé n’a jamais connu le monde extérieur et n’a sans doute jamais eu la moindre aventure. Son cœur était encore pur. Il me tardais de le salir…

-Elle…La musique. Oui. Moi aussi. Des frissons.

Oh oui…je la ferais bien frissonner d’une autre manière. Mais me permettrais-je de jouer un peu avec ma proie  avant de revenir sur le père ? Cette idée me semblait intéressante. Nous verrons bien si les situations futures seront de circonstance, mais tant qu’à cueillir cette fleur fragile, autant la cueillir en bonne et due forme…

-Heu…Est-ce que ça vous dirait de…de danser ? Je sais…Ce n’est pas convenant pour une fille peut-être de demander…Seulement, vous parlez de la musique et…mais je comprendrais…


Je levais un sourcil, agréablement surpris de tant confiance. Elle me faisait l’honneur de faire elle-même les premiers pas. Elle venait elle-même se jeter dans la gueule du loup. On pouvait dire dans ce cas qu’elle était déjà prisonnière de mes filets. Il était tout de même étonnant de la voir formuler une telle demande tout en la disant de manière si peu assurée. Je supposais que sa timidité devait faire son charme.

-Eléa Solomos-Spade. Enchantée


Voyons, voyons, Adrian…comment as-tu éduqué ta fille ? Qu’elle se présente au premier inconnu ? Mais si cet inconnu n’était autre que moi…~


« Enchanté Eléa, puis-je vous appeler ainsi ? William Éléide pour vous servir. »

Je me permis de faire une révérence tout en venant attraper sa main pour un déposer un délicat baiser. Je ne pouvais me permettre de lui donner mon véritable nom. Je ne pensais pas son père assez idiot malgré tout pour ne lui avoir jamais parlé de moi ou même n’avoir jamais cité « le vampire prénommé Lukas ». Peu importait à quel point elle en savait sur moi, je ne prendrais aucun risque. Rien ni personne ne se mettra en travers de ma route.

Gardant sa main dans la mienne je relevais mon regard d’un violet clair vers la jeune demoiselle, soufflant tout contre sa peau.


« Il ne m’a jamais été donné d’embrasser une main si douce… »

Mes lèvres frôlaient sa peau de porcelaine alors que je me relevais, lui offrant un sourire angélique.



« Je ne puis refuser une demande formulée par une si jolie demoiselle, et cette audace de votre part ne fait que ravir mon cœur. »

Mes doigts virent glisser sur le bas de son adorable visage dans une tendre caresse avant que je ne saisisse sa main pour l’amener au centre de la place. La retournant vers moi, je vins appuyer ma paume contre le creux de ses reins et ramenais son bassin contre moi, mes doigts s’entremêlant aux siens de l’autre main. Je la dévisageais, mes iris luisant d’un air enjôleur alors que je venais glisser suavement au creux de son oreille un murmure.


« Suivez mes pas et oubliez tout le reste… »

Enfin je lui offris un nouveau sourire avant de la mener dans une danse rythmée par cette musique joyeuse et entrainante. De temps à autre je la faisais tournoyer pour la ramener plus près encore de moi, ne la lâchant pas des yeux un seul instant, rendant mon regard aussi langoureux que possible. Pour jouer la comédie, j’étais un maître dans cet art. C’était une des choses pour lesquelles ont pouvait me craindre…

Le rythme de mes pas s’enchainait et ne s’arrêtait plus. Je voulais que cette danse folle lui fasse perdre la tête, qu’elle s’abandonne dans mes bras et oublie le reste, qu’elle plonge dans le plaisir de son euphorie sans songer aux conséquences, que ses yeux ne voient plus que moi et son cœur ne connaisse plus que mon nom.

Alors petite fleur, comment trouvez-vous cette danse avec le diable ?~






Eléa Solomos-Spade
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MessageMar 19 Mai - 20:15






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Mes yeux dévoraient du regard cet inconnu. Il m’intriguait, d’une manière que je n’aurais su préciser. Il y avait comme un mystère flottant autour de lui, l’englobant de tout son être de sorte qu’il en était inaccessible. Un mystère que je voulais découvrir, mais qui, d’un autre côté, m’insufflait une peur sourde, incontrôlable. Une petite voix en moi me soufflait que je devais le laisser à lui-même, l’oubliant de ce fait à tout jamais. Mais je n’y arrivais pas. Il m’hypnotisait, ses lèvres parcourant ma main pour y déposer un chaste baiser me firent frissonner comme une gamine en manque d’amour….- ce que j’étais probablement, mais ça, je ne l’avouerai pas. Et puis…comment lui résister ? Il avait beau être peut-être le plus cruel des hommes, il n’en restait pas moins…terriblement attirant.

Ainsi se nommait-il William Eléide. Je n’avais jamais entendu parler de lui ; cependant, cela ne me dérangeai pas le moins du monde. Mieux encore, je désirai ardemment en connaître davantage sur cet homme qui osait s’avancer vers moi. Mais garderait-il ce pas assuré vers moi longtemps ? C’était chaque fois pareil, ils venaient vers moi, et lorsqu’ils comprenaient que ma timidité était maladive, ils se trouvaient une excuse. Ce n’était pas contre moi. Mais ils n’avaient pas la patience, encore moins l’envie. Pourtant…Pourtant ce soir, je pensais, je croyais même, que j’avais une petite chance, infime. Tout simplement parce que ses yeux levés vers moi me contraignaient à le fixer davantage, là où pourtant j’aurais eu l’habitude de les baisser. Je savais qu’au fond, j’avais moi-même travaillé sur ma personne, avec l’aide de Ziegheart, et que cela comptait aussi. Je savais aussi qu’il y avait plus. Il fallait que je rencontre cet homme. Le Destin l’avait décidé. Pourquoi, je l’ignore. Il me tardait…de le découvrir.

-Il ne m’a jamais été donné d’embrasser une main si douce…

Mes joues s’empourprèrent à ces paroles, et davantage encore lorsqu’une bouche baladeuse se glissa contre ma peau. J’étais véritablement pétrifiée, peu habituée à ce genre d’attentions. Même si j’étais plus loquace, plus audacieuse ce soir, je restais Eléa. Je ne pouvais simplement répliquer à ce genre d’avance, seuls mes membres glacés et paralysés lui répondaient. Ce qui, pourtant, ne le découragea pas le moins du monde :

-Je ne puis refuser une demande formulée par une si jolie demoiselle, et cette audace de votre part ne fait que ravir mon cœur.

-Je…m…erci…

La tinte incarnat de mes joues explosait tous baromètres possibles. Surtout qu’il n’arrangea rien : ce William caressa tendrement ma peau avant de m’emmener sur le centre de la place, faisant en sorte que nos deux corps soient si serrés l’un contre l’autre que l’on aurait pu les confondre. Nos doigts s’entremêlèrent comme nos souffles, et je pense que si mon cœur avait pu fuir devant l’intensité des émotions qui me traversaient, il l’aurait fait. J’étais subjuguée, enivrée, étourdie. Ce comportement gracieux et pourtant terriblement louche, voir malsain, aurait dû me mettre en garde, mais je n’avais d’yeux que pour son être si séduisant. J’étais tout simplement prise dans ses filets. Je n’osais pas imaginer la tête de papa si je ramenai ce garçon à la maison (…AHAH !), lui qui avait tant de mal à me voir avec un simple ami. Enfin…il était inutile de s’aventurer plus loin dans les méandres de mes pensées honteuses. Je ne le connaissais pas encore, et il était peut-être un simple tombeur parmi d’autres. Il se désintéresserait de moi lorsqu’il verrait qu’il ne peut avoir ce qu’il souhaite de moi.

-Suivez mes pas et oubliez tout le reste…

C’est ce que je ne devais pas faire. Pour la raison qui m’animait depuis toujours. Pour mes parents à qui je devais tant. C’est ce que je fis pourtant. Mes méfiances s’évaporèrent au fil de la danse. Son charme m’enveloppait, ses doigts glissant sur ma peau ne me laissaient aucun répit, pareillement à ses paroles qui me plongeaient dans un rêve éveillé. Je n’étais plus moi-même avec cet homme, je découvrais une autre personne que je commençais réellement à aimer. Mes membres raides se détendirent, et je devins plus souple sous la cadence de William, me laissant emporter dans ses pas, me laissant emporter vers un ailleurs infini. C’était un moment si agréable que nous n’écoutions même plus la musique qui pourtant nous traversait. C’était comme si nous voulions étirer les secondes à l’infini, tant et si bien que ce ne fut pas pour un seul air que nous nous retrouvions ainsi unis, mais pour plusieurs, sans que jamais nous nous fatiguions. Cette magie qui me faisait sourire le prenait lui aussi, et je crus vraiment qu’il commençait à ressentir les mêmes sentiments que moi. Stupide ? Peut-être. Peut-être même réellement. Mais cette attirance était presque légitime, comme si nous avions dû depuis toujours nous retrouver. Et puis, il n’y avait rien derrière cette petite inclination pour lui. Pas encore, du moins. C’était trop tôt…N’est-ce pas ?

-William…A…Arrêtons-nous un instant.

Je me détachai soudainement de lui, me dirigeant vers les quelques taverniers qui, pour l’occasion, avaient sorti leur attirail dehors. La fatigue commençait réellement à me prendre, mais plus que cela, j’avais l’impression d’avoir fauté. Je me trouvais complètement ridicule, à papillonner face à un homme que je connais à peine ; mais plus que tout, la fureur de papa s’il l’apprenait me dissuadait à continuer dans ce jeu puéril. C’était un affront que je ne pouvais encore affronter.

-Je suis navrée, j’ai besoin d’un petit moment de pause. Vous devriez…aller vous trouver une autre cavalière. Il y en a d’autres, de plus…appropriées.

Je lui tendis tout de même un verre, ne voulant pas paraître impolie, et me cachant littéralement derrière le mien. Je pariai qu’il ne supporterait pas ce changement de comportement de ma part, ni ma descente soudaine de sûreté. Il ne comprendrait pas que ce que nous faisions était terriblement mal, et qu’il trouverait davantage d’amusement chez une autre fille de son âge, qui serait apte à s’offrir à lui dès les premiers instants. Je n’étais pas comme ça. Il avait été…j’avais été assez bête pour le croire.

-Vous ne trouverez rien que vous ne cherchiez avec moi, William. Tentez votre chance ailleurs.




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Dernière édition par Eléa Solomos-Spade le Sam 8 Aoû - 13:27, édité 1 fois
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MessageDim 26 Juil - 18:40



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Je l’avais entrainé dans cette danse tourbillonnante pour que son esprit se perde et devienne mien. Il était clair qu’au fil des musiques et des pas que nous enchainions, mon plan fonctionnait à merveille. Je sentais son petit corps se détendre sous l’air des ménestrels et se laisser d’autant mieux guider par ma propre personne. En tant que membre de la cour des vampires, j’excellais dans le domaine de la danse, et beaucoup d’autres d’ailleurs. Sur une piste comme celle-ci il était donc évident que j’allais briller et que cette jeune demoiselle ne trouverait pas meilleur cavalier. Le rythme était plus soutenu, la danse teintée d’une allure plus folle, mais c’était justement exactement ce qu’il me fallait. Plus la frénésie serait grande et plus ses pieds s’élèveront du sol pour ne jamais y retourner. Je répondais à ce sourire qui étirait ses douces lèvres, le faisant passer pour vrai autant que le sien l’était.

Mais alors que tout portait à croire que la jeune femme se plaisait ainsi transportée dans mes bras, un élément brisa toutes ces certitudes.

-William…A…Arrêtons-nous un instant.


Celle-ci se détacha soudainement de moi. La crainte l’aurait-elle finalement atteinte ? Ce n’était pas bon pour moi. Je ne pensais pas que cette sale gamine allait déjà me donner du fil à retordre. Mais j’étais encore loin de baisser les bras, voyons, pas aussi facilement, pas pour une raison aussi futile, ridicule. J’avais en moi cette hargne, cette rage de vaincre et d’avoir ce que je désirais. C’était ça qui était délicieux. Peu importait le temps ou les obstacles, je finissais toujours par gagner.

Peu importe le jeu, je reste le roi et l’échec et mat sera toujours pour moi.

Alors que celle-ci quittait donc la piste de danse de pas légèrement hâtés, je la suivais, la voyant tracer son chemin jusqu’aux taverniers. Intéressant. Sans me brusquer, je vins prendre place à côté d’elle, la questionnant d’un regard aussi étonné qu’inquiet sur son départ précipité, laissant croire que je portais en mon sein la crainte de savoir qu’elle rencontrait un quelconque problème.

-Je suis navrée, j’ai besoin d’un petit moment de pause. Vous devriez…aller vous trouver une autre cavalière. Il y en a d’autres, de plus…appropriées.


La jeune femme me tendis alors un verre que je pris en la remerciant, alors qu'elle semblait tenter de se cacher derrière le sien.
Oh voilà donc. La jeune fleur que voilà n’avait pas assez confiance en elle n’est-ce pas ? J’étais néanmoins rassuré de savoir que ce n’était pas parce qu’elle avait percé à jour mon identité qu’elle s’en était allé. Bien entendu il lui serait impossible de découvrir qui j’étais vraiment, mais il suffisait qu’elle décide de ne plus m’accorder sa confiance pour que mon plan ne fonctionne plus. Auquel cas, plutôt que de recourir aux manières douces je devrais venir aux manières fortes. Pour moi cela restait tout aussi amusant, bien que moins satisfaisant d’avoir tout de suite mon dû alors qu’il est si délicieux de le cueillir après l’avoir bien préparé.  Ce serait pour la jeune femme que ce serait nettement moins plaisant…quoique, ce que je m'apprêtais à lui faire était d'un certain sadisme.

-Vous ne trouverez rien que vous ne cherchiez avec moi, William. Tentez votre chance ailleurs.


Mon regard qui s’était renforcé un instant dans la tristesse restait posé sur elle alors qu’une de mes mains venait délicatement envelopper la sienne, ma voix se faisant la plus douce qu’il soit.

« Que savez-vous de ce que je cherche vraiment ? »

Mais oui ma chère, que sais-tu de ce que je cherche ? Personne au monde ne peut m’offrir ce que toi tu possèdes. Tu as quelque chose que je ne pouvais espérer. Celui de rendre ton père fou~


« Je n’ai nullement envie d’aller voir une autre jeune femme que vous. Je suis…profondément affligé que vous vous mépreniez à ce point sur mon compte. Vous m’imaginiez être une telle personne ? Moi qui voulais tellement faire votre connaissance. »

Il fallait jouer habilement, ne laisser montrer à aucun instant ce désir qui en réalité brulait mes entrailles. Celui d’un vampire face à la  proie qu’il convoite. Si elle savait ce qui se cachait réellement sous ce masque de Roméo…


« Je dois malheureusement avouer que vous avez raison, je me suis laissé emporter par votre beauté et les émotions que vous m’inspiriez…je n’ai pas agi comme je l’aurais dû…je m’en trouve navré…»


Je retirais alors ma main de sa peau d’une douceur infinie et me reculais légèrement, l’air grave et l’être tiraillé d’une profonde tristesse.

« Je comprendrais si vous désiriez que je me retire…»

Mais est-ce ce que tu veux vraiment, petite fleur ? Ces mots que j’ai prononcés à ton encontre, ne sont-ce pas là ceux que tu as toujours désiré entendre de la bouche d’un jeune homme séduisant tel que tu crois que je suis ? Ton cœur est plus simple que tu ne le crois. Il est candide, encore trop jeune dans cette vie que tu n’as qu’à moitié vécue jusque-là, couvé par tes parents, par ton cher père qui t’interdit tant de choses, pour ton bien, je le conçois, et il a entièrement raison vu la  menace qui rôde autour de vous. Mais aujourd’hui, regarde la situation dans laquelle tu es…

Toutes tes précautions n’auront servi à rien Adrian…

Allez petite fleur, retiens-moi. Je sais mieux que toi que c’est ce que tu désires réellement.






Eléa Solomos-Spade
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MessageSam 8 Aoû - 13:30






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Feat Lukas A. Vethala



L’innocence. L’innocence baignait les enfants de son eau blanche vaporeuse, l’immergeant dans un brouillard épais d’où il a tant de mal de ressortir. L’innocence les menait vers des contrées lointaines, au-delà de l’imaginaire, d’où ils ressortaient émerveillés, un air apaisé sur le visage, comme s’ils avaient connu là-bas quelque-chose de formidable. Comme s’ils détenaient eux une vérité sur le monde, inconnu des adultes qui finissaient par l’oublier. L’innocence était une chose délicate, si simple, qui ne possédait aucune règle ni aucune limite. Elle était douce, comme une caresse. Mais elle détenait un tranchant plus noir, terriblement dangereux. Un visage à deux faces, l’un perpétuellement caché par l’autre. Son côté si alléchant parfois n’était qu’un masque trompeur, qui ne tombait qu’une fois qu’ils étaient profondément empêtrés dedans. L’innocence. L’innocence faisait encore partie de moi, me chatouillant l’esprit sans cesse pour que je ne l’oublie pas. Et sans le savoir, je m’avançai une nouvelle fois vers ces contrées si séduisantes, ne m’attendant pas à découvrir un paysage profondément dévasté. C’est pourquoi je m’enfonçai stupidement dans ce piège tendu devant moi à la perfection. Me condamnant moi-même au prix d’un sourire volé sur le visage d’un homme à la beauté mortelle.

Mes yeux étaient baissés, n’osant se relever au risque de croiser à nouveau le regard de William. J’avais peur de sa réaction après mon ordre quelque peu déplacé, mais aussi étrange que cela puisse paraître…J’avais peur d’avoir raison. Des garçons, il y en a eu, mais ils n’étaient jamais restés plus d’une heure en ma présence – excepté les amis que j’arrivais à me faire. Pourquoi lui accorderais-je une confiance illégitime ? Et quand-même bien il niait les faits, n’était-ce pas un mensonge profondément dissimulé ? Après tout, il existait des hommes qui souhaitaient trouver cette perle qui se défile, trouvant amusant de parvenir à la faire craquer malgré les réticences dévoilées. Il avait peut-être compris que ma timidité était un tel fardeau que je ne pouvais me convaincre d’aimer si aisément. Alors il s’amuserait à faire tomber cette barrière que j’érigeai, par méfiance, par sûreté. Barrière qui se trouva ébranlée lorsque sa main trouva à nouveau la mienne, me faisant frissonner de surprise. Je ne m’étais pas attendue à ça. S’il était tel que je le croyais, il jouait son rôle à la perfection. Il aurait suffi de rien pour que je m’y perde complètement…Mais n’était-ce pas déjà le cas ?

-Que savez-vous de ce que je cherche vraiment ?

Deux petites billes noires vinrent le fixer à nouveau, découvrant un visage qui se voulait sincère, se mariant si bien à ses paroles déversées. Je dois dire qu’il m’était difficile de garder mon cœur impassible devant tant d’attentions. Et puis, une voix me soufflait au creux de mon oreille qu’il n’avait pas tort : qui étais-je pour le juger ? Peut-être était-il en quête d’un véritable amour, comme moi ? Il existait des hommes au visage gracieux qui pourtant ne jouait pas de leur apparence. Les pensées se mêlaient sous mon crâne, me perdant réellement. Je ne savais plus que croire, et devant mon trouble, je ne désirais qu’une seule chose : fuir. Partir, l’oublier, ne pas risquer de faire une quelconque bêtise. S’il était honnête, il saurait trouver une autre femme, bien mieux que moi. Mais il était inutile de faire quelque-chose que je regretterais. Ma main se raidit sous son étreinte, mes pieds étaient déjà prêts à le laisser seul avec lui-même. Cependant ses doigts me tenaient entrelacés, m’empêchant de partir, et sa présence était si imposante que je ne l’aurais pas pu. Et puis d’autres mots affluèrent, finissant de me perdre dans mes certitudes :

-Je n’ai nullement envie d’aller voir une autre jeune femme que vous. Je suis…profondément affligé que vous vous mépreniez à ce point sur mon compte. Vous m’imaginiez être une telle personne ? Moi qui voulais tellement faire votre connaissance.

Je me mordillai légèrement les lèvres, ne pouvant empêcher le rouge d’affluer sur mes joues à nouveau. Voilà que ma prudence excessive l’avait vexé…Les règles de politesse que j’avais tant apprises s’étaient échappées complètement durant ce temps si court où la crainte m’avait fait agir, et voilà où cela m’avait conduit. J’avais honte, honte de le traiter comme tel, mais comment pouvait-il en être autrement ? Il devait comprendre que je ne pouvais me jeter dans ses bras simplement parce qu’il le désirait, encore moins s’il était un habile trompeur. Mon silence témoignait que malgré la gêne, je n’en démordrais pas. Sauf qu’il reprit à nouveau ma parole, vantant ma beauté comme seul piège face à sa témérité. Comment m’en sortir face à ce flot d’émotions ? Mes yeux se baissèrent à nouveau, fuyant ce visage qui me paraissait tellement honnête, mais qui pourtant m’inspirant une crainte sourde que je ne pouvais nier. La délivrance de mes doigts fut plus facile quant à ma décision de fuite, mais elle fut aussitôt ébranlée par ses derniers mots, prononcés avec une telle affliction que je ne pouvais faire autrement que me sentir mal par ce que je lui avais fait.

-Je comprendrais si vous désiriez que je me retire…

-Non je…

Mes mains se joignirent, s’entortillant sur elle-même en signe de gêne profonde. Non ? Comment ça, « non » ? Pourquoi avais-je dit cela ? Si je voulais m’éloigner de lui, ce n’était certainement pas en le contredisant que cela porterait des fruits. Mais je n’y pouvais rien, j’avais la profonde impression qu’il était en mon devoir de me faire pardonner ma couardise qui m’avait faire omettre une quelconque politesse. C’est pourquoi j’ouvris à nouveau les lèvres, en prenant soin de ne jamais poser mes yeux sur lui. Cela serait tellement plus facile.

-Je suis désolée pour l’embarras dans lequel je vous mets. Mais vous comprendrez que je ne peux qu’être honnête en vous ordonnant cela. J’ignore qui vous êtes, il est vrai. Vous pourriez être quelqu’un de merveilleux, et en ce cas, je pense sincèrement que j’aurais raté une chance en or. Mais imaginez…imaginez que vous n’étiez qu’un affreux menteur, comme il en existe tant dans ce monde. Il est facile de me tromper par les mots. Alors…Alors je ne veux pas prendre de risques. Navrée de vous enfoncer dans des désillusions.

Mon regard se perdit malgré mes efforts sur son visage si plaisant, et un soupir las s’échappa de mes lèvres. J’étais certaine que ce ne serait pas le premier que j’éconduirais. En vérité, je pense que ce qu’il y avait vraiment, ce qui m’empêchais de m’autoriser un tel bonheur, c’était une peur indicible d’être avec quelqu’un. Je n’avais rêvé que de cela dans mes rêves les plus fous, mais ce qui rendait cela merveilleux, c’était que tout me semblait inaccessible. Je n’aurais pas tant d’obligations à rendre, je n’aurais pas à affronter ma timidité à chaque instant où l’amour me quémanderait de l’attention. Je n’étais pas douée pour de tels sentiments, et la peur était si grande que je n’osais croire le contraire. Et sans que je ne m’en rende compte, je me surpris à reprendre la parole, laissant mon cœur parler pour mon âme :

-J’aimerais que vous restiez, vous savez. J’ai envie de vous croire, parce qu’il est vrai que vous me plaisez. Mais vous l’avez dit, je ne connais rien de vous. Peut-on aimer d’un regard ? Allons, cela ne se trouve que dans les livres, n’est-ce pas ? – c’était comme si j’essayais moi-même de me convaincre…et à mon air si dépité, il semblait que cela ne marchait guère – Si..Si vous voulez réellement de moi, et pas en raison de pensées honteuses, il va falloir que vous me le prouviez.

Que faisais-je ? C’était une invitation toute faite pour qu’il se vende lui-même, et que je le découvre entièrement. J’ignorai ce qu’il allait donc faire pour me convaincre, ni si mes paroles étaient vraiment sensées. Mais pour la première fois, une étrange excitation s’empara de moi, et mes doutes furent chassés pour quelques instants, me laissant libre de le juger avec discernement. Mettant mon verre sur le côté, j’attendis sa preuve d’amour, écartée de la piste de danse pour ne pas qu’il m’y entraine à nouveau. Cette fois, je voulais qu’il se montre convaincant, autrement que par des habiles paroles qui m’ensorcelaient entièrement, autrement que par une danse où nos corps rapprochés lui donnaient raison. J’étais prête. Prête à succomber.




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MessageMer 26 Aoû - 20:16



Come on sweet flower...    



Était-il si difficile de distinguer au fond de ses prunelles le doute qui s’installait en elle ? Ma jeune fleur était tiraillée, pour mon plus grand bonheur ou mon plus grand malheur, je ne pouvais encore le savoir, mais je m’arrangerai pour que la première supposition prime en toutes circonstances. Chacun de ses rougissements, chacune des moindres mimiques qui étiraient ses traits angéliques étaient un réel délice pour moi. Ils montraient l’influence que j’avais sur elle, un contrôle dont elle ne pourrait se défaire quoi qu’elle fasse. Chaque fois que ma main effleurait la sienne, chaque fois que mes yeux envoutants se posaient sur sa personne et croisaient son regard d’enfant, son corps, son cœur réagissait.

Petit muscle frémissant emprisonné dans sa cage, bats pour moi jusqu’à ce que tu te glaces devant la réalité de ma nature et de mes intentions, jusqu’à ce que tu ne puisses plus supporter ce battement régulier qui te donne la vie, jusqu’à que tu ne désires plus qu’entendre à jamais le silence de la fin de toute chose. Bats pour moi jusqu’à ta dernière heure

Je m’en retournais alors, car je savais pertinemment ce qui allait se produire.  Je tournais les talons pour m’en aller loin de ma douce colombe aux ailes froissées qui n’ont jamais sut s’envoler plus loin que les alentours qu’épiaient les yeux de son père, affichant sur mon visage la profonde affliction qui détruisait si bien mon expression en surface. Savais-tu, petite chose qui a encore tout à apprendre, qu’un amour n’est jamais plus désiré que lorsqu’il fuit ? Que c’est uniquement lorsque l’on se rend compte que l’on va le perdre que l’on est prêt à tout lui pardonner, même les pires injures, à oublier même qu’on ne le connaît pas si bien que cela ? Ta peur face à ton ignorance s’en ira l’espace d’une seconde, mais cette seconde sera suffisante pour te forcer à faire un choix qui dans le manque de temps ne sera plus aussi réfléchis que les mots dont tu m’as fait part précédemment, mais révélera les véritables intentions de ton cœur. Et les raisons du cœur sont souvent bien loin de celle de la raison elle-même.

-Non je…

Qu’il est dur de retenir ce sourire victorieux que j’aimerais pouvoir étaler sur mon visage. La voilà, cette hésitation qui te sera fatale. Tu me retiens, tu nies, quel est au fond de toi ce réel désire que tu crains tant d’avouer ? Dis-le…

-Je suis désolée pour l’embarras dans lequel je vous mets. Mais vous comprendrez que je ne peux qu’être honnête en vous ordonnant cela. J’ignore qui vous êtes, il est vrai. Vous pourriez être quelqu’un de merveilleux, et en ce cas, je pense sincèrement que j’aurais raté une chance en or. Mais imaginez…imaginez que vous n’étiez qu’un affreux menteur, comme il en existe tant dans ce monde. Il est facile de me tromper par les mots. Alors…Alors je ne veux pas prendre de risques. Navrée de vous enfoncer dans des désillusions.

Voilà que ma petite ignorante n’était pas si naïve qu’elle n’en avait l’air. Ou était-ce encore les mises en garde de ses paternels qui agissaient sur ses décisions ? Je voyais déjà que son regard hésitait à se poser à nouveau sur moi. Avait-elle peur que je l’ensorcelle par quelques tours terriblement machiavéliques ? Pour jouer sans cesse de l’avantage de mon physique, je pouvais dire qu’elle avait raison mais il m’était préférable qu’elle n’en fasse rien et continue de me dévorer des yeux.  La faire succomber par la luxure, cette petite ingénue, il n’y aurait rien de plus plaisant.


-J’aimerais que vous restiez, vous savez. J’ai envie de vous croire, parce qu’il est vrai que vous me plaisez. Mais vous l’avez dit, je ne connais rien de vous. Peut-on aimer d’un regard ? Allons, cela ne se trouve que dans les livres, n’est-ce pas ?

Le fait que tu émettes le simple doute prouve que tu es prête à penser autrement. Laisse-moi t’entrainer dans l’erreur...

Les cartes étaient donc jouées, et j’avais réussi à m’emparer d’une partie de son cœur, ne manquait plus qu’à faire chavirer jusqu’à son esprit. Que ces doutes qui la corrompent finissent par être en ma faveur.  Elle avait déjà dit tous les mots qui démontraient qu’elle n’attendait plus qu’à succomber. « Aimerais, plaisez, envie, aimer ». Je n’avais plus qu’à tendre la main pour me saisir de la sienne. Pourtant, elle ne semblait pas encore si prête à s’envoler.

– Si..Si vous voulez réellement de moi, et pas en raison de pensées honteuses, il va falloir que vous me le prouviez.


Une mise au défi ? Voilà bien la dernière chose dans laquelle il fallait m’entrainer. On ne pouvait m’imaginer perdant. Cependant, il allait falloir ruser davantage et jouer mieux encore mon rôle. Je devais être un acteur des plus touchants et des plus véritables au point que j’en croirais presque à ma sincérité.

« Vous avez raison, nous ne sommes nullement dans un de ces magnifiques ouvrages qui nous font voir monts et merveilles et croire aux plus doux des destins, mais pensez-vous que nous devons pour autant nier les sentiments qui nous habitent ? »

Je cherchais son regard comme si j’espérais lire dans ses prunelles la réponse à ma question qui se voulait la plus sincère du monde.

« Tomber amoureux du premier regard serait peut-être naïf à affirmer. Néanmoins, je ne peux vous cacher que j’ai ressenti quelque chose en vous voyant, ce pourquoi je me suis osé à vous approcher. »

Je le répéterai autant de fois qu’il le faudrait pour que cela s’ancre bien dans son esprit puisque cette petite semblait tant croire que je n’étais venu que pour les vertus que m’apporterait son corps de donzelle, encore si chaste. Il était vrai qu’elle devait être un délice dans tous les sens et qu’il ne me gênerait point d’en faire mon repas de manière aussi figurée que suggestive, néanmoins, là n’étaient pas les pensées que je devais lui insinuer.  Je posais alors une main sur mon cœur et me baissais légèrement dans une révérence pleine de respect qui invitait au pardon.

« Je vous prie de me pardonner de ne pouvoir me jeter à vos genoux pour vous demander votre main sur l’instant, car comme vous le dites si justement, nous nous connaissons à peine.  J’aimerais, cependant, sincèrement apprendre à vous connaître davantage et peut-être même m’assurer que mon cœur ne me trompe pas. »

Je retirais alors de l’une de mes poches un de ces colliers qui renferment en leur sein un précieux trésor, de ceux que l’on garde constamment sur soi et dont on ne se sépare que lorsque la mort nous prend. Bien entendu, il ne m’appartenait pas, mais était en réalité la propriété d’une de mes victimes dont je me suis repu en chemin et dont le monde a déjà oublié l’existence. Elle ne pourra jamais deviner que ce pendentif n’est pas des miens, ces choses sont trop importantes pour les humains pour qu’ils ne les laissent à d’autres. Si l’on en possède un, il est une preuve des choses auxquelles on tient le plus au monde, en l’occurrence des semblables, et sur cette photo délavée, deux parents sans doute aimants. Je le glissais alors dans la main fragile de mon interlocutrice comme si je lui donnais par-là même une partie de mon âme.

« Je vous fais don de ce que je suis. De celui qui a été créé par chacun des voyages qu’il a menés. Je vous offre une chance de me connaître du début jusqu’à votre rencontre qui changera peut-être cette vie déjà palpitante en quelque chose de plus magnifique encore... La saisirez-vous ? »


Écoute ton cœur, petite fleur, et fait un pas de plus vers ton funeste destin auquel tu n'échapperas pas...




Eléa Solomos-Spade
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MessageMer 2 Sep - 20:49






Dysfunctional Heart


Feat Lukas A. Vethala



Mes yeux fuyaient ce regard qu’ils aimaient pourtant tellement, de peur d’effleurer d’un peu trop près cet homme au visage imperfectible. Il était comme la fleur d’une rose, de celle que l’on aimait cueillir tant leur beauté nous fascine – mais si l’on y approchait de trop près, les épines nous blessaient. Etais-je si facilement vulnérable ? Le bon sens m’aurait répondu non, mais la vérité me soufflait un « oui » amer. J’avais envie de me pencher sur cette ronce, j’avais envie de faire perler un rouge sombre sur le bout de mes doigts – simplement par la curiosité morbide d’essayer. J’ignorai tout de ce que l’on nommait « amour », j’ignorais jusqu’aux sentiments les plus profonds qui animaient les cœurs. Qui étais-je pour affirmer qu’un seul regard ne pouvait nous ensorceler ? Les livres ne mentaient peut-être pas. J’avais envie d’y croire et cela était, je crois, le plus effrayant : car ce désir était si grand qu’il finissait par me bercer d’illusions.

William semblait se conforter à mes pensées : si les lignes d’un ouvrage pouvaient mentir, les sentiments, eux, étaient bel et bien réel. Etait-ce une trahison que de fermer les yeux face à cette chose nouvelle qui nous habitait ? Mes prunelles se posèrent un instant sur le jeune homme, et mon cœur se serra : il me serait réellement difficile de lui tourner le dos. Je ne savais si ses dires étaient de pures calomnies ou non, mais ce qui naissait dans mon âme, lui, était véritable. Ses paroles continuaient de se déverser dans le creux de mes oreilles, et je me plaisais à l’écouter, à le croire, et je sentis que mon cœur finissait par rompre les dernières barrières, je sentis que cet amour insensé était en train d’éclore. Le pire dans tout cela, c’était que cette douleur était agréable, et je désirais m’y complaire encore et encore.

Mes joues se tintèrent de rouge lorsqu’il s’abaissa dans une révérence gracieuse, et je ne pus empêcher un soupir traverser mes lèvres. Il avait tout d’un gentleman. Comment pouvais-je seulement penser à lui résister ? Il avait l’air de l’homme parfait, attentionné, admirable et il me tardait d’en apprendre davantage sur lui. Un sourire orna doucement mon visage, ultime preuve de mon empêtrement dans ses filets. Je voulais en entendre encore, écouter sa douce voix me promettre monts et merveilles, tant qu’il restait à mes côtés. Je fis un pas vers lui, très léger, écartant les mètres qui nous séparaient un peu trop bien, que j’avais moi-même érigés.

-Je vous prie de me pardonner de ne pouvoir me jeter à vos genoux pour vous demander votre main sur l’instant, car comme vous le dites si justement, nous nous connaissons à peine.  J’aimerais, cependant, sincèrement apprendre à vous connaître davantage et peut-être même m’assurer que mon cœur ne me trompe pas.

A cette réponse, je me mordillai légèrement les lèvres. Il n’était tout de même pas sérieux… ? S’il l’avait pu, m’aurait-il réellement fait cette demande en mariage ? Je déglutis, ne voulant pas m’aventurer dans des contrées interdites, dans des rêves un peu trop fous pour être vrais. Jamais cela ne m’était arrivé, jamais un homme n’avait été aussi insistant pour être à mes côtés, simplement pour avoir observé mon physique de loin. A cette pensée, je déglutis légèrement, fuyant une nouvelle fois son regard pénétrant. Il était vrai que pour soi-disant tomber amoureux comme tel, il ne fallait qu’avoir observé mon visage, mon corps peut-être. Il n’aimait en moi que celle qu’il observait, et quoiqu’il dise, c’était un jugement trop brusque pour être celui d’un amour véritable. Il avait de l’attirance pour la fille qui se présentait à lui, et non pas pour celle qui se cachait derrière. Mais qui étais-je pour le blâmer de cela ? Après tout, j’étais moi-même fascinée par ses traits, par sa beauté qui dépassait mes espérances les plus secrètes. C’était sûrement pour dépasser cet apriori factice qu’il souhaitait me connaître bien plus que cela – ce à quoi mon cœur répondait par des battements effrénés. Oh oui, j’étais prête à sacrifier de mon temps et de ma prudence si je pouvais ne serait-ce que me laisser bercer dans ses mots, dans ses promesses. Cet homme était loin d’être dangereux, et si tout ceci n’était que mensonge, je n’aurais cas lui tourner le dos, tout simplement. Cette révélation me fit sourire davantage, et c’est avec une nouvelle curiosité que je me penchai vers lui, observant cette chose qu’il tenait entre ses mains.

-Je vous fais don de ce que je suis. De celui qui a été créé par chacun des voyages qu’il a menés. Je vous offre une chance de me connaître du début jusqu’à votre rencontre qui changera peut-être cette vie déjà palpitante en quelque chose de plus magnifique encore... La saisirez-vous ?

Lentement, il me prit les doigts pour y glisser un collier simple en leur sein, m’envoûtant une nouvelle fois par ses paroles savamment édictées. Je tendis ce petit bijou devant moi, admirant le pendentif avec des yeux légèrement embués. C’était un cadeau admirable. Il me laissait cet objet qui devait signifier tant de choses pour lui, en me prouvant par ces faits qu’il ne voulait pas que je m’échappe, qu’il voulait prolonger cette après-midi, peut-être même passer la soirée avec moi – et une partie de la nuit. Et demain, demain  nous nous reverrons, tel était le message de ce collier ; nous nous reverrons jusqu’à ce que la vie décide de nous séparer. Ma main se referma sur ce cadeau venu du plus profond de son cœur, et c’est d’un geste presque solennel que je le déposai autour de mon cou, le fixant de mes pupilles remplies d’une admiration et d’une affabilité qui me caractérisait. Je m’approchai de lui, glissant des lèvres timides vers sa joue, et y déposai un baiser innocent, timide, mais assuré. Je restai un instant près de lui, sans bouger, et soufflai ma réponse contre sa joue dans un seul murmure :

-Je la saisis, William. J’espère que je ne le regretterai pas.

Puis je me séparai de lui, presque à regret, lui offrant un large sourire ponctué de mes joues encore rouges de ma témérité. Je passai un bras en dessous du sien, le menant en dehors de la cohue encore bien présente en raison de la fête. Je désirai être à l’écart de tous ces gens, je voulais profiter de cet homme chaleureux et m’ouvrir à lui comme il s’était ouvert à moi. Je choisis une rue un peu plus déserte, déambulant entre les maisons sans trop y réfléchir. Sentir le bras de cet homme contre le mien me donnait des papillons dans le ventre, et je pense que j’aurais tué pour ressentir encore la caresse de sa joue sur mes lèvres. Mais cela, il était encore trop tôt pour lui quémander une telle chose, ou pour oser la faire sans que cela ne soit une preuve d’une envie trop vive et aliénée.

-Que puis-je vous dire sur moi ? J’ai 178 ans, et je suis Dhampire. Enfin, cela, vous l’aurez peut-être deviné de vous-même…J’adore lire, et je suis très curieuse de nature, peut-être un peu trop rêveuse aussi, selon maman, je fis une courte pause, m’arrêtant un instant sur les traits de son visage puis reprit, rougissant de plus belle, je n’ai jamais eu d’hommes dans ma vie, vous êtes le premier qui semble si intéressé. Ma timidité les rebute, en général. Mais avec vous…cela est différent.

Je lui souris, quelque peu gênée d’avouer cela si rapidement. Il est vrai qu’il n’avait pas eu droit à ma confusion perpétuelle et excessive, qui en énervait plus d’un. Cela était sans nul doute en raison des saltimbanques, que j’admirais tant, qui avaient le don de me faire sortir de cette cage dorée que je m’infligeai. Il était trop tard pour qu’il découvre cela de moi, maintenant, car j’étais bien trop avancée dans mon emprise pour lui laisser l’occasion de l’admirer. Oh, bien sûr, si cela fonctionnait réellement entre nous, il pourrait aisément comprendre que je ne serais pas la première à m’accrocher à ses lèvres pour l’embrasser.

L’embrasser ? Mes joues virèrent au rouge pivoine. Si papa savait quelles pensées me traversaient, il s’empresserait de tuer cet homme qui me faisait un tel effet. Je n’étais pas certain que l’idée de me voir avec un petit ami l’enchanterait, encore moins quelqu’un de rencontrer et d’aimer en quelques heures seulement. Mais avait-il besoin de le savoir ? La réponse était évidente. J’avais beau être terriblement attachée à lui, et lui dire tout de moi, il y avait des limites que je savais ne devoir dépasser. Déjà que lui faire accepter Loghan fut particulièrement malaisé, alors je n’osais imaginer si le cas de William était amorcé. Autant qu’il soit prévenu d’un tel fardeau, car j’ignorai s’il accepterait de se voir éloigné ainsi de ma famille pour quelques temps.

-Vous savez, mes parents et mes frères sont formidables, et je suis certaine que vous vous en rendrez compte par vous-même…Cependant…Papa n’est pas le père le plus enclin à voir sa fille aimer un homme, comprenez-vous ? Il serait judicieux de taire notre relation pendant un moment. Peut-être…Peut-être le temps que nous soyons confortés dans nos sentiments.

Je raffermis quelque peu mon étreinte, comme pour m’excuser de ce que je lui imposai. Mais si son amour était véritable au fil du temps qui passerait entre nous, cela ne devrait pas être un problème. J’ignorai si ma décision avait été appropriée ce soir, après tout, papa avait peut-être raison de se méfier autant des hommes ; cependant, je ne pouvais cacher ce désir de m’enfoncer davantage dans ses délicieuses promesses. Peut-être que c’était un sentiment fort, qui nous dépassait tous deux, qui nous avait forcé à nous rencontrer, et qu’il serait dès lors injuste d’ignorer. J’avais envie d’y croire, j’avais envie d’affirmer que William serait l’homme de ma vie, et que l’avenir ne pourrait se dessiner que si nous étions ensemble. Et comment résister mieux à une tentation que d’y céder ?





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MessageJeu 10 Sep - 12:57



Come on sweet flower...    



Du regard qu’elle posa sur le médaillon que je glissais entre ses fins doigts d’une pâleur exquise, je compris que mon petit tour faisait son effet. Elle buvait mes paroles et croyait en leur véracité avec une facilité déconcertante dès lors que j’avais pour appuyer mes faits un bien matériel aussi précieux.  Je me nourrissais avec allégresse de chacune des lueurs qui dansait dans ses prunelles, leur donnant un éclat merveilleux, un étonnement et une admiration candide qui l’enveloppait dans des illusions dont j’étais le maître. Qu’il était bon de voir sa proie sur le point de briser les dernières barrières de crainte qui retenaient sa confiance d’être entièrement mienne. À cet instant où je dévorais ses iris extasiés, je sus que la victoire était mienne.

Et la confirmation de celle-ci ne fut pas longue à venir.
Ses petits pas graciles firent s’envoler les quelques mètres qui nous séparaient, cette distance qu’elle tenait sans aucun doute tant à garder et qui devait faire office pour elle comme d’un bouclier censé la protéger illusoirement de moi. Elle l’anéantit d’elle-même, creusant sa propre tombe, scellant son propre destin. Je n’avais qu’à la regarder simplement sombrer dans les abysses dont je ne faisais que lui ouvrir la porte. C’était elle qui décidait de s’y aventurer, elle qui glissait la corde autour de son tendre cou. Pour ma part, je me contentais d’observer le spectacle avec délice.
Ses lèvres délicates virent s’ancrer un instant sur ma joue dans une exquise caresse délivrant son souffle léger au creux de mon cou.


Approches-toi encore de moi, et plus tu goûteras à la chaleur de mon corps, plus ton âme y dépendra, recherchant mon parfum comme une douce drogue sans laquelle ton existence serait futile.

-Je la saisis, William. J’espère que je ne le regretterai pas.

Cela, ma douce, tu le sauras bien assez tôt~

Sa présence se  retira alors, m’offrant tout le loisir d’admirer ce visage d’une trop grande pureté se teinter doucement d’un rouge timide. Il me tardait tant d’échanger ce rose profond avec ce sublime pourpre qui dégoulinerait sur sa peau satinée et dont je me délecterai avec joie.

- Vous me comblez…Je vous en suis éternellement reconnaissant.

Il me suffisait de lui rendre un regard brillant d’un bonheur  semblant aussi vrai qu’il était faux, un sourire d’une douceur comparable à mes traits et dans lequel chaque spectateur se perdait avec envie. Elle vint alors s’accrocher à mon bras, m’entrainant loin de la foule, dirigeant par elle-même les pas de sa destinée vers un sort funeste. Plus elle restait en ma compagnie, plus les vices l’entraineraient dans cette douce descente vers les enfers où je l’accueillerai, bras ouverts, comme il se doit~

-Que puis-je vous dire sur moi ? J’ai 178 ans, et je suis Dhampire. Enfin, cela, vous l’aurez peut-être deviné de vous-même…J’adore lire, et je suis très curieuse de nature, peut-être un peu trop rêveuse aussi, selon maman, je n’ai jamais eu d’hommes dans ma vie, vous êtes le premier qui semble si intéressé. Ma timidité les rebute, en général. Mais avec vous…cela est différent.


Je lui offrais le plus tendre  de mes sourires face à cette timidité dont elle me faisait part. Il me fallait la bercer encore un peu plus dans ses illusions, lui créer un être dont elle rêvait, devant ses yeux, pour qu’elle n’ait plus qu’à lui tomber dans les bras.

- Me voilà fort rassuré… J’eus peur  de me fourvoyer un instant, révélant dans mon erreur que vous soyez humaine et que vous avouer ma race vous aurez effrayé. Les humains croient trop souvent aux rumeurs et pensent que même les Damphires peuvent succomber au désir du sang, ce qui est fort regrettable. Ils semblent oublier aussi bien que notre race se satisfait de nourriture humaine, que le traité interdisant de toucher un être humain. J’ai ainsi souvent été rejeté alors que je ne voulais que du bien. Hélas, je ne peux leur en vouloir. J’ai la certitude au moins avec vous de ne pas revivre ce genre de désagrément, puisque nous partageons ce point commun. J’ai près du double de votre âge, et bien que nous sommes encore jeunes je savoure chaque année comme le serait celle d’une vie de mortel. Je ne crois pas qu’on puisse être un peu trop rêveur, la vie serait bien triste sans cela, et la curiosité est pour moi quelque chose qui devrait être reconnu en vertu. Sans elle je n’aurais pas l'impression d'avoir déjà tant vécu ! J’espère d'ailleurs pouvoir assouvir en partie la vôtre...

Aussi bon orateur et manipulateur que j’étais, il y avait hélas des choses qui ne mentaient pas. Me prétendre humain aurait été une grossière erreur qu’elle aurait tôt fait de remarquer. On ne pouvait mentir sur son sang, ou alors, juste un peu. Si je ne pouvais me faire passer pour un mortel, je pouvais en revanche, prendre place dans la classe la plus inférieure de notre sang. Avouer ma véritable nature était un risque non-négligeable. Je ne doutais pas que son père lui ait fait part de l'existence d'un vampire désirant leur mort et lui révéler cela lui insinuerait des doutes qu'il me serait difficile de chasser. Crédule comme elle était, il lui serait difficile de se rendre compte  que j’étais un vampire complet, vieux de bien plus que de trois simples décennies, si je lui assurais le contraire. Et ces connaissances cachées que j’avais accumulées au fil de ma longue existence m’étaient des plus utiles pour créer tout genre de récit, semblant plus vrais les uns que les autres.

-Vous savez, mes parents et mes frères sont formidables, et je suis certaine que vous vous en rendrez compte par vous-même…Cependant…Papa n’est pas le père le plus enclin à voir sa fille aimer un homme, comprenez-vous ? Il serait judicieux de taire notre relation pendant un moment. Peut-être…Peut-être le temps que nous soyons confortés dans nos sentiments.

Décidément, cette petite m’offrait ma victoire sur un plateau d’argent. Il ne m’était même plus nécessaire de trouver une excuse pour refuser de rencontrer ses paternels qu’elle proposait elle-même de garder cela secret. Et j’allais accepter cette offre sans éveiller le moindre soupçon, bien évidemment.

-Je ne veux point risquer de brusquer votre famille tout autant que vous. Si vous pensez que le silence est préférable, alors je suivrai votre choix.

Bien entendu, il ne fallait pas gâcher cette magnifique surprise que je préparais pour ton père. Ne serait-il pas dommage de ne pas attendre le moment où tout serait à point pour délecter l’effroi et l’horreur qui détruira les traits de son visage ? Je vois déjà cette haine meurtrière éclairer ses yeux rien que pour moi lorsque cette terrible vérité éclatera au grand jour. Tu ne sais pas à quel point j’adore le courroux de ton père autant que l’idée de souiller ton âme pure…

-Qu’il est étonnant d’apprendre qu’une femme emplie d’un charme tel que le vôtre n’a encore connu les délices de l’amour. Je vous mentirais si je vous disais n’avoir jamais été dans ce cas. J’ai autrefois aimé quelqu’un, une jeune femme qui avait su ravir mon cœur mais dont mes sentiments n’étaient pas partagés. Elle s’est mariée à un ami à de longue date sans que je n’aie pu lui avouer mon inclinaison. Après plusieurs années à avoir souffert de cela, j’ai appris à accepter leur bonheur. Je dois avouer qu’aujourd’hui, en croisant votre chemin, j’ai eu l’impression que le mien était à son tour sur le point d’arriver.


Un amour non-réciproque, n’y avait-il rien de mieux pour toucher ce cœur sensible qui écoutait chacun de mes dires avec attention ? Il m’était si simple de me créer une histoire que je la façonnais avec minutie pour que chaque détail me rapproche d’elle un peu plus. Il ne manquait plus qu’un peu de mon jeu d’acteur pour montrer la trace d’un rougissement et d’un regard déviant légèrement de gêne, ornés d’un sourire qui se voulait d’une grande sincérité, ponctué d’une légère maladresse attendrissante.

-Pardonnez-moi, c’est gênant.

Me voilà un jeune conquérant des plus prudes. Comment mieux attirer l’innocence qu’en se montrant innocent ? Je me disais sans réelle expérience amoureuse, n’étant qu’un simple cœur blessé et quelque peu rêveur qui attendait son âme sœur, tout en restant réaliste au possible. C’était le masque parfait, un masque auquel on ne pouvait douter qu’il faisait justement partie d’une grande mascarade.
Le temps fut donc venu pour moi de commencer à montrer mes talents de conteur. Je lui dévoilais la vie d’une personne simple, qui, rêvant de liberté, a parcouru des contrées entières pour découvrir de nouveaux paysages. Je lui décrivais ce périple, lui peignant les merveilles qu’avaient pu admirer ces yeux, lui avouant quelques mésaventures qui m’était soi-disant arrivées, autant que de bonnes rencontres fortuites. Ces mots étaient dignes d’être gravés à l’encre noire d’une plume sur les pages blanches d’un ouvrage dont le récit serait des plus palpitants. Pour une jeune personne n'ayant connu que les alentours de son chez-soi et qui se vantait de curiosité, je ne doutais pas de l'intérêt qu'elle devait me porter en cet instant. Je captivais son attention pour mieux la retenir prisonnière au creux de ma main. Mais il n’était pas encore temps de trop en révéler, il fallait garder quelques mensonges pour plus tard.

-Hélas je me vois dans l’obligation d’en finir là mon récit. Ne m’en voulez pas de ce choix, mais je vous avoue que par ce biais, j’ai l’audace d’espérer vous retrouver demain si vous désirez en connaître la suite.

Lui offrant mon doux regard alors que je me retournais vers elle, nos deux corps précédemment dirigés vers l’horizon que nous admirions alors que je narrais mon passé, je vins doucement me saisir de sa main, l’enveloppant tendrement de mes doigts, quémandant une réponse sincère.

-Me ferez-vous l’honneur de vous revoir ?


Je lui avais déjà donné un gage dans ce collier qui ornait désormais son cou, il ne manquait qu'à celui-ci sa promesse de me retrouver.
Je n’attendais plus que son consentement pour venir déposer un délicat baiser sur le haut de son front et de la quitter en lui offrant cette vision toute de grâce de ma personne s’éloignant dans un sourire bienveillant et qui attendrait avec impatience que l'aube se lève au jour prochain.

Si je doutais de sa réponse ?

Hmhm…aucunement ~

Car cette petite fleur était déjà mienne.






Eléa Solomos-Spade
« Porcelain Doll »
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Porcelain Doll
MessageSam 26 Sep - 21:03






Dysfunctional Heart


Feat Lukas A. Vethala



Le bonheur était si facilement à portée de mains, à qui faisait attention aux chances de l’attraper. Combien de fois ne m’étais-je pas convaincue, malgré les quelques handicaps qui jalonnaient ma vie, que je vivais dans la plus parfaite des conditions ? J’avais une famille qui m’aimait, unie, et en écoutant l’histoire de tout un chacun, l’on se rendait compte à quel point ce privilège était quelque-chose de rare. Je n’avais pas à me plaindre ; ils avaient toujours été là pour moi, et c’est dans cette atmosphère rassurante que j’avais simplement évolué, m’ouvrant au monde pour qu’il me caresse de ses expériences. J’avais trouvé quelques amis formidables, dont je ne pouvais aujourd’hui me passer, et il ne me manquait qu’un seul amour au tableau de cette existence pour la parachever entièrement, de cette aura de bonheur qui m’accompagnait toujours jusqu’à présent. C’était un besoin qui s’était doucement fait ressentir, d’abord comme une vague idée, puis comme une envie que je ne savais nier ; l’amour, si je ne le cherchais pas, je le désirais intensément. Et voilà qu’il se présentait à moi, divin, attentionné et je savais que si je n’étais pas encore profondément prise dans ses filets, cela ne saurait tarder.

Mon regard se fit quelque peu hésitant après ma tirade concernant ma famille. Je détestais lui imposer une telle décision, car je savais que cela était quelque peu radical, mais comment faire autrement ? S’il désirait que notre entente se prolonge, il n’y avait d’autres choix – il fallait que nous soyons sûrs de nos sentiments avant que papa et maman soient au courant de cette peut-être future liaison, sans quoi tout cela serait inutile. Je craignais cet instant fatidique, mais je savais que si tout se déroulait à merveille, il serait avec moi pour affronter cette épreuve. Il prouverait à papa, plus qu’il ne le fallait pour maman, qu’il était un homme bon et qu’il saurait dignement s’occuper de moi. Je le savais, je le sentais – cela se voyait dans le fond de ses yeux. Il ne pouvait être cruel, ou dénué de vilénies comme je l’avais auparavant pensé. En voyant la patience dont il faisait preuve, il était clair qu’il était loin de ce genre de pensées abjectes. J’étais certaine que mes parents l’adoreraient, vraiment.

Ma crainte de le voir me tourner le dos était tout à fait ridicule, et en voyant la répartie dont il usait pour accepter cette décision, je crois que je me sentais gênée d’avoir pu croire qu’il agirait autrement. Je détournai le regard, craignant qu’il lise en moi les pensées qui m’avaient traversé, et qu’il ne s’en trouve fâché. Mais il semblait trop absorbé par la suite de son discours pour apporter une importance quelconque à cela, aussi je ne m’en formalisai pas longtemps. C’est donc d’un pas plus léger que je buvais ses paroles, me délectant ainsi de ce qui avait été sa vie, comme si par ses mots il était un peu plus miens.

Mais ce qu’il me dit me blessa quelque-peu, dans une sorte de jalousie que je ne savais m’expliquer. Il avait donc aimé une autre femme – je n’étais donc pas la première sur laquelle il avait jeté son dévolu. J’étais abasourdie d’entendre qu’elle n’ait pas résisté au charme qu’il dégageait, comme si cela me paraissait impossible en vue des sentiments que moi-même je commençai à éprouver – mais après tous, c’était son choix. Peut-être cet autre homme lui seyait mieux, et cela était tout à son honneur. De plus, sans mentir, c’était grandement à mon avantage qu’elle n’ait pas succombé – car aujourd’hui, il semblait m’appartenir entièrement. Même si je dois avouer la peur qu’elle regrette ses choix et le voit en secret m’animait – car après tout, il pourrait toujours bien l’aimer au fond de lui, les blessures d’une femme aimée ne guérissant jamais vraiment. Comment être sûre que cela ne se passerait pas comme cela ? En lui faisant confiance, certainement. Et puis, en lui apportant un bonheur encore plus grandiose qu’il n’avait espéré auprès de cette femme. Quelle qu’elle soit, je me promettais de faire bien mieux qu’elle, aussi puéril et stupide que puisse représenter cette idée. Je ne voulais pas partager ce garçon, pas après avoir attendu si longtemps que l’un d’eux me regarde autrement.

-Pardonnez-moi, c’est gênant.

-Il ne faut pas être gêné de vous dévoiler ainsi…Mais…je…je vous promets que cette histoire sera enterrée dans vos souvenirs. Je m’en occuperai…si vous le permettez.

Un mince sourire étira mes lèvres, tandis que je serai quelque peu mon emprise sur les bras de William. Le rouge sur mes joues se corrélait avec celui plus rosé des siens, et à cet instant, je ne pus empêcher un petit rire cristalliser l’instant. Nous ressemblions de très loin à un couple comme me le représentaient papa et maman, avec des embrassades franches et des câlins prolongés. Pour le moment, nous étions dans une simple fréquentation qui déboucherait peut-être à un bel avenir pour nous deux, peut-être même bien plus loin que nous ne nous le figurions. Nous n’avions pas l’air de futurs amants, mais plutôt de ces enfants qui s’embrassent sur la bouche pour faire comme les grands. Et cette innocence qui nous allait si bien me faisait plaisir, et me faisait croire qu’il y avait encore des personnes prudes dans ce monde, qui gardait encore un bel espoir en eux.

Ce serait mentir que de ne pas conter l’après-midi merveilleuse que nous avons vécu. Il semblait pressé d’apprendre à me connaître, d’une soif intarissable que j’espérais ne jamais estomper. Moi-même je m’intéressais à son histoire, et par ses mots qui ponctuaient ainsi la trame de sa vie, j’avais l’impression de le connaître davantage à chaque seconde, comme s’il ne pouvait avoir aucun secret pour moi. Il me complétait, il était tellement différent de celle que j’étais mais c’est cela qui rendait notre vision intéressante – en partageant nos savoirs et le fil de notre existence, nous devenions le reflet inversé l’un de l’autre ; ce reflet que l’on admire dans le miroir, en sachant tout de sa propre personne mais en méconnaissant la personne derrière le verre. J’étais heureuse, comblée de ce temps passé à ces côtés, et je ne voulais jamais qu’il s’arrête ; je maudissais ce jour qui déclinait peu à peu, laissant place au large manteau du soir et de la nuit, qui nous forçait à nous quitter un peu plus à chaque seconde. Lorsque nos pas s’arrêtèrent finalement, et que nos yeux se dévorèrent en silence, de peur de prononcer les mots fatidiques qui nous contraignaient à partir, je ne désirais qu’une chose : remonter ce temps qui filait bien trop vite, me retrouver à nouveau à ses côtés, prise dans cette danse infernale. Mais c’était une chose bien absurde que de vouloir revivre tout cela, lorsque l’on savait ce que le futur nous réserverait. Il fallait que je sois patiente, que je goûte chaque instant avec délice, pour que ce passé ne soit plus qu’un doux souvenir à rêver.

-Hélas je me vois dans l’obligation d’en finir là mon récit. Ne m’en voulez pas de ce choix, mais je vous avoue que par ce biais, j’ai l’audace d’espérer vous retrouver demain si vous désirez en connaître la suite.

Je baissai légèrement le regard, soupirant que cette seconde soit finalement arrivé. Mais il me prit les mains doucement entre les siennes, et je pus ressentir la caresse de sa peau si tendre sous la mienne, mon cœur s’affolant rien qu’à se toucher. Mes joues devinrent à nouveau rouges mais cette fois, un sourire franc égayait mes traits, de sorte qu’il comprenne que c’était une gêne que j’appréciai fortement, et que j’aurais aimé dans le plus profond des secrets travailler en une plus grande œuvre encore. Je déposai mon autre main au-dessus de la sienne, nos mains à présents entièrement liées entre elles. Qu’il était doux d’appartenir à quelqu’un de la sorte, qu’il était bon de pouvoir compter sur quelqu’un de manière si profonde. Je ne lui en voulais guère de me quitter, car je savais qu’un autre jour nous attendrait, pâle reflet de la multitude d’autres qui viendraient ensuite. Nous nous quittions pour mieux nous retrouver, rien de plus. J’en avais la certitude.

-Me ferez-vous l’honneur de vous revoir ?

-William…ma réponse semble être évidente.

Je pressais mes doigts fins dans ceux rassurants de cet homme, lui offrant un doux sourire qui allumait mon regard. Il savait déjà la réponse, et j’étais certaine que c’était son élan de garçon qui commence à se perdre dans les méandres de l’amour qui le forçait à prononcer ses mots, pour entendre de vive voix ce qu’il espère dans le tréfonds de son âme. Je penchai légèrement la tête sur le côté, laissant mes cheveux m’encadrer le visage, me taisant pour le faire patienter légèrement sur cette décision déjà toute faite, prenant un plaisir fou à imaginer le supplice que je lui infligeai. Puis lentement, j’ouvris les lèvres, fixant les siennes avec insistance :

-Je vous attendrais demain, et le jour d’après encore. Je vous attendrais, car il me semble que désormais, c’est tout ce que je puisse faire.

Sa réponse à lui ne se fit pas désirer. Il se rapprocha doucement de moi, déposant un tendre baiser sur le haut de mon front, me laissant quelque peu interdite. J’étais tellement retournée par la multitude d’émotions qui me traversaient alors que je fus incapable de le retenir quelques secondes de plus, alors qu’il s’éloignait de moi le sourire aux lèvres. Je crois que je suis restée longtemps ainsi, à observer dans mes souvenirs ce point partir à l’horizon, m’offrant la plus belle promesse que l’on ne m’ait jamais faite. Et à cet instant, je pense qu’aucun autre bonheur ne pouvait surpasser celui que j’éprouvais, car je savais désormais que quelqu’un, quelque part, serait là pour m’attendre, peu importe les tourments que nous apporterait la vie.





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Spoiler:
 

Parfois la raison du coeur est le pire des dangers [/Eléa]

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