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I don't want to hurt you [flashback] // PV Lælia

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Adrian Solomos-Spade
« Précepteur mordu... de sa femme »
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Précepteur mordu... de sa femme
MessageMer 4 Mar - 23:00

Fear me i'm dangerous

Le cadavre du nuisible vole contre le mur, le reste de sang émanant de sa carcasse giclant sur l’étendue bétonnée. Ma main trouve appui sur ce bloc pour me soutenir. Je n’arrive pas à tenir debout. Ces quelques gouttes de sang m’ont donné que trop peu de force. J’ai beau égorger le nombre d’animaux que je veux, ça ne me nourrit pas assez. Juste de quoi me faire marcher jusqu’à chez moi. Chez moi… La bonne blague. Comme si je pouvais encore prétendre « rentrer chez moi » dans un état aussi critique. Je suis conscient de ma situation et m’abreuver de ce type de sang ne me mènera nulle part. Mais je ne peux pas faire autrement. Ce fléau m’est tombé dessus sans crier gare et trouver du sang légalement n’est pas chose facile quand on ne se trouve pas au sein de la capitale des Vampires. Je fais comme je peux mais je sens ma limite arriver. Je ne peux plus tenir dans ces conditions.

J’arrive chez moi après une longue marche que j’ai cru interminable. Ça fait de longs jours maintenant que je foule le pas de la porte du foyer familial avec appréhension. Un état de manque pourrait me faire agir contre ma volonté et la seule personne à ma portée n’est autre que celle que je viens d’épouser. Mais m’absenter pour éviter tout incident serait une source de tourment pour Lælia alors je reste là, bien que je ne sois absolument pas serein. Et ce soir, la crainte est plus forte. Je meurs de faim. Ou de soif si je puis dire.

J’essaie de me faire le plus discret possible. Pas de bruit. Juste quelques pas furtifs pour me caler au fond d’un fauteuil, crispant ce qu’il me reste de nerfs actifs pour ne pas céder à la folie. Faites qu’elle ne m’entende pas. Qu’elle dorme.

« Adrian ? »

Raté. J’entends la porte au loin. Puis ce pas que je reconnaitrais entre mille. Un pas léger, tellement propre à Lælia. Ce pas toujours hâtif quand je rentre tard. Ce pas qui traduit son inquiétude depuis ce jour où Samuel m’a ramené à l’article de la mort. Elle s’inquiète. Je le sais. Mais je n’ai aucune solution pour la soulager. Aucune.
Je me sens comme un fardeau qui ne fait qu’enfoncer cet être cher au plus profond de la solitude depuis ce jour. Pourtant, il n’y a jamais rien de mieux que d’avoir sa femme qui vous accueille à votre retour. La savoir tout près me rassure. Mais là, maintenant, j’aurais aimé qu’elle ne m’entende pas. Qu’elle ne s’approche pas de moi. Qu’elle m’ignore, tout simplement. Pour sa sécurité…

Affalé dans mon siège, je ne suis apte à presqu’aucun mouvement. J’essaie de me reprendre, de me reposer et d’effacer cette soif qui n’est pas rassasié. Et ce que je crains le plus arrive. Lælia se dépêche déjà pour venir vers moi, se penchant doucement en adoptant cette attitude si protectrice qu’elle a souvent eu avec moi quand j’en avais besoin. Ses doigts glissent sur ma joue froide.

« Adrian… Ça ne va pas ? »

Avec le teint aussi blême qu’un cadavre, c’est sûr et certain que je ne vais pas bien. Mais le lui dire pourrait tellement compliquer les choses. Ce n’est pas comme si l’évidence n’était pas visible mais je n’ai pas envie de lui dire à haute voix. Tout comme lui mentir aggraverait la situation. Ma main s’écrase sur mon visage comme pour tenter de me réveiller avant de retomber dans un geste lourd. J’adresse un sourire à Lælia, cachant au mieux mon malaise et je viens la rassurer d’un baiser tendre sur les lèvres.

« Tout va bien. Je suis juste fatigué. Rien de méchant, ne t’en fais pas. »

Ce regard bleuté déverse tellement d’inquiétude. Elle ne me croit pas. J’aurais du m’en douter. Là voilà qui s’assoit près de moi. Trop près. Je devrais la repousser pour éviter de m’enivrer de cette odeur qui traverse sa peau. C’est un calvaire. Les moindres effluves soulèvent ma soif. Je n’ai jamais atteint une limite si proche de la démence. Mais au lieu de combattre tout ça, ma tête bascule finalement et tombe sur l’épaule de ma blanche. Je rassemble mes dernières forces dans un murmure pour résister et éviter la catastrophe.

« Tu devrais aller dormir. Il est tard. »
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Dernière édition par Adrian Solomos-Spade le Ven 9 Oct - 17:23, édité 1 fois
Lælia N. Solomos-Spade
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MessageVen 13 Mar - 18:18

Les contes de fée ont toujours un revers de médailles. Je n’aurais jamais imaginé que cela puisse m’arriver, encore moins durant la premier année de mon mariage. Je pourrais blâmer tant de choses, de la malchance aux Dieux, en passant par cette créature immonde responsable de sa transformation. Mais cette rancœur ne mènerait à rien. De toute manière il est impossible de faire marche arrière. Au fond ça ne changerait tellement rien pour moi, s’il n’y avait pas cette fichue douleur, ce mal qu’il affiche tant sur son visage. Tout aurait pu reprendre un cours normal s’il acceptait... enfin... de se nourrir.

Humain. Vampire. Cet être restait mon Adrian malgré tout. Je savais qu’il ne ferait jamais de mal à personne et le fait que mon propre père se charge de le retrouver ne pouvait que me conforter dans cette idée. Mon paternel ne faisait pas confiance à n’importe qui. Il n’y avait donc aucune raison de s’inquiéter, si ce n’est de son état à lui. Je le voyais dépérir. Refusant l’aide que l’on essayé de lui apporter. C’était un cercle vicieux duquel je ne savais pas comment sortir. Combien de larme avais-je verser quand il disparaissait de longues heures durant pendant lesquelles je ne savais pas où il était, ce qu’il faisait et, surtout, s’il allait rentrer à la maison. Je n’en pouvais plus, je voulais juste que la vie reprenait son cours. Mais toutes les prières du monde n’y changeaient rien.

La nuit s’avançait, inéluctablement, sans qu’aucun bruit ne parvienne dans notre petite maison. Sa place dans le lit était vide, comme bien souvent. Je ne voulais pas douter mais il m’était impossible de trouver le sommeil tant que je ne savais pas. Encore une douloureuse nuit blanche en perspective. J’avais peur, mon cœur me faisait mal. Tout ce qu’il me restait c’était l’attente et le désespoir. Puis elle arriva enfin cette petite lueur, quand enfin la porte de la demeure grinça doucement au rez-de-chaussée. Je me lève et l’appelle brièvement, bien qu’étant quasi certaine que ça ne puisse être que lui. Aucune réponse. Ce silence ne fait qu’accentuer ce malaise qui règne dans la maison depuis cet événement. Ça en devient insupportable.

Je ne me suis pas trompée. Il était enfin rentré. Son état me fend littéralement le cœur, je ne suis pas dupe et je vois qu’il souffre. Cette question n’est qu’une nouvelle perche que je lui tends, espérant qu’il accepte enfin son sort et qu’il daigne se faire aider. Mais j’escomptais en vain, la réaction tant attendue n’arrive toujours pas. C’est comme s’il se braquait, pour s’enfermer de plus en plus dans ce déni qui semble l’envahir de plus en plus.
    « Tout va bien. Je suis juste fatigué. Rien de méchant, ne t’en fais pas. »
Je ne le crois pas, pas une seule seconde. Je ne sais plus quoi dire pour le forcer à réagir mais il ne me laisse pas le temps qu’il s’écroule déjà sur moi. L’épuisement l’emporte, j’en suis certaine, mais au fond un frisson traverse mon échine. Je suis certainement un peu trop prude comme on me le fait remarquer sans cesse mais je sais de quoi se nourrisse les Vampires. Il est si près, je m’attends à cette inévitable conséquence... Rien. Il recule et se contente de la phrase la plus bateau qui soit.
    « Tu devrais aller dormir. Il est tard. »
Mes yeux se remplissent inexorablement de larmes, mon regard se fend, plein de reproches. Pour la première fois de ma vie - si on enlève toutes nos altercations quand il n’agissait que comme un machiste sans cervelle - je lui en veux. Je lui en veux de se laisser aller sans même penser à moi et à ce que je peux en penser. Je lui en veux d’essayer de me ménager en m’éloignant simplement de lui. Je lui en veux de se laisser mourir comme si ça pouvait me laisser indifférente. Mes nerfs lâchent, je n’en peux plus et le coup part sans que je puisse me retenir une seconde de plus. Il me regarde étonné tandis que la trace de ma main marque encore sa joue.
    « Comment peux-tu me demander simplement d’aller dormir alors que tu t’affames aussi stupidement ?! T’imagines-tu que je reste simplement là pour respecter un quelconque devoir stupide et que je me fiche de te voir mourir à petit feu ? Tu crois que j’attends de devenir veuve pour m’en aller et bêtement tourner la page ? Est-ce que tu penses un instant à ce que je ressens en te voyant dans cet état ?! Adrian ça suffit ! Réveilles-toi ! Tu as faim ! Mange donc ce qu’il y a à la cuisine ! Oh mais oui c’est vrai TU.NE.PEUX.PAS ! Oui il est hors de question que je te laisse mordre d’autres personnes mais je suis ta femme, je suis là pour t’aider. » D’un coup sec je tire sur la manche de ma robe de chambre. « Je sais que tu ne me verras jamais comme un gigot d’agneau saignant alors par pitié ressaisis-toi ! »
J’ai tant pleurer durant mon discours que mes yeux me brûlent. S’il refuse encore une fois, je ne saurais définitivement plus quoi faire...


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Adrian Solomos-Spade
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MessageMer 18 Mar - 20:45

Fear me i'm dangerous

J’aurais pu rester là, sur son épaule, pendant des heures. Ne serait-ce que pour me bercer de cette présence qui signifie tant pour moi. Mais je ne peux pas. C’est pourquoi je recule un peu, intimant Lælia à aller se coucher, non pas pour me débarrasser d’elle mais pour la protéger. C’est toujours ce que j’ai souhaité depuis ma transformation, lui éviter une souffrance quant à ce que je suis devenu. Mais je ne suis pas aveugle et je me rends bien compte que l’éloigner pour la protéger creuse ce trou entre nous. Ce trou qui se transforme de plus en plus en crevasse chaque jour qui passe. Pourtant, ce n’est pas ce que je souhaite. Je veux juste la protéger. Alors pourquoi ça ne fonctionne pas aussi simplement ?

J’aurais du me douter qu’un jour où l’autre, Lælia perdrait patience. J’aurais du savoir que ce geste si violent allait arriver. Et pourtant, je n’ai pas vu le coup venir. Trop absorbé par ma lutte pour éviter de lui ouvrir furieusement la gorge, je n’ai pas vu une seule seconde ne serait-ce que l’amorce de cette gifle que je reçois de plein fouet. Ma tête pivote sous le coup de l’action, ma main se posant déjà sur cette zone meurtrie par ce geste glacial. Je n’ai jamais connu ma femme dans un état pareil. Jamais je ne l’ai vu lever la main sur qui que ce soit de manière si franche et directe. J’en suis abasourdi. Sur le coup, je ne comprends pas, mais il me faut que peu de secondes pour comprendre la réelle situation. Je relève les yeux, surpris, vers cette femme que je vois pleurer sans retenue devant moi, un regard remplit de reproches, à n’en pas douter. Elle m’en veut tellement qu’elle craque.

Les mots qui suivent m’achèvent. Je ne peux rien rétorquer. Je réalise que ce n’est plus une crevasse qui nous sépare mais bel et bien un gouffre. Lælia vide son sac comme elle ne l’a jamais fait. Et cette phrase qui percute mes tympans… « Est-ce que tu penses un instant à ce que je ressens en te voyant dans cet état ?! » … me perce le cœur à vif. Je n’ai jamais voulu blesser ma femme. Je n’ai jamais agi dans le but de la faire souffrir ainsi. Je savais que la situation était délicate et que je ne lui rendais pas la vie facile depuis ce jour mais penser que c’était aussi profond ne m’est pas venu à l’esprit. « Tu as faim ! Mange donc ce qu’il y a à la cuisine ! Oh mais oui c’est vrai TU.NE.PEUX.PAS ! » Elle en devient sarcastique. A mon tour d’avoir le cœur fendu sous une telle altercation. Je reste coi un long moment en regardant ma blanche épuisée par tout ça. Je ne sais pas quoi répondre. Je suis comme mis au pied du mur par une véhémence qui me rend soudainement la vue sur tout ce qu’il se passe. Lælia souffrait-elle donc à ce point alors que je voulais juste la protéger de moi ?

« Je sais que tu ne me verras jamais comme un gigot d’agneau saignant alors par pitié ressaisis-toi ! »
Cette épaule soudainement dénudée sous mon nez me rappelle à l’ordre. Mon expression change et mon déni refait irrémédiablement surface. Il est hors de question que je me nourrisse de cette manière. Mais je finis par bouger enfin, comme réveillé par ce geste que je ne cautionne pas, et ma main attrape son poignet pour la tirer vers moi pour pouvoir caler ma tête dans son cou, non pas pour la mordre mais pour la rassurer. C’est une torture. La douleur est insupportable et mes pupilles affichent un rouge écarlate traduisant le danger de la situation. Je peux entendre et sentir le déplacement de son fluide vital comme s’il coulait à l’extérieur. Elle ne pourra pas me cacher qu’elle n’a pas légèrement peur de ce qu’il pourrait arriver. Ses battements de cœur parlent pour elle et je sens son corps se raidir doucement bien qu’elle ne bouge pas. Je ferme doucement les yeux avant de déposer un baiser dans son cou, mon autre main la calant contre moi. J’aimerais pouvoir m’exprimer avec raison. M’excuser. Lui dire que je n’ai fait tout ça que pour la mettre en sécurité. Parce que je l’aime. Mais je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus. Tout est flou. Tout s’en va.

- Tu… Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes… Tu ne peux pas… Me demander ça…

Elle ne sait pas ce que c’est que de continuer à vivre avec la peur de la saigner sans pitié. Elle ne peut pas me demander une telle chose alors que ça pourrait empirer la situation. Je n’ai pas envie de me nourrir d’elle tout comme j’ai affreusement soif. J’ai beau exprimer à Lælia mon refus, mais ma raison me quitte et ma poigne devient soudainement violente sur son poignet comme pour l’empêcher de fuir. Je crains ne plus pouvoir faire marche arrière. Je n’en peux plus… Mes lèvres parcourent alors sa peau, comme pour la sonder, me l’approprier et me rendre définitivement fou.

- Je suis tellement désolé… Pardonne-moi…

Je vais pour commettre ce que je pense comme l’irréparable mais quand les pointes de mes canines percent légèrement la peau de Lælia, j’hésite. Et alors que je me crispe en serrant fortement le bras de ma blanche, mon geste s’arrête. Je ne peux pas… Les images du rat déchiqueté quelques minutes avant me reviennent. Ce cadavre qui pourrit maintenant au sol n’est que celui d’une victime que j’ai moi-même tué par morsure pour boire. Une morsure que je m’apprête à recommencer sur ma moitié.

Non… C’est tout bonnement impossible, je ne peux pas… Je lâche toute prise et abandonne ce qui aurait pu me soulager gardant mes pupilles rouge sang et fatiguée sur Lælia.

- Et si tout… tourne mal… Que feras-tu… Que feras-tu… Quand tu réaliseras que je ne peux plus rien contrôler…
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Lælia N. Solomos-Spade
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MessageSam 28 Mar - 22:19

Je suis soudainement tirer vers l’avant avant d’être emprisonnée dans son étreinte, enveloppée par la surprise. Oui je l’ai provoqué, oui j’espérais qu’il accepte enfin de reprendre sa vie en main au lieu de se laisser crever comme une bête affamée mais je ne m’attendais pas à une telle réaction inopinée. Je suis un peu inquiète, je l’avoue, après tout je ne sais pas ce qu’il m’attend, je n’ai pas la moindre idée de l’effet qu’une morsure de vampire peut produire. J’appréhende simplement, cette crainte de l’inconnu, sans pour autant prononcer un seul mot parce que je ne veux pas qu’il s’imagine que j’ai la trouille.
    « Tu… Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes… Tu ne peux pas… Me demander ça… »
    « Je ne peux pas te regarder mourir... »
Prononcée à demi-mots, dans un murmure, je ne fini pas vraiment ma phrase. C’est presque une conversation de sourds entre deux faits qui se valent autant l’un que l’autre. Pourtant mettre autant mon époux au pied du mur ne m’amuse pas plus que cela, cela me brise le cœur d’avoir à le faire mais il faut se rendre à l’évidence : nous n’avons pas le choix. A moins de nous rentre dans la capitale des Vampires pour lui acheter de quoi se nourrir mais je sais pertinemment qu’il ne supportera pas le voyage. Il succombera à la faim bien avant que nous puisons y arriver, soit en se nourrissant enfin, et peut-être pas de la meilleure des façons, soit en.... non je ne veux même pas penser à cette optique.

Sa poigne me fait mal, plus encore quand il commence à la resserrer mais je fais de mon mieux pour ne rien montrer, ne pas lâcher un petit couinement de douleur. Je ne veux pas qu’il culpabilise encore plus à cause de cela, du moins pas avant le levé du jour quand il verra la marque qui restera sans doute, si je n’arrive pas à la dissimuler bien que je ferais de mon mieux dans ce but. Cette situation est insoutenable et lui ne cesse de s’excuser. Pourtant j’ai l’impression qu’il franchi enfin la ligne quand je sens ses lèvres frôler ma peau puis... le bout de ses canines. Je me crispe un peu et attend que la douleur me transperce, me préparant à ne faire aucun bruit, aucun mouvement qui ne puisse le traduire.

Rien. Rien n’arrive.

Je me sens repoussée en arrière, lâchée de toute poigne. Il résiste encore. Je suis perdue, il est impossible d’en vouloir à une personne qui s’accroche vainement à sa part d’humanité, qui craint pour ce qu’il pourrait se passer et qui, par-dessus tout, à peur de ce qu’elle est devenue ? Je ne sais plus que faire et je regarde, sans dire un mot, ses pupilles affamées qui me fixent pendant plusieurs minutes. Nous sommes perdus dans cette impasse et seul un sombre destin semble nous y attendre.
    « Et si tout… tourne mal… Que feras-tu… Que feras-tu… Quand tu réaliseras que je ne peux plus rien contrôler… »
Un soupire triste s’échappe de mes lèvres et j’essuie les larmes sèches qui se trouvent encore sur le coin de mes yeux.
    « Mais as-tu réfléchis à ce qu’il se passera quand tu ne tiendras plus la famine qu’hurle ton estomac ? Que feras-tu toi quand tu auras tellement faim que les petits animaux ne te suffiront plus ? Deviendras-tu fou jusqu’à aller attaquer des habitants de notre pauvre village au hasard ou t’enfermeras-tu jusqu’à ce que la mort t’emporte ? Tu crois que mon père ne m’a rien dit ? Qu’il n’a cherché aucune solution ? Nous n’avons pas le temps de faire un aller-retour jusqu’à Zaphias pour te trouver de quoi te sustenter jusque là, nous n’avons pas le choix... à moins que tu ne te sois déjà condamné sans m’en avoir parler... A quoi cela me servirait-il de rester à vivre comme cela si je suis déjà veuve l’année de mon mariage ? J’ai retourné le problème dans ma tête des dizaines et des dizaines de fois et j’en suis toujours venu à la même conclusion : je refuse de te voir mourir et je ne supporte pas que tu te nourrisses d’on-ne-sait-quoi ? Si tu tombais sur une maladie du sang, à quoi cela te mènerait-il ?! Les Dieux n’ont pas été avec nous mais je refuse qu’ils t’enlèvent à moi. Le reste ne dépend que de toi... Préfères-tu te battre pour vivre ou préfères-tu m’abandonner ? »
Il n’a que deux choix et peu de temps pour prendre sa décision, je ne le laisserais pas partir sans avoir ma réponse et mon regard trahit facilement ma pensée. Deux choix qui sont aussi dur l’un que l’autre mais nous n’avons pas le choix. Le destin nous a jouer un mauvais tour, à nous maintenant de nous montrer assez forts pour le surpasser. Je ne veux pas lui faire de reproches, je veux qu’il comprenne que son attitude ne me protège pas autant qu’il se l’imagine. A quoi bon me protéger si finalement il ne survit pas à sa nouvelle vie, cela n’a aucun intérêt. Il faut juste qu’il ouvre les yeux...
    « J’ai déjà pris ma décision. Je refuse de te voir mourir et je suis prête à prendre les risques, j’ai suffisamment confiance en toi. Je pourrais toujours garder une dague à portée de main si tu as tellement peur que cela finisse mal mais je sais que je n’en aurais pas besoin. Tu n’es pas un monstre Adrian, tu as juste changé d’alimentation. Sous ses traits fatigués, il y a toujours ce couillon qui a enragé mon père en jouant les gros durs alors qu’il avait déjà prévu de se marier à l’âge de six ans et qu’il s’est toujours pris les corrections qu’il méritait. Devenir vampire ne t’a pas changé, ce sale gosse pervers et romantique il est toujours là au fond, mais il faut que tu arrêtes de le priver de son repas. Fait nous confiance et il reviendra bien assez vite. Je te le jure. »
Que de longs monologues mais j’espérais que cela suffirait à le rassurer. J’en avais même saisi sa main pour la coller contre mon cœur. Enfin... vous voyez l’idée.


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MessageVen 24 Avr - 18:08

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Elle ne peut pas me regarder mourir… Est-ce donc ce que je suis entrain de faire… ? Me laisser mourir ? Non. Je ne fais que mettre une protection entre nous. Mais elle est bien fatale pour moi comme pour ma femme. Mes sens sont complètement altérés et mon cerveau est bien confus pour calculer mes erreurs. Comment oser penser que rester auprès d’elle en l’exposant au danger continuerait d’alimenter un tel amour entre nous ? Bien sûr que je tiens à elle. Bien évidemment que je ne souhaite pas l’abandonner. Mais la terroriser n’est pas non plus ce qui m’enchante. Je m’en veux déjà affreusement d’avoir serré ma poigne sur elle. Lælia a beau me cacher ses réactions pour ne pas me faire ressentir quelconque culpabilité, mais plus rien ne m’échappe. Flous, dérangés, mais mes sens fonctionnent encore. Et que trop bien. Je sais qu’elle appréhende. Vous parlez d’un beau cadeau de mariage…

Ses pupilles sondent mon âme, mes pensées. Je peux le sentir. Je ne suis pas fier. Je ne sais plus quoi faire ni penser. Ce soupir qui s’échappe de ses lèvres traduit une lassitude que je ne peux pas ignorer. Ça me blesse, me réveille à la fois tout comme je n’ai pas envie de céder à l’alternative de la morsure. Je suis piégé dans un cercle vicieux. « Que feras-tu toi quand tu auras tellement faim que les petits animaux ne te suffiront plus ? Deviendras-tu fou jusqu’à aller attaquer des habitants de notre pauvre village au hasard ou t’enfermeras-tu jusqu’à ce que la mort t’emporte ? » Je tourne mon visage brusquement en me mordant la lèvre inférieure pour fuir son regard et ces mots malheureusement véridiques. Quelle triste réalité que ma blanche me met sous le nez. C’est vrai… Que ferais-je quand le moment fatidique arrivera ? La folie. Des meurtres que je ne pourrais jamais contrôler avec des victimes dont elle pourrait faire partie. Tout ça pour étancher une soif qui me tue à petit feu. La honte m’envahit. Ces longues tirades me prennent aux tripes. Plus elle parle et plus je vois mon égoïsme. Comment aies-je pu la laisser seule tout ce temps… « Préfères-tu te battre pour vivre ou préfères-tu m’abandonner ? » Je suis glacé sur place. Ça me ferait presque mal d’entendre tout ça mais que puis-je dire face à la réalité des choses ? Je me retourne de nouveau pour venir prendre le visage de Lælia entre mes mains, posant mon front contre le sien.

- Je n’ai jamais voulu t’abandonner… Jamais. J’ai juste… Je voulais juste…

Je ne trouve pas mes mots. Chaque pas proche d’elle réalimente ma soif. Mon cœur se serre tellement son odeur envahit tout mon être. Ça me fait mal. « J’ai déjà pris ma décision. Je refuse de te voir mourir et je suis prête à prendre les risques, j’ai suffisamment confiance en toi. » Et elle continue dans un monologue qui m’échappe un peu parfois mais contre toute attente, certains mots réussissent à me faire sourire doucement malgré la douleur. De tous les hommes, je suis bien le plus chanceux. Autant de dires aussi rassurants venant d’une tout juste épouse devant une situation dangereuse et délicate, manquant de faire basculer notre mariage dans l’ombre, c’est inespéré.
Combien d’entre elles auraient pris peur et seraient parties ? Abandonnant leur mari à leur triste sort pour échapper à la mort qu’ils seraient capables d’engendrer par accident. Mais Lælia reste. Elle est toujours restée. Et moi, je n’ai rien vu sous cet angle, trop aveuglé par une cause que j’estimais juste. Quel abruti. « Fais-nous confiance… »

Sa main guide la mienne sur ce cœur qui bat fortement. Un cœur que j’ai tellement voulu et qu’il serait regrettable de jeter par ingratitude. Je viens l’embrasser tendrement agrippant son poignet sous le geste.

- Je ne voulais pas que tu souffres autant. Je n’ai jamais voulu que tout ça n’arrive. Au lieu de t’offrir tout ce que j’ai toujours souhaité pour toi depuis ces années, tout a été ruiné. J’ai cherché tous les moyens possibles pour t’éviter des peines inutiles. J’ai vraiment cherché…

Je me refuse encore à la mordre. Je ne sais pas ce qu’il se passera. Si je serais capable de tenir ma soif ou si je serais sans pitié à lui en faire mal. Pourtant, toute cette élocution me touche. Je ne veux pas la perdre. J’attire doucement son poignet près de mon visage et au lieu de m’acharner sur sa gorge, je viens planter mes canines dans cette chair, pensant satisfaire un début de soif sans en faire de trop. Lælia ne bronche pas. Du moins, c’est ce qu’elle tente de me faire croire. Les pulsations de son cœur se sentent dans cette piqûre. Des battements plus rapides trahissant une légère frayeur. Qui n’aurait pas peur de toute façon. Et comme un idiot, j’ai cru que ce geste suffirait. Mais le sang qui coule dans ma gorge réveille une soif bien plus grande. Mes pupilles se dilatent et la force de ma poigne s’agrandit. Je meurs trop de faim pour me contenter de ça… Quelle connerie que je viens de faire.

Je retire mes canines de son bras, laissant ce fluide vital couler sur sa peau. Je n’ose pas la regarder. Mais je ne peux plus faire marche arrière. Il m’en faut plus mais j’ai tellement honte de faire face à un possible visage effrayé que je viens me caler dans son cou sans même donner une chance à ma compagne de s’échapper. Un murmure s’échappe de mes lèvres alors que ces dernières frôlent cette veine source de salut.

- Je ne veux vraiment pas faire ça mais je n’ai plus le choix… Ne m’en veux pas… Je t’en prie, ne m’en veux pas… Je t’aime vraiment…

Celui qui, un jour, a dit que l’être masculin ne pleurait pas par force et fierté n’est qu’un imbécile qui n’a rien connu de la souffrance. Mes larmes coulent bel et bien, même si Lælia ne le voit pas. Mais ces perles salées qui humidifient sa peau la mettent probablement dans la confidence de ma tristesse. Je ne sais pas si elle a le temps de remarquer quoi que ce soit que je sens déjà son corps se crisper sous une morsure que je ne retiens plus. Un spasme violent alors qu’elle s’agrippe à moi sous la surprise. J’ai atrocement besoin d’étancher ma soif et cette promesse que je m’étais faite est sauvagement rompue par un destin qui en a voulu autrement. Je m’en voudrais toute ma vie pour ça…
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Lælia N. Solomos-Spade
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Lune du jour
MessageLun 4 Mai - 11:11

Il essaye de s’expliquer ou alors il cherche à s’excuser, je ne sais pas vraiment. Ou peut-être qu’il ne fait qu’une triste constatation de comment il voit les choses. Depuis qu’il a été mordu, Adrian broie un noir plus sombre qu’une nuit sans étoiles, trop pessimiste, s’imaginant qu’un monstre risquant de m’ôter la vie à chaque instant. Ou est-ce moi qui suis trop optimiste, trop confiante ? Sans doute y a-t-il un peu de vrai dans les deux, sans doute que le risque zéro n’existe pas pour ce cas contrairement à ce que je semble tant penser. Oui je reste persuadée que dans la finalité, il n’y a rien à craindre, qu’Adrian ne sera jamais comme celui qui lui a fait cela. S’il y a bien un monstre c’est ce vampire-là. Uniquement.

Quand il vient saisir mon poignet, je mets quelques secondes avant de comprendre la raison de son geste. J’ai tout d’abord cru qu’il cherchait encore une manière de se défaire de cette vérité, de chercher un moyen de ne pas commettre ce geste dont il a tant besoin. S’il avait vraiment recommencé à fuir dans cette quête de l’éternel protection, je n’aurais plus su quoi faire de plus. Quoi de pire que d’avoir à imaginer qu’il serait possible que votre époux devienne une créature à abattre telle une Balverine. Sauf que ce n’est, et heureusement, pas le cas cette fois. Je suis soulagée de constater qu’il a compris l’enjeu, que se nourrir de cette façon n’est pas un mal mais je ne sais pas vraiment s’il arrive à se convaincre lui-même réellement.

Cette piqûre est tout de même plus douloureuse que je ne le pensais. J’essaye de montrer que cela ne me fait pas mal, sinon il risquerait de s’arrêter à nouveau pour s’enfermer dans cette carapace. J’espère seulement que ça a meilleur goût que le sang de rat et que ça le convaincra de ne plus manger n’importe quoi. Sans abuser des bonnes choses non plus, évidemment. La sensation est un peu étrange une fois les nerfs calmés… mais il s’arrête bien rapidement avant de m’attraper dans une étreinte, enfouissant son visage dans mes cheveux.
    « Je ne veux vraiment pas faire ça mais je n’ai plus le choix… Ne m’en veux pas… Je t’en prie, ne m’en veux pas… Je t’aime vraiment… »
    « Adrian… »
Je voulais répondre, je savais au fond que c’était trop facile et qu’il ne pourrait accepter ce destin si facilement. Il est vrai que je n’ai qu’un regard extérieur et que je ne sais pas ce que peut vraiment représenter cette soif de sang dont il souffre tant. Je sais cependant que de nombreux vampires vivent leur vie sans être considéré comme des êtres non civilisés sans dignité, sans foi, ni loi. Tous cohabitent sans accros avec les autres races du pays. Du moins c’est ce qui devrait être, il y a forcément des parias et des criminels, et notre ménage en a fait les frais. Je ne peux donc, malgré tout, pas voir la chose de manière négative. Certes c’est un repas un peu particulier et beaucoup pourrait trouver cela malsain mais c’est toujours mieux que d’avoir à saigner un pauvre animal qui pourrait être une mère et avoir une portée. Non ?
    « Il n’y a rien à… »
Pardonner. Je ne peux pas lui en vouloir, pas pour quelque chose que j’ai moi-même provoquer. J’avais pourtant trouvé les mots qui avaient eu tant de mal à sortir mais je n’ai pas réussi à sortir cette pauvre petite phrase. Je sens à nouveau ces aiguilles se planter en moi, dans mon cou cette fois. La sensation est différente de la première fois, plus forte et sans coupure puisqu’Adrian ne s’arrête pas aussi brusquement. Quand il m’avait mordu au poignet, je n’avais pas réussi à mettre le doigt sur ce sentiment que cela procuré, alors j’avais brièvement pensé que c’était juste le fait que le sang était aspiré hors de la veine, comme un chatouillis un peu bizarre. J’étais à des lieux de la vérité. Ou peut-être que c’était dû à l’étreinte, à notre position relativement proche. Je n’en sais rien. Mais c’était tellement étrange de ressentir ça à ce moment précis. Le tiraillement de la morsure n’a pas le temps de se faire ressentir, cette dernière en devient même rapidement agréable. Quelque chose me dit que ce n’est pas normal. Peut-être est-ce juste moi ? Non… Adrian est un vil gamin quand il s’agit de m’enquiquiner mais je n’ai jamais été de ce genre-là.

J’essaye de réfléchir, de comprendre ce qu’il se passe mais ma tête se vide. Complètement. Voilà ce qui arrive quand on ne connait pas les effets que procure une morsure de Vampire. La faim la fait durer un certain temps, augmentant cet aphrodisiaque qui s’écoule dans la jeune femme. Personne n’est capable de résister à ce baiser si particulier, de réprimer les effets qu’il fait naître dans le corps de la « pauvre » victime. La demoiselle ne contrôle plus rien et, après plusieurs minutes, se laisse aller à une conclusion digne de leur première nuit de noces. L’échange s’arrête là, sous le regard interloqué des deux amants. A croire qu’il était tout aussi ignorant que sa belle, ce qui n’est pas surprenant tout compte fait. La pauvre dame voit d’ailleurs ses joues s’empourprer violemment sous le coup de la surprise… et de la gêne.
    « Tu… tu… tu aurais pu prévenir ! Vil ! Chenapan ! »
Un coup se perd dans les côtes du pauvre homme…
… mais ça aussi c’est une piqûre.


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Adrian Solomos-Spade
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MessageJeu 2 Juil - 17:49

Fear me i'm dangerous

Je ne me reconnais pas. Moi qui ai lutté avec une force mentale inouïe, c’est comme si tout s’écroulait. Non pas que mes convictions me paraissent soudainement futiles mais juste à cause de cette odeur… La tête dans le cou de ma promise, je ne peux plus lutter. C’est comme si les effluves émanant de sa peau étaient un appel à la luxure. C’est enivrant. Mes pupilles rouge sang traduisent l’inévitable et mes crocs se plantent sauvagement dans cette chair que j’ai tant voulu épargner. Et le plus affolant, c’est que je ne culpabilise même pas face à ce soubresaut violent. Dès lors que son sang touche mes lèvres, il n’y a plus d’esprit, il n’y a plus de raison. Rien. Les larmes synonymes de ma tristesse sont oubliées. Je ne pensais pas que mon état était rendu à un stade aussi critique. Je m’en veux. Je m’en voudrais. Mais là, tout de suite, j’apprécie malheureusement ce que je suis entrain de faire. Suis-je devenu un monstre ? Comment Lælia réagira-t-elle après ça… ?

Mon étreinte devient plus forte au fur et à mesure que ce liquide pourpre coule dans ma gorge. J’ai un temps d’absence que je suis incapable de calculer. Tout s’efface. Je suis obnubilé par ce goût ferreux, cette odeur et le bien fou que ça me procure. Lælia pourrait en souffrir ou démontrer des douleurs explicites que je ne m’en rendrais même pas compte. Je lui tiens le bras et le cou avec véhémence, comme si j’avais peur qu’elle se dérobe. Ma morsure se fait même plus profonde. C’est une situation bien trop dangereuse mais je ne suis plus en état de m’en apercevoir. Je ne peux plus m’arrêter. Le sang gouté au poignet de ma blanche était salvateur mais là, c’est plus que ça. Je suis à la source même du meilleur nectar qui puisse couler.

Non seulement je me nourris mais je ressens également quelque chose de beaucoup plus particulier. Impossible à décrire avec des mots mais ce qui est sûr c’est que je ne suis pas en mesure de retirer les canines tant que ce cœur bat aussi singulièrement. Je sens comme des réactions qui me sont familières. Un pouls rapide mais serein, une respiration saccadée, des soubresauts qui, contre toute attente, ne traduisent aucune douleur mais plutôt comme quelque chose d’agréable. Je ne comprends pas. Et même si je voulais comprendre, mon esprit est encore bien trop loin pour ça. C’est ce doux gémissement digne d’un orgasme qui me réveille. Très vite, mes canines se retirent de cette chair meurtrie alors que mes yeux écarquillés de surprise contemple cette femme aussi rouge tomate que lors de sa première fois.

« Tu… tu… tu aurais pu prévenir ! Vil ! Chenapan ! » Prévenir de quoi ? Je n’étais même pas au courant de ce qu’une morsure pouvait engendrer. Je n’ai fais que satisfaire un besoin vital. Mais j’étais loin d’imaginer un tel résultat de plaisir pour la « victime ».
Pour la victime mais également pour le Vampire qui mord. Parce que maintenant que mon cerveau reprend sa place parmi la réalité, je me rends compte que ça n’a pas fait effet que sur Lælia… sans rentrer plus dans les détails. Je ne peux pas me retenir plus et un rire sort sincèrement du fond de mes entrailles. Appelons ça les nerfs qui lâchent ou je ne sais pas… Le coup que je reçois dans les côtes s’efface dans cette crise passagère.

- Je t’assure que je ne le savais pas ! Pour une fois c’est vrai ! Mais… même si j’avais été au courant je n’aurais rien dit. C’est tellement plus jouissif de voir cette réaction de ta part.

Des mots sortis avec tant de naturel. Comme si j’étais toujours le Adrian que Lælia a connu. L’humain que j’étais, toujours taquin et sans gêne avec elle. Et pourtant, je viens de la mordre violemment, menaçant de la vider de son sang. J’esquive un autre coup. Ah. Je me sens mieux. Plus vif. Plus… vivant. Un sourire innocent se dessine sur mon visage alors que je passe mes doigts sur mes lèvres pour nettoyer les dernières traces de sang. C’est étrange de voir à quel point je me sens naturellement comme avant alors que j’étais au bord de la mort il y a quelques minutes. Est-ce dont la réellement les effets de ce fluide chez un vampire ? C’est étonnant tout comme effrayant à la fois.

Je ne laisse pas ma femme seule dans la gêne plus longtemps. Une envie immense de vouloir rassurer Lælia me prend et sans perdre un instant, je viens la prendre dans mes bras, glissant un baiser dans son cou. Je veux lui faire oublier ce mal que je lui ai fait endurer pendant tout ce temps. Lui montrer que maintenant que le cap a été passé, je ferai au mieux pour rattraper le temps perdu. Je veux la remercier. Tout simplement. La remercier d’être restée et d’avoir inlassablement cru en notre couple alors que j’avais dérivé dangereusement. Mais la réalité me rattrape. Je me rends compte de l’ampleur des dégâts. La morsure est horrible. Ces deux points dessinés sur sa veine sont d’une taille impressionnante. Bien que ne ressemblant à de vulgaires petits trous, leur diamètre et leur profondeur semblent infinis, comme si j’avais mordu jusqu’à ce que mort s’en suive.

La hantise me revient alors que je viens porter mes doigts sur la plaie toute fraîche de ma compagne. Comment aies-je pu faire ça. Un cap passé oui, mais quel résultat aies-je là ? Une peau meurtrie et peut-être bien un manque de sang pour elle maintenant. Lælia ne dit rien concernant tout ça mais je suis persuadé de lui avoir fait mal. Mes pupilles maintenant calmes se remplissent de honte à nouveau. Je n’ose pas regarder ma femme en face. Même après lui avoir donné un si bon plaisir inopiné.

- C’est… une sale blessure.
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MessageMer 29 Juil - 20:42

C’est qu’il se met à rire en plus le bougre ! Et pas qu’un peu… Ah ! AH ! Quelle andouille ! En plus il prétend qu’il n’en savait rien mais que si ça avait le cas il aurait tout de même tu la chose. J’aurais dû m’en douter ! Mon expression surprise laisse place à une plus boudeuse, mes yeux exprimant un reproche enfantin comme à chaque fois qu’il me faisait ce genre de coup. Je ne pense pas qu’il me mente, en fait j’en suis persuadée, sinon il ne se serait pas laisser mourir de faim ainsi et en aurait surement profité. Ce n’est pas avec ce genre de détail qu’il en arriverait à me vider de mon sang…
    « Fait pas l’innocent espèce d’empoté ! Tête de pioche ! Andouille ! Tu mériterais que je te pende par les pieds pour tous ses ascenseurs émotionnels non mais ! »
Des reproches ? Non, il faut plutôt y voir une réaction un peu immature d’une pauvre jeune femme perdue entre deux feux. Le retombé d’un stress devant un homme qui se laissait mourir qui vient enfin de retrouver son humour taquin. Heureusement que ses cheveux étaient naturellement blancs à cette pauvre petite dame.

Je lui redonne autant de coups que possibles, j’en aurais presque envie d’avoir un coussin sous la main pour le lui écraser sur le crâne, histoire de lui remettre un peu les idées en place. Sauf que je n’ai que mes poings de disponible et que l’effet escompté est plutôt raté... il ne fait que rire davantage. Ne réussissant qu’à m’arracher un « Sale gosse ! » au passage. Cette scène pouvait paraître ridicule comparé à ce qu’il venait de se placer un petit peu plus tôt. Oh non je suis sûre qu’elle l’est, ou du moins carrément décalée. Comme si nous avions basculé dans un autre espace-temps. Peut-être n’est-ce que nerveux et que l’ambiance s’estomperait petit à petit pour redevenir comme avant. Pourtant ce n’est pas ce que je souhaitais.
    « C’est… une sale blessure. »
Nous y voila déjà, Adrian revient sur ce fâcheux sujet après avoir saisi mon poignet pour observer la plaie. Sans réfléchir très longtemps et sans attendre qu’il recommence à broyer du noir, je lui colle une pichenette sur le front. Sans y aller de main morte, le claquement que le geste produit est d’ailleurs assez significatif. Le pauvre ne devait pas s’y attendre à celle-là mais... il l’avait bien chercher ! Zut alors !
    « Ce n’est qu’un peu de sang, si tu mangeais proprement... Il suffira de nettoyer la plaie et il n’y aura que deux traces de canines... tu n’as pas non plus essayer de m’arracher un morceau de chair... » Ça peut paraître un peu cru mais ce n’est que la vérité et j’espère bien qu’il se mettra enfin dans le crâne qu’il y a pire que ça dans la vie. « J’espère juste que tu n’as pas la rage avec tout ce que tu as dû manger pour survivre jusque-là... » Par contre, cette remarque était vraiment très dure, je le conçois mais ce n’était qu’un autre électrochoc pour lui prouver une fois de plus que son entêtement ne pouvait être mauvais pour nous deux à long terme. « Allons, allons, ce n’est rien mais cesse de te faire un sang d’encre pareil. Rends-toi juste compte de la réalité des choses... affamé tu aurais fini par vraiment me dévorer ou pire encore... et cette morsure n’est pas si grave, ça pique à peine. Ce n’est pas plus grave que les courbatures, les foulures ou que sais-je encore des entrainements de papa. D’ailleurs c’est plutôt de lui que tu devrais avoir peur s’il apprenait que tu avais fait pleurer sa petite fée chérie. »
Quelle situation je vous jure. Peut-être la prenais-je un peu trop à la légère mais à quoi cela servirait-il de vivre une vie si on s’arrête à chaque cm devant le moindre petit obstacle insignifiant ? Ce n’est pas celle que j’ai envie de vivre, cet obstacle n’est pas une raison suffisante pour tout envoie voler et changer mes plans. Ces mots étaient durs mais nullement tintés de reproches. Ce n’était qu’une constatation, accompagné d’un soupçon de plaisanterie assez légère pour détendre la chose mais pas trop pour ne pas la rendre ridicule. J’ai tenté pendant longtemps de prendre des gants et d’y aller en douceur pour ne rencontrer que de la fuite. Aujourd’hui je prends le taureau par les cornes, espérant enfin que le message sera assez percutant pour qu’il passe dans cette petite tête dure.
    « Je vais aller mettre un bandage et nettoyer, ça suffira. Je pense que tu as assez mangé vu que ton humour grivois est de retour... C’est dingue, j’aurais jamais cru qu’il me manquerait... et puis... » D’un geste auquel il ne s’attendait justement pas, je lui attrape une oreille pour la lui tirer un peu, juste histoire de. « Tu peux bien ricaner de ma réaction mais depuis tout à l’heure je sens un truc dur contre ma cuisse et je ne suis plus une jeune fille innocente pour me demander ce que c’est alors t’es peut-être plus silencieux mais... »
Sans finir ma phrase, car il verra très bien où je veux en venir, je me lève en vue de me diriger vers la salle de bain située à l’étage. Quelque chose me dit que j’ai peut-être un peu trop parlé...


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Adrian Solomos-Spade
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MessageMer 19 Aoû - 22:17

Fear me i'm dangerous

« Fait pas l’innocent espèce d’empoté ! Tête de pioche ! Andouille ! » S’il n’y avait pas l’hantise de cette blessure qui me met face à ma nouvelle nature que je ne peux malheureusement plus ignorer, je passerais encore ces quelques minutes à rire face à la réaction de ma compagne. Voir cette mine boudeuse de Lælia est toujours un pur délice malgré le temps qui passe. Ce que j’aime la faire tourner en bourrique de la sorte. Ces réactions sont toujours là pour me rappeler que je ne me lasserais jamais de lui faire apparaitre ces couleurs rougies sur le visage accompagnés de ces yeux pétillants de gêne.
Mais la réalité m’empêche de profiter de ce quotidien qui revient après un si long moment d’absence. Je devrais me réjouir de voir ma femme retrouver goût à la vie en appréciant mon « retour ». Faire comme si tout était un lointain passé et que maintenant, tout ira bien. Mais je n’y arrive pas. Si ces effets étranges n’avaient pas amené Lælia à cette jouissance ou pire encore, s’ils ne m’avaient pas stoppé dans cet élan de soif intense, que serait-il advenu... Ca aurait pu mal finir. A en voir cette plaie, qui me dit qu’elle n’aurait pas fini comme ce dernier rat que j’ai saigné quelques heures auparavant ?

Un bruit sourd me réveille. Ce n’est pas une gifle comme celle donnée auparavant mais cette pichenette est assez forte pour me sortir des ténèbres qui reviennent à grand pas. Une fois de plus, je suis surpris. Lælia est sans nulle doute aucunement la même quand il s’agit de moi et de l’amour qu’elle me porte. C’est si difficile de se convaincre qu’une telle hargne sérieuse se cache derrière cette douce blanche. Ainsi que de tels mots piquants et efficaces. « J’espère juste que tu n’as pas la rage avec tout ce que tu as dû manger pour survivre jusque-là... » Je redresse mon regard écarquillé, contrôlé par la réalité de cette situation. Elle serait presque cruelle. Mais comment lui en vouloir après tout ce qu’elle a vécu à cause de moi. Je laisse échapper un sourire amer en coin, passant mes doigts sur sa plaie encore fraîche.

- Tu ne mâches pas tes mots dis-moi. Tu dois avoir beaucoup sur le cœur.

J’en suis désolé. Mais une sale moue vient allumer mon visage à l’entente du paternel de Madame. Ah la vile... ! Je ne peux m’empêcher de lui tirer le bout de la langue en pestant intérieurement avec une attitude de gamin.

- Ah... Tout de suite les grands mots ! J’en n’ai pas peur de ton paternel... Qu’il vienne !

Il ne manquait plus que le Vieux à immiscer dans la conversation pour que tout redevienne vraiment comme avant. Comme si rien de tout ça n’était arrivé. J’ai presque honte de prendre les choses ainsi tout comme j’aimerais crier à Lælia qu’elle ne comprend pas le danger et qu’elle ne se rend pas compte de ce qui aurait pu se passer. Encore une fois, c’est un cercle vicieux où dans lequel chacun de nous tient ses positions sans réellement comprendre l’autre. Je soupire en coin en regardant cette petite malicieuse en coin pendant qu’elle se familiarise de nouveau avec mon humour grivois comme elle le dit si bien avant que...
- Qu’est-ce que...

Mon oreille est tirée et dans un geste vif, me voilà près de mademoiselle qui me sermonne sur... ... A croire que jamais, depuis tout ce temps, cette merveilleuse épouse ne comprendra qu’il ne faut jamais... mais JAMAIS me parler ainsi. Mon embarras est vite surpassé par mon machiavélisme qui se déclenche dans les secondes qui suivent ses mots vicieux. Il est vrai que les effets de cette Morsure sont encore bien présents sous la ceinture mais au vu de la situation, j’ai tout fait pour garder une contenance raisonnable. Et voilà que cette pauvre innocente a tout gâché. Son départ est interrompu. Je la rattrape vivement par le poignet, la ramenant sans aucune chance de fuite contre moi, l’installant sur mes genoux, face à mon sourire carnassier.

- Tu vas où comme ça...

Mon regard avide de bien plus soudainement veut tout dire et Lælia s’en doute au point de se dire qu’elle n’aurait peut-être pas du prononcer ces derniers mots bien trop provocateurs à mon goût. Son faciès se tord sous une fausse incompréhension et ses pommettes virent déjà vers ces couleurs tant appréciées. Me retrouvant maintenant dans un état sain et de nouveau comme avant, je ne peux pas ne pas me jeter sur cette occasion pour la taquiner.

- Tu es restée bien trop loin de moi pendant tout ce temps...Tu mettras un bandage plus tard...

C’est plutôt l’inverse. C’est moi qui suis resté loin d’elle... Je plonge ma tête sur sa plaie que je revisite avec le bout de ma langue baladeuse. On dit que la salive est un bon cicatrisant. Ça fera l’affaire le temps qu’il faudra.

- Je peux t’assurer qu’avec ou sans, tu ne sentiras pas la différence. La douleur sera vite oubliée.

Ce n’est évidemment plus contre sa cuisse qu’elle sent un truc dur et je ne tarde pas à me rendre compte du résultat. Ses doigts posés sur mes épaules se crispent doucement, me balançant quelques mots faiblement méchants pour me faire comprendre que je n’ai pas le droit de faire ça. Mais elle comme moi savons très bien comment ce genre de provocation finit. Mes bras glissent autour de sa taille avant de venir lui couper l’envie de continuer à râler, m’emparant de ses lèvres avec passion.

Non. Ce n’est pas un acte d’envie violente ou que sais-je. Si je montre autant d’ardeur soudaine envers ma jeune épouse, c’est pour démontrer bien plus qu’une simple envie charnelle. Trop de temps a été perdu et surtout, Lælia a souffert bien trop longtemps en restant seule, sans aucun appui de ma part pour faire face à cette situation désespérante. Je veux juste la remercier. La remercier d’avoir tenu et de m’avoir réveillé. La remercier d’être toujours là. Et les mots de sont pas suffisants pour dire tout ça. Je veux lui faire comprendre à nouveau à quel point je l’aime avec une étreinte amoureuse aussi forte que ce manque qu’elle a du endurer par ma faute... Lui faire oublier ces larmes qu’elle a versé qui sont si douloureuses pour elle...
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Lælia N. Solomos-Spade
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MessageVen 18 Sep - 1:08

A chaque fois c’est la même chose, je parle trop vite pour me rendre compte immédiatement après de ma boulette. Sauf qu’il est déjà trop tard et que j’ai déjà fini entre les griffes d’une andouille de mari qui ne loupera jamais de pareilles occasions. Je devrais le savoir, enfin justement je le sais mais à chaque fois c’est le « faux pas » et je me fais dévorer tel l’agneau esseulé qui a croisé le loup en pleine forêt durant la nuit. On ne peut pas dire que je proteste vraiment, enfin bien que je proteste à chaque fois avec plus ou moins de convictions et que je me sens toujours un peu bête à chaque fois, et encore moins que cela me déplaise. C’est un peu plus compliqué que cela dira-t-on, c’est comme cela que l’on fonctionne depuis des années et je gagne sur d’autres terrains très facilement. Ça compense.
    « Je peux t’assurer qu’avec ou sans, tu ne sentiras pas la différence. La douleur sera vite oubliée. »
    « Adrian ! Tu ne peux pas sortir ça comme cela ! Ce n’est pas.... ! »
Toute contestation est vaine, je peux maugréer tout ce que je veux, de toute façon nous savons tout deux comment cette histoire va finir. Ce n’est pas ce que j’appellerais une réconciliation sous la couette - surtout qu’il n’y a pas de couette pour commencer, mais je m’égare - malgré les mots durs, malgré les vérités blessantes dites sans que le moindre gant ait été pris. Parfois les faits avaient besoin d’être posés tel quel même si ça faisait un peu mal, il n’y avait eu aucune dispute et je suis heureuse de voir qu’Adrian l’avait compris sans se braquer pour s’enfuir à nouveau dans cette mauvaise spirale qui le tuait petit à petit pour ne plus voir cette triste vérité.
 
Non.
 
J’appellerais ça plutôt des retrouvailles, une page qui se tourne sur une vierge où tout pourrait être réécrit sans oublier le passé. Un nouveau chapitre qui accepte le passé pour continuer sur un futur où les obstacles seront surmontés, où la nature sera accepté telle qu’elle est conçue et les habitudes changées en fonction mais pas trop non plus. Qu’importe ce qui arrivera tant qu’il ne sombre plus, le plus important est de continuer ce petit bout de chemin ensemble. Je suis rassurée mais au fond de moi je sais qu’il y aura déjà un souci hautement plus délicat que la situation m’empêche d’évoquer - et que je préférais tout de même garder pour plus tard quand les choses se seront calmées et ne pas le faire déprimer à nouveau - mais... nous ne pourrions ignorer bien longtemps ce fossé qui nous avait soudainement séparé d’une façon bien particulière.
 
Il était devenu éternel tandis que j’étais toujours une mortelle. C’était un changement qui remettait pourtant tout en cause et qui pourrait nous causer beaucoup de tord. Je n’oserais même pas imaginer comment on pouvait vieillir en voyant sa moitié figer dans le temps... et inversement. Peut-être était-ce même une situation bien pire que cette séparation. Qu’est-ce que je raconte... la séparation avait été bien plus horrible mais finalement le futur ne s’annonçait pas aussi facile que cela et je connais trop bien mon époux pour savoir qu’il ne se résoudra pas facilement à la solution la plus évidente qui s’offrait à moi. Seul l’avenir nous le dira, pour le moment il était plus sage de retrouver une présence qui retrouvait enfin le coté longuement abandonné du lit conjugal.
 

Deux mois plus tard, le sujet n’avais toujours pas été abordé mais je voyais bien que je n’étais pas la seule à m’être rendue compte de l’évidence et qu’Adrian se refusait de l’évoquer, pour le moment. Heureusement il avait plus facilement accepter de se nourrir de façon raisonnable plutôt que sur des rats et autres pauvres petites bêtes. Il avait fallu de longues discussions pour le rassurer sur le statut de Calice, lui démontrer que cela ne faisait pas de l’humain un simple garde manger et que le lien qui s’en dégageait était tout aussi fort, ou presque, que le sentiment qui nous avait toujours unis. Puis, les effets de la morsure n’était pas pour lui déplaire et il ne s’en cachait pas vraiment.
    Jusqu’à la fameuse nouvelle. « Adrian... faut installer une nouvelle chambre, avec un nouveau lit... plus petit. » On ne peut pas dire que j’avais été très douée pour annoncer la chose subtilement, je n’avais pas eu de personne à qui demander conseil et, à vrai dire, la manière dont il avait glissé du canapé avait été plutôt marrante.
Sauf qu’il avait fallu deux lits de plus, et un nouveau trois ans après. La perspective d’une famille unie avait rendu les choses bien plus faciles et heureuses. Laisser le temps et la vie nous enlever notre bonheur avait été hors de question et finalement j’étais passé de l’autre coté. Mon cœur pleurait mon père mais le hasard l’avait fait devenir l’un des nôtres également attaqué par ce même être qui avait tout fait basculer, évidemment elle ne se doute pas de la vérité quant à cette histoire. Jamais je ne regretterais ce qu’il nous ait arrivé, même si le destin a été malicieux avec notre benjamine et si nous avions jamais pu arrêter le criminel qui nous avait fait subir tout cela. Je suis forte avec les miens, je n’ai pas peur. Jamais.


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Adrian Solomos-Spade
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MessageVen 9 Oct - 18:16

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« Adrian ! Tu ne peux pas sortir ça comme cela ! Ce n’est pas.... ! » Oh si je le peux. Nous savons tous les deux que je le peux et que je ne me gênerai jamais pour me prêter à ce petit jeu dès que l’occasion se présente. Et c’est une occasion unique pour justement  jouer ainsi et afficher cette facette de moi trop longtemps oublié par mon épouse. Il ne s’agit pas là de faire oublier à Lælia mon comportement très peu réfléchi. J’ai été stupide et jamais je ne pourrai effacer mon égoïsme. Une erreur qui aurait pu coûter cher à notre couple. Et ce n’est pas moi qui viens de le sauver. Oh non. Sans la volonté et l’amour de ma moitié, nous serions encore entrain de nous enfoncer dans la pénombre jusqu’à ce que tout soit terminé. Comment effacer ces actes bien trop pesants ? Ils seront toujours là, à remonter à la surface quand les moments de souvenirs douloureux seront de retour. Mais maintenant, je veux juste lui faire comprendre que je suis de nouveau là, auprès d’elle. Et qu’importe ce qu’il pourra arriver.

C’est une réconciliation plutôt agréable, certes. Le canapé s’en souviendra sûrement longtemps. Mais pourtant, il est impossible de dire que tout ça, c’est terminé. Pour une nuit, probablement. Et sûrement pour les jours qui vont suivre. Mais loin d’avoir tout enduré, il y a encore plus délicat à affronter. Même si tout les soucis semblent effacés depuis cette nuit où j’ai volé le sang de celle que je chéris le plus pour la première fois, je ne vais pas mettre longtemps à faire face à une bien triste réalité. Mes années de vie sont figées dans le temps depuis ce jour où j’ai été mordu et transformé. Et ça, je n’y peux rien changer. Seul à garder une jeunesse éternelle alors que Lælia sera condamnée à vieillir et à mourir avant moi sans même que je ne puisse la suivre un jour. Des solutions, il y en a. Mais me résigner à m’abreuver à sa gorge régulièrement a été une épreuve sans merci. Alors me demander de... Non. Impossible. Même pas en rêve. Je ne peux pas...

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Il nous aura fallu deux mois. Deux mois avant de se rendre compte que le destin continue et continuera de s’acharner malgré tout. Mais encore une fois, j’ai fais l’égoïste. Au lieu d’étaler le sujet sur la table, j’ai préféré fuir. Jusqu’au jour où... « Adrian... faut installer une nouvelle chambre, avec un nouveau lit... plus petit. » Ah ça, pour glisser du canapé, ça n’avait pas loupé. J’avais complètement raté une étape dans la procédure pour s’asseoir sans se louper. Des mots prononcés avec une légère pointe de maladresse et pourtant avec tant de naturel, comme Lælia sait si bien le faire sans s’en rendre compte. Impossible de douter. Il était évident qu’elle ne se jouait pas de moi et qu’elle m’annonçait plus ou moins implicitement que la famille allait s’agrandir. Jamais je n’aurais cru que la vie aurait pu continuer ainsi malgré tout ce que nous avions subi. Et je n’étais... surtout pas prêt. Pas en tant que buveur de sang. Des enfants ? Oui mais à quel prix... Les larmes de joies étaient sincères mais derrière...
Comment allions-nous supporter les aléas creusés par les différences de races ? Je ne pouvais plus fermer les yeux. Et la naissance de ce que nous pensions être qu’un enfant qui, finalement, s’annonça être des jumeaux ainsi que celle de notre dernière fille quelques années après, me donna le courage d’affronter cette discussion que nous ne pouvions plus éviter.

- Il n’y aura aucune marche arrière possible. Tu le sais ça...

Bien évidemment qu’elle le savait. Et sa décision était prise. Vivre en voyant ses proches immuables face au Temps. Quel supplice, je dois bien l’avouer. Il a fallu se faire à la dure acceptation de faire de ma propre épouse une Enfant de la Nuit afin qu’elle puisse profiter autant que moi de cette famille tant désirée. Mais je me souviendrais à jamais des traits de douleur qui ont animé Lælia durant le supplice de la transformation. Un acte qu’aujourd’hui encore, j’ai du mal à oublier. L’aurais-je finalement conduit sur un chemin plus dangereux encore qu’avant... ? Probablement. Sûrement même. Sans parler de nos enfants qui ne seront jamais à l’abri du danger.

Je sais, même encore maintenant, que je ne suis coupable de rien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais pu éviter tout ça. Mais ce n’est pas pour autant que j’en ai oublié le bonheur de Lælia par dessus tout. Elle qui a tant surmonté pour que nous puissions en arriver jusque là. La regarder se ronger les sangs silencieusement face à l’idée de perdre son paternel. Elle m’en voudrait tellement aujourd’hui si jamais elle apprenait que je suis celui qui a fait en sorte qu’elle puisse avoir son père près d’elle à tout jamais. Samuel et moi gardons ce secret bien enfoui au fond de nous. Ce qui compte, c’est qu’aujourd’hui, malgré un passé douloureux, nous puissions vivre ensemble de nouveau. Et même si jamais plus rien ne sera comme au tout premier jour, la vie continue.

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De nombreuses années plus tard

- Ah mince... Lælia ? Je suis sûr que tu as quelques minutes de libre pour rendre un énorme service à ton mari que tu aimes tant et...
- ... Qu’as-tu encore manigancé dans mon dos ?
- Moi ? Rien voyons... Tu sais bien que jamais je m’y prendrais à la dernière minute pour te prévenir que nous avons de la visite dans exactement quelques minutes. Un individu lambda qui vient et qui probablement restera quelques jours. Mais je t’assure que je comptais te le dire... Comme toujours.
- Ne me dis pas que...
- Chhht... Tu n’as plus que trois minutes pour préparer la chambre d’ami. Promis je t’inviterai en tête à tête pour me faire pardonner.
- Adrian !

Aies-je oublié de vous dire que mon frère était revenu parmi nous ? Ah... Peut-être bien. Lælia n’a pas oublié, elle...
©codage par loveless

I don't want to hurt you [flashback] // PV Lælia

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