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Sleep well under the full moon ❧ keith

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L. Shion Lovecraft
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MessageMer 18 Fév - 12:48


Every one is a moon, and has a dark side which he never shows to anybody



On peut raconter que les nuits de pleine lune sont magnifiques à contempler, pour moi elles ne sont synonymes que de douleurs et de pénibles moments à passer. Je donnerais n’importe quoi pour être capable de la voir et ne pas avoir à supporter ces cauchemars envahissants. Pas une seule fois en douze années ils ne m’ont épargné alors forcément arriver à me déposer dans les bras de Morphée n’est pas une mince affaire, même quand on a passé une décennie à être « formé » et destiné à cette tâche.

Je me souviendrais toujours de cette innocente question, celle où il me demandait « mais comment tu rêves si tu ne vois rien ? ». Interrogation légitime de la part d’un enfant d’un tout autre univers auquel j’ai eu bien de mal à répondre. Enfin… expliquer qu’on ne songe que de sons et de sensations c’est une chose, décrire ce qui nous terrifie pendant une seule nuit par mois c’est une autre paire de manche. Je ne suis jamais arrivée à mettre les mots, ni à père, ni à mère, ni à Kanon et ni à Keith. Tous ont essayé de m’aider, en vain. Je n’y arrive tout simplement pas, y repenser me donne des nausées et je préfère encore tenter de tout oublié dès le lendemain. Les questions avaient rapidement cessé, peut-être les mots arriveront-ils à se poser avec le temps, s’il daigne cesser d’en demander encore et toujours plus. Et moi je me sens ridicule, j’ai honte de cette situation même si une fois encore je serais incapable de l’exprimer clairement.

Et puis, il y avait tout le rituel du couché qui ne simplifié rien.
    « On peut aller faire un tour dehors encore une fois. »
    « Tu sais qu’il fait déjà nuit. »
    « Oui mais… j’ai pas sommeil. »
Les excuses changeaient parfois, parfois pas. Les mots et les étreintes rassurantes aidaient mais cela ne servaient qu’à repousser l’échéance. Pourtant il n’y avait ni caprice, ni larme, juste cette anxiété qui grandissait sans répit malgré cette présence apaisante qui avait pourtant contribué à les rendre plus supportables. Lorsque j’arrivais à toucher encore un peu le domaine de la plaisanterie, j’aimais à lui rappeler à quel point c’était drôle que père ne disait rien pour ces nuits-là, alors qu’il n’avait pas idée d’à quel point cela m’avait rendu dépendante de la présence de Keith pour toutes les autres sans qu’il n’en sache rien. Je n’avais alors droit qu’à des grognements gênés qui me rappelaient que je ferais mieux de me taire sur le sujet. Cela ne durait que quelques minutes mais le taquiner me faisait au moins sourire quelques minutes.
    « Si tu continues à dire des bêtises, pleine lune ou pas pleine lune… je te réapprends l’utilité du coussin… »
    « Je ne sais pas ce que c’est, je ne sais pas où il se trouve et là au moins ça tiens chaud. »
    « »
Je n’ai pas envie de dormir… mais le sommeil remporte toujours la victoire, comme si tout était prédestiné, obligatoire. Je ne rêve peut-être pas d’image mais le malaise qui gagne mon subconscient ne tarde pas, comme les sons gutturaux, étranges et dérangeants, comme cette sensation que je ne saurais décrire. C’est comme une séance de torture qui tournerait en boucle, comme si quelque chose chercherait à vous détruire à petit feu tout en vous glissant des confidences horribles à l’oreille. Bien que ce ne soit jamais des mots compréhensibles, dont je pourrais me souvenir. Tout n’est basé que sur cette impression ô combien malsaine.

Certaines nuits se passent sans trop de dégâts, j’arrive à ne pas me réveiller avant le petit matin même si elles n’ont duré que quatre ou cinq d’autres. D’autres sont écourtés par des pleurs, les réveils en sursaut. Comme celle-ci. Je n’arrive pas à stopper mes larmes, je perds le rythme de mon souffle et manque presque de m’étouffer, malgré les bras qui viennent m’attraper pour me consoler. Et tout ce que j’arrive à faire c’est m’agripper si fort que je dois sans doute le blesser avec mes ongles, mais je m’en voudrais plus tard pour cela.

Pour le moment il ne me faut pas sombrer.


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Keith V. Campbell
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MessageDim 22 Fév - 17:23


I'm your light for those nights


« Mais comment tu rêves si tu ne vois rien ? » Cette question innocente que j’avais posée il y a de nombreuses années me revient. A dire vrai, elle me revient toutes ces nuits de pleine lune où Shion se morfond dans la peur et la douleur au creux de mes bras. Cette question à laquelle je n’ai toujours pas de réponse précise malgré le temps. Je ne la pose même plus. Je sais que ces explications que j’attends ne se dessinent même pas clairement dans l’esprit de ma protégée. Alors l’ennuyer encore et toujours avec ce qui la tourmente n’est pas réellement le mieux pour tenter de la rassurer. Chose que j’ai bien du mal à faire malgré les années qui s’écoulent. J’ai beau essayer, lui sortir tous ces mots qui lui donnent la plus grande confiance, ça ne fonctionne que très peu.

Ces nuits de lumière incomparable qui reflètent notre réelle nature à nous les Lycans, sont devenues de vraies inquiétudes pour moi également. Moralement, car il m’est difficile de voir Shion se détruire ainsi. Mais également physiquement. Mon rôle étant d’être auprès de la princesse lycane à chacune de ces mauvaises nuits, il a fallu se rendre à l’évidence et faire une entorse à la nature même des choses. Contrôler mes transformations est devenu quelque chose de presque banal maintenant. Mais ce n’est pas sans douleur, surtout quand le fin fond lupin veut absolument ressortir. Quatre ans d’entrainement, ce n’est pas suffisant pour rester serein. Cumuler ces deux maux est difficile. Mais je me garde bien de le dire pour ne pas l’inquiéter.

Cette nuit encore, Shion ne veut pas dormir. C’est toujours la même chose. Des excuses à n’en plus finir remplissent sa chambre.

« Si tu continues à dire des bêtises, pleine lune ou pas pleine lune… je te réapprends l’utilité du coussin… »
« Je ne sais pas ce que c’est, je ne sais pas où il se trouve et là au moins ça tiens chaud. »
« … »

Ses plaisanteries, parfois gênante à mon égard quand elles touchent cette relation secrète que nous entretenons, ne me font pourtant pas plier. Je reste à son écoute, je lui réponds en me faufilant dans son ironie mais je ne lui donne pas ce « plaisir » d’éviter le sommeil. Même si la somnolence la fait souffrir, elle doit pourtant dormir. Essayer du moins. J’ai toujours cette espérance qu’avec le temps, tous ses cauchemars cesseront. Mais cette nuit me prouve encore bien le contraire. Chacun de ses réveils est pour moi différent. C’est comme si chaque nuit, son mal s’intensifiait. Et là, le spectacle qui s’offre à moi est plutôt horrifiant.

Ses doigts tremblants agrippent ma peau à m’en faire mal, ses larmes coulent contre moi. Je l’enlace alors comme pour la bercer et ramène doucement son visage contre mon torse, glissant mes doigts dans ses cheveux. Une habitude devenue réflexe. Mais là, je peux sentir que sa respiration est très inquiétante. Elle s’étouffe. Ma réaction est instinctive. Je me redresse et recule le visage de Shion rapidement pour la regarder. Son visage est tiré par la douleur, elle sombre. Doucement. Mes deux mains se posent sur ses joues et je viens poser mon front contre le sien, la rassurant avec des mots. Je ne peux hélas rien faire de plus, n’étant pas médecin ou adepte des réflexes médicaux. Je n’ai que ma parole. Cette voix qui la rassure tant. Je n’ai plus qu’à espérer qu’elle l’entende.

« Shhh… Ce n’est rien. Écoute-moi. Je suis là. C’est fini maintenant. Respire. »

Mes doigts trainent sur la peau de sa joue meurtrie par les larmes. Mais ça ne suffit pas. Ses doigts se crispent encore et son manque d’air devient affolant. Ses soubresauts sont plus intenses et m’alarment toujours un peu plus. J’ai juste envie de paniquer à mon tour même si je ne suis pas de ce genre là. Mais une telle crise est impressionnante et la gérer n’est pas une mince affaire. Je viens alors prendre une de ses mains dans la mienne gardant son corps près du mien de l’autre. J’ose espérer qu’elle puisse ainsi suivre mon rythme respiratoire de cette manière. Mon nez se loge au creux du sien, puis des murmures se glissent entre ses lèvres et les miennes. Ce doux timbre qui lui plait tant.

« Il n’y a que toi et moi dans cette chambre. Tu entends ? Ce n’est que ma voix… Et il n’y en n’a pas d’autres. Calme-toi et écoute-moi. »

D'autres mots suivent, d'un timbre toujours aussi doux et calme qui glisse à son tympan. Un calme pourtant difficile à maintenir avec l'inquiétude.



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L. Shion Lovecraft
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MessageJeu 26 Fév - 1:09


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Ma poitrine, mes poumons me font mal. Ma gorge me brûle et ma tête me donne l’impression de pouvoir exploser à chaque instant. Les larmes et les soubresauts qui secouent mes épaules semblent impossible à calmer. J’ai si peur, il fait si froid. Si froid. Si noir. J’ai peur. J’ai peur. Où suis-je ? J’ai tellement peur. Keith... Keith où es-tu ? Viens me chercher, s’il te plait. J’ai mal. J’ai malmalmalmal. Je ne me rends même pas compte que mes petits cris de détresses sont étouffés par le torse de celui que j’appelle à l’aide intérieurement. C’est comme si le monde n’existait plus autour de moi, comme si j’étais enfermée dans une bulle sans rien n’avoir où m’accrocher.
    « Shhh… Ce n’est rien. Écoute-moi. Je suis là. C’est fini maintenant. Respire. »
Cette voix... elle me semble si... lointaine. J’ai envie de tendre la main pour l’attraper. Je n’arrive même pas à me rendre compte qu’elle est tout contre moi, que Keith est tout prêt, déjà à ma portée. Puisque je me trouve dans ses bras. Mais entendre cette voix me rassure déjà, comme à chaque nuit de pleine lune, après chaque crise. Si mes parents, mon frère, ont toujours été là, et sont toujours là quand il est nécessaire de les appeler, Keith a un effet autrement bénéfique sur moi.

C’est certainement un fardeau, une responsabilité qui lui a trop pesé sur les épaules à son plus jeune âge, je m’en suis vite rendue compte sans jamais avoir réussi une seule fois à lui demander pardon pour cela. Mais personne n’est dupe, sa présence m’apaise plus rapidement que n’importe quelle autre personne, depuis toujours, et c’est ainsi que tout ce rituel a commencé. Evidemment les choses ont encore bien changée depuis deux ans et les nuits de pleine lune ne me suffissent plus. J’aurais aimé les partager dans d’autres circonstances. Pour un sommeil qui ne serait pas troublé. Mais mes pensées actuelles ne se préoccupent pas de ces détails pour le moment, elles cherchent juste à attraper cette voix pour sortir enfin des ténèbres.
    « Il n’y a que toi et moi dans cette chambre. Tu entends ? Ce n’est que ma voix… Et il n’y en n’a pas d’autres. Calme-toi et écoute-moi. »
Il faudra encore bien des mots pour que ma respiration retrouve un rythmes plus normal, bien qu’encore un peu saccadé par quelques reniflements. Je sens que mes joues sont rapidement séchés d’un geste empli de douceur. Doucement j’attrape l’un de ses mains pour la serrer tout contre ma joue, comme pour me persuadée moi-même que je suis bien revenue de ce cauchemar douloureux. Nos doigts s’entremêlent et je me rends alors de plus en plus compte de sa présence. Le réveil tant inespéré me tend enfin les bras.
    « Keith... »
Je n’arrive pas encore à prononcer un mot de plus, restant désespérément accrochée à cette poigne comme à une bouée de sauvetage. Les larmes qui m’échappent ne sont plus maintenant celles issues de la crise mais celles provenant d’un étrange mélange de peur et de soulagement. Il me faudra encore quelques minutes pour me calmer, me laissant encore bercer par sa voix et ses mots rassurants. Je me plains rarement de ma condition réelle, celle qui n’est pas issue de cette malédiction de malheur mais c’est vraiment dans ces moments-là que je souhaiterais réellement voir son visage, y voir une image rassurante. Sauf que mon univers n’est fait que de sons et de sensations et qu’il me faut me contenter de cela, alors que mon gardien fait tous les efforts du monde pour parvenir à me toucher. Je ne lui serais jamais trop reconnaissante pour tout cela.
    « Merci... tellement... merci... je vais... »
Bien. Je retrouve peu à peu tout mon calme et commence enfin à me rendre compte de ce qui m’entoure. Durant tout ce temps je en me suis même pas aperçu que son visage était si... prêt du mien. C’est stupide, tellement stupide alors que j’en ai pourtant l’habitude mais je sens le rouge me monter aux joues alors que je recule vivement la tête. Je l’entends doucement ricaner, gentiment, mais mon ouïe est bien trop fine pour qu’il puisse me cacher cela et il le sait bien. Quel chenapan, je suis sûre qu’il s’en douterait. Alors qu’il... qu’il...
    « Pourquoi... tu ne finis jamais ce que tu commences ? ... c’est pas du jeu... »
Ce changement radicale de comportement pourrait en déstabiliser plus d’un et c’est pour cela que mon Louloup est définitivement le seul capable de supporter ces nuits-là. Parce qu’il sait. Il sait depuis bien longtemps maintenant que mon premier réflexe sera de trouver n’importe quoi, la première chose qui s’offrira à moi, pour tourner le dos à ces cauchemars pour les oublier. Ne jamais en parler. Juste. Oublier. Même si au fond j’y pense encore et toujours.  Et quoi de mieux que le sujet qui « fâche » depuis deux ans, cette frustration stupide qui nous lie.


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Dernière édition par L. Shion Lovecraft le Dim 8 Mar - 20:19, édité 2 fois
Keith V. Campbell
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MessageMar 3 Mar - 23:33


I'm your light for those nights


« J’ai beau avoir l’habitude des crises de ma protégée depuis toutes ces années. Les formations que j’ai pu suivre pour faire face à ces situations m’avaient forgé. Du moins, c’est ce que l’on pense facilement. Mais personne n’est dupe. Moi le premier. Gérer de telles angoisses n’est pas une mince affaire. J’ai beau me conforter dans l’idée que ma voix est, et sera toujours un atout bénéfique pour Shion mais face à ce qui se passe actuellement sous mes yeux, le doute efface bien vite la confiance. C’est comme si tout ce que je pouvais entreprendre ne servait à rien. Mes mots volent sans être captés. Mon étreinte se renforce dans le vide. Bien que mon expression reste stoïque, mes entrailles se nouent. J’ai peur.

La respiration de Shion ne se calme que très peu. Son corps tremblant et ses gémissements plaintifs étouffés contre mon visage me font mal. Je ne sais plus quoi faire pour la maintenir avec moi afin qu’elle ne sombre pas. Je tente encore de nombreuses phrases pour la rassurer, allant même jusqu’à déposer un baiser sur le coin de sa lèvre humidifiée par ses larmes. Mais elle ne sort pas de sa torpeur. Dois-je aller chercher de l’aide ? Chose que je n’ai jamais fait. Jamais. J’ai toujours réussi jusque là alors est-ce que cela serait mon premier échec ? Cette idée m’abandonne très vite cependant. Il aura fallu du temps mais je sens soudainement des battements de cœur qui s’harmonisent. Des sanglots plus maitrisés. Enfin… Mes doigts essuient ces perles salés qui coulent sur son visage avant d’être pris rapidement dans une étreinte forcenée.

« Keith... »
« Je suis là… Je suis là. Réveille-toi maintenant. C’est fini… »

Je la berce encore, le temps qu’elle émerge, qu’elle reprenne ses repères. J’aurais aimé qu’elle puisse voir ce sourire réconfortant sur mon visage pour l’aider à se sentir mieux mais malheureusement, ce serait trop demander au destin qui reste parfois cruel dans les circonstances les plus délicates. Il faut s’y plier. Hélas. Je reste calé au creux de son visage, la serrant toujours plus contre moi en guise de réponse à ses remerciements. Je n’en ai pas besoin. Je sais qu’elle culpabilise très souvent de cette situation mais je ne le prends pas mal. Je ne suis plus l’enfant de jadis qui refusait cette vie. Tout ça est bien loin maintenant. De longues secondes passent sans bouger. Pour la placer dans un cocon plus sain et peut-être bien aussi pour lui jouer un petit tour avec tant de proximité… Pour lui faire oublier sa peine à son réveil. Un rejet brusque. Et là, le rire m’envahit. Ce rejet, je m’y attendais. Cette gêne inopinée visible sur ces joues maintenant sèches est juste très amusante. Je connais trop ma lycane pour savoir que dans ces moments un peu flous, sa reprise de conscience est toujours émotive.

« Pourquoi... tu ne finis jamais ce que tu commences ? ... C’est pas du jeu... »
« Dis plutôt que tu te sens bête de te retrouver mise à nue ainsi sans pouvoir défendre quoi que ce soit. »

Le sujet de la peur est clos. Je rentre dans son jeu. C’est ce qu’elle souhaite tout comme je n’ai de toute façon pas envie de remuer le couteau dans la plaie concernant ces nuits de torture. Je reviens poser mes mains sur les hanches de ma protégée pour la rapprocher de moi, détruisant cet espace qu’elle a crée auparavant. Son corps tremble toujours, je peux le sentir. Ses yeux opaques sont emplis de fatigue et ça me désole d’avance de savoir qu’elle n’aura finalement que peu dormi. Encore. Shion se laisse aller à mon geste. Et celui que j’entreprends maintenant la surprend. Si elle avait encore eu des pupilles visibles, elles seraient probablement dilatées par l’étonnement. Le mouvement a été rapide, sans même lui laisser le temps de réaliser que mon visage était, une fois de plus, trop près d’elle. Un baiser tendre et chaleureux. Voilà ce que je lui donne en guise de réponse à sa taquinerie.

« Voilà… Est-ce que Mademoiselle est satisfaite ? »

Elle ne s’y attendait pas. Je sens cette petite moue arrondir ses joues maintenant plus fermes, plus enclin à l’amusement. Mais même s’il s’agit d’espièglerie pour apaiser cette tension cauchemardesque, ce geste n’en est pas moins sincère. Ce baiser, je l’ai vraiment pensé du fond de mon être. En temps normal, je ne suis pas du genre à suivre cette provocation que la Princesse me lance souvent. Ce sujet toujours délicat me fige. Je ne suis pas ignorant de la situation. Nous nous frustrons l’un l’autre par ma faute. Parce que je ne veux pas franchir ce pas qui me fait non pas peur mais qui m’interpelle toujours sur mon rang de bas étage. Je l’ai bien eu. Un effet de surprise qui teinte encore plus son petit minois maintenant bien réveillé.

«  Et bien et bien… ? Ne fais pas cette tête voyons. Ça ne te plait pas ? »



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Dernière édition par Keith V. Campbell le Dim 19 Avr - 21:58, édité 1 fois
L. Shion Lovecraft
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MessageDim 8 Mar - 22:37


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Ce que je peux me sentir ridicule. D’habitude je suis celle qui donne le pas de danse, celle qui le met dos au mur en abordant les sujets qui « fâchent », qui embarrasse. Oui d’habitude c’est lui qui se retrouver gêné à ne plus savoir quoi répondre ou à me tirer les oreilles parce que je vais trop loin. Pas l’inverse. Or je viens de me faire avoir en beauté. D’abord parce que j’ai été surprise de retrouver mes esprits en sentant son visage aussi prêt du mien et ensuite... en obtenant réellement la réponse que j’espérais. Je n’ai pas bronchée quand j’ai senti sa poigne me rapprocher, mais je m’attendais à une simple étreinte, accompagnée d’une petite injonction pour me demander de rester sage. Sans plus.

Sauf que la suite, je ne l’aurais pas conçu comme probable. Pas comme ça, pas venant de Keith. Pas qu’il ne prend jamais les devants mais... enfin c’est toujours surprenant quand ça lui prend. Surtout quand on ne peut que sentir qu’un souffle chaud qui s’approche de vos lèvres avant de les saisir. Et là c’est moi qui me retrouve dans la position de la personne surprise dont la chaleur lui monte aux joues. Me voila prise dans un baiser où je suis totalement à sa merci, le laissant jouer et guider cet échange. Sans que je puisse m’agripper à un quelconque tissu. Me laissant une fois de plus entre la satisfaction et la frustration après avoir rompu le contact.
    « Voilà… Est-ce que Mademoiselle est satisfaite ? »
    « ... »
Pendant quelques instants je ne réponds pas, avant de saisir un des oreilles et de lui balancer dessus. Cognant l’épaule alors que je visais le haut de son crâne. Trop perturbée pour viser correctement alors que ce n’est généralement pas un réel problème. Ce geste n’est pas agressif et ça le fera surement rire mais je n’ai pas de contre-attaque plus efficace à lui envoyer dans l’immédiat. J’affiche une moue encore plus désappointée. Je sens son regard me fixer et ce n’est pas iris vides qui m’empêcheront de le soutenir avant de lui répondre enfin. Ou presque.
    « Et bien et bien… ? Ne fais pas cette tête voyons. Ça ne te plait pas ? »
    « Comment ?! Espèce de vilain ! Pas drôle ! Chiot pas dégourdi ! Andouille aux hormones qui fonctionnent mal ! »
Chaque « insulte » était accompagné un coup sur l’une de ses épaules ou sur son torse. Des coups dignes d’une piqûre d’une moustique. Et bien évidemment, aucun mot n’était pensé une seule seconde. Il le savait bien. Je l’entendais d’ailleurs ricaner un peu plus à chacune de mes prises de paroles. Inutile de se voiler la face, il avait réussi son coup et l’avait compris. Je me vengerais !

Je me laisse tomber contre son buste en soupirant, sans vraiment lui laisser le choix de me le refuser. Malgré cette courte trêve, cette nuit me travaille encore l’esprit et elle profitera de chaque faille, de chaque petit moment d’inattention pour me rappeler que le cauchemar n’est finalement pas bien loin. Le sommeil me manque terriblement mais je réprime chaque bâillement avec violence pour ne pas avoir à m’entendre dire que je devrais peut-être essayer de dormir encore un peu. C’était inutile, je savais très bien que la malédiction n’attendait que ça et je refusais de revivre un moment pareil. Je passerais une journée terrible, en affichant une humeur massacrante avant de m’endormir comme une masse dès la prochaine fin de soirée. En utilisant bien sûr un coussin bien particulier. Il me faudrait juste tenir une petite journée. Ou peut-être que je tiendrais moins longtemps... enfin tant que la pleine lune me fichait la paix et qu’on ne m’enlevait pas Keith... ça ira.

Je cache rapidement mon visage contre ce dernier en empêchant un nouveau signe de fatigue d’échapper de ma bouche. Ne sachant pas si j’ai était assez discrète cette fois, je tente de détourner son attention en laissant l’ongle d’un de mes doigts glisser le long de son ventre. Plusieurs fois. Histoire de voir aussi si j’arrive à en tirer une quelconque réaction. Quoiqu’il en soit, tant qu’il ne m’arrêtera pas, je n’aurais aucune raison de stopper ce petit manège. Bien qu’un autre détail, important, vient me titiller l’esprit.
    « Keith... j’ai besoin de prendre un bain. »
    « Maintenant ? »
    « Je suis couverte de sueur à cause de... cette nuit... j’aime pas ça... »
Ce n’était ni une quémande bidon, ni une excuse pour l’embêter cette fois. J’avais vraiment besoin de me rafraichir. De plus, même si je ne voyais pas les murs de ma chambre, la quitter pendant quelques instants me ferait certainement le plus grand bien. De toute façon il faudra peut-être aussi changer les draps. Je les haïssais ces nuits, définitivement.

Je lève ma tête vers lui, attendant un peu sa réponse. Qui ne sera sans doute pas un refus, il m’aidera sans aucun doute à tout préparer malgré l’heure tardive - ou peut-être très matinale. Mais... une autre requête vient suivre rapidement alors qu’il me guide hors du lit.
    « Tu le prendras avec moi hein ? J’ai pas envie de rester toute seule... »

Ce qui est vrai mais en même temps...


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Keith V. Campbell
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MessageVen 20 Mar - 14:56


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« « Comment ?! Espèce de vilain ! Pas drôle ! Chiot pas dégourdi ! Andouille aux hormones qui fonctionnent mal ! »

Je souris. Je ris même. Je n’évite même pas ces coups de coussins que je reçois bien maladroitement. Mademoiselle doit être réellement perturbée pour ne pas savoir viser. Malgré sa cécité, c’est une prouesse qu’elle réalise normalement à merveille. Je ne joue que très rarement de ma mesquinerie sur ce sujet. C’est toujours très délicat. Je suis conscient que c’est moi qui nous mets dans cette situation de frustration parce que j’essaie toujours d’éviter de tirer sur la corde. Mais quand il s’agit de lui faire oublier ses cauchemars qui la hantent depuis si longtemps, je suis prêt à tout pour la voir sourire à nouveau et effacer ces traits si déchirants sur son visage.

« Tu admets donc ta défaite. Un point pour moi. »

Sa tête tombe soudainement contre moi dans un léger soupir. Un soupir qui ne trompe pas. Ça n’a rien à voir avec cette petite altercation puérile. Je ne lui refuse en rien le geste et je l’accompagne de mes doigts glissant dans ses cheveux pour la rassurer parce que je sais que son malaise n’est pas oublié. Et par-dessus ça, elle est encore fatiguée, elle n’a pas dormi. Et il n’est pas difficile de comprendre qu’elle lutte contre son pire cauchemar : Morphée. Mais tenter de me le cacher est inutile. Je vais pour ouvrir la bouche et lui demander l’impossible mais le sujet est détourné avant même qu’il ne soit mis en avant. Et ce geste si doux et presque provocateur à la fois me pousse à abandonner le combat. Un geste répété qui réussit à soulever plusieurs frissons que je tente de cacher. Très vite ma main vient arrêter cet acte en emprisonnant ses doigts entre les miens pour les entrecroiser pensant arrêter une frustration supplémentaire.

« Keith... j’ai besoin de prendre un bain. »

Cette demande vient me caler droit contre le mur. Je sais qu’elle n’est pas taquine et qu’elle souhaite réellement s’échapper de sa torpeur par tous les moyens. Mais je ne connais que trop bien notre situation pour savoir comment tout ça risque de tourner. J’appréhende. Pourtant, je ne lui refuse pas. Je viens l’embrasser sur le front en prenant la peine de la guider hors du lit en lui adressant un  léger « d’accord ». Et l’inévitable tant attendu arrive.

« Tu le prendras avec moi hein ? J’ai pas envie de rester toute seule... »

Je ne peux pas être plus près du mur que ça. Je garde mon expression rassurante. Même si Shion est dans l’incapacité de me voir, ses sens sont tellement aiguisés en ce qui me concerne qu’elle remarquerait sans aucune hésitation si je venais à changer de comportement. Et vu le malaise qu’elle vient de subir, je ne souhaite pas la peiner. Mais autant dire les choses franchement, l’idée de prendre ce bain avec elle me plait tout comme ne me convient que très peu. Ce n’est pas me retrouver seul avec elle partageant la même eau avec une certaine promiscuité qui me dérange. Ce n’est pas comme si nous n’avions pas déjà eu des moments proches Shion et moi. Mais c’est plutôt que je serai moins apte à m’expliquer si jamais on venait à se faire prendre. Foutue respect qui me gâche la vie.

« Je resterai avec toi, ne t’en fais pas. Tu sais bien que je ne te laisse jamais seule quand tu as besoin de moi. »

Ce n’est pas la réponse qu’elle attend, bien évidemment. Elle sent au travers de mes mots que j’esquive le sujet réel et que j’affirme implicitement que je n’entrerai pas dans l’eau avec elle. Ça ne lui plait pas. Je le sens à cette poigne qui se referme plus activement sur mon bras. Elle ne dit pas plus que ce geste qui me fait largement comprendre de changer de position. Je pourrais le lui refuser mais je suis coincé. Je ne veux pas lui dire non. Je ne veux pas la voir pleurer. Pas après ce début de nuit mouvementée. Je me résigne.

« D’accord, j’ai compris. Inutile de me broyer le bras, je le prendrai avec toi. Seulement si tu es sage… »

Un sourire vient enfin illuminer son visage. Ça me conforte tout de même malgré le fait que je m’enfonce dans la gueule du loup. La salle de bain atteinte dans la plus grande discrétion, je me lance dans les préparatifs du bain avant de finir par une aide pas forcément nécessaire du déshabillage de Mademoiselle tout en essayant de conserver un regard chaste sur ce corps tant désiré. Mais si je ne l’avais pas aidé, elle serait venue d’elle-même me le demander. Ce n’est pas comme si je ne la connaissais pas par cœur. Une fois recouverte par l’eau chaude du bain, je la rejoins en me plaçant en face d’elle. Et il faut peu de temps pour recommencer ce jeu de frustration entre nous.

« Est-ce que tu apprécies la vue au moins ? »

Je n’hésite pas à répondre à cette petite provocation. Mes doigts claquent sur la surface de l’eau et l’éclaboussure part dans la seconde vers son visage. Je ne peux pas cacher que la chaleur monte et que la peau de mon visage s’empourpre légèrement. Je suis pourtant habitué mais même sous la plus belle des volontés, je reste un jeune mâle. Et contrairement à cette fausse insulte de départ, mes hormones fonctionnent très bien. Surtout maintenant. Et je suis sûre que ma lycane le perçoit. Nous sommes face à face alors il est évident que la vue est juste très prenante.

« Ça suffit… Si tu ne veux pas finir noyée… »

Mais j’ai beau dire les choses ou les faire comprendre, je finis toujours dans ce genre de situations embarrassantes. Shion mène de nouveau une victoire.



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MessageMer 25 Mar - 15:56


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Je n’avais vraiment pas envie de rester seule, j’avais vraiment encore les boyaux retournés par cette courte nuit agitée. Oui, on pouvait le dire simplement, j’avais peur de rester seule. J’étais terrifiée par une chose que je ne pouvais comprendre et encore moins identifier. C’était bien la chose qui me mettait le plus mal à l’aise dans toute cette histoire mais j’étais bien incapable de l’admettre clairement à ma propre personne alors le faire comprendre à Keith... c’était tout aussi complexe. Je reste agrippée à lui comme si j’avais peur de me perdre si je lâchai ce bras, fixant son visage de ces petites perles opaques, en attendant sa réponse qui ne peut être que positive.

Ma requête est évidemment acceptée, mais de manière bien trop évasive pour moi. Je connais Keith sur le bout des doigts, je sais qu’il esquive toujours les moments un peu trop tendu sur la ligne rouge. Si je ne disais rien, je le savais très bien capable de rester dans le couloir à simplement me parler depuis l’entrebâillement de la porte ou de rester sur une chaise de la salle de bain en me tournant le dos. Keith était touchant dans sa timidité excessive, il était nullement question de lui en vouloir pour cela mais il l’était tout autant de le laisser s’enfermer dedans. Qu’importe le temps qu’il faudra. Je voulais juste qu’il reste avec moi. Le message était, d’une certaine façon, passé même si ce n’était possiblement pas dans le sens le plus exact.
    « D’accord, j’ai compris. Inutile de me broyer le bras, je le prendrai avec toi. Seulement si tu es sage… »
    « Je suis toujours sage voyons ! Tu le sais bien. »
Un sourire vient mettre un point final à cette question, je suis satisfaite. C’est un peu drôle de voir que ce jeu, ces petits caprices ne cachent en fait que ce besoin de contact, de cette présence sans laquelle je serais complètement perdue. Plus que des perches tendues en espérant qu’il en saisisse une un jour, j’aie besoin de cet homme qui m’offre cette stabilité que je peux conserver après toutes ses agressions nocturnes. Parfois il prend quelques initiatives sans que j’ai besoin de le taquiner sur une autre demande un peu impudique. A chaque fois, c’est à moi d’être prise de court, de tiquer et de rougir légèrement. Comme ce moment où il m’aide à me découvrir sans un seul mot. Je frissonne à chaque contact sur ma peau, à chaque regard furtif que je sens. J’espère qu’il ne remarquera rien et fort heureusement si c’est le cas il  n’en dit rien, entrant dans le bain avec moi en silence. Il ne faudra pas longtemps pour que je lance une nouvelle discussion en lui posant une question bien singulière.
    « Est-ce que tu apprécies la vue au moins ? »
Pour toute réponse je ne reçois qu’un jet d’eau à la figure qui me laisse interloquée avant de déclencher un petit rire. Je sais très bien qu’il est embarrassé, ah si seulement je pouvais le voir... il ne faut pas que je cède aux regrets, cela ne rapporterait rien. Heureusement il fini tout de même par décrocher la mâchoire.
    « Ça suffit… Si tu ne veux pas finir noyée… »
    « Maiiiis, pourquoi ? » Je joue l’ignorante, le regarde innocemment en basculant la tête sur le côté et souris à nouveau. « Ce n’est pas vraiment la réponse à la question et puis je suis sûre que... tu n’oserais... même pas... te rapprocher. »
SPLACH ! C’est à mon tour de lui envoyer de l’eau dans la figure en riant ouvertement. Je le taquine, je le provoque et j’en arrive à vraiment oublier ces cauchemars qui ne sont pourtant pas si loin. Avec Keith, il n’y a pas de pudeur, pas de faux-semblants. Ce n’est pas que de la provocation mais je me sens si à l’aise qu’en fait... je ne pense pas à jouer la mijaurée qui veut montrer en cachant tout. Ce n’est pas à cela que se résume notre relation, alors même si elle est un peu bizarre, elle reste pour moi la seule qui n'existera jamais donc pas besoin de faire dans la dentelle. Ces rougeurs et cette gêne ne sont qu’un petit plus bien amusant qui me permettent de l’embêter un peu.
    « Puis tu sais... t’as de la chance, moi j’aimerais bien pouvoir en profiter comme toi. »
Je cesse brusquement de l’arroser, le fixant d’un œil à la fois taquin et sérieux, pointant discrètement le bout de ma langue. Le pire c’est que cette énième pique n’est que vérité, il ne s’agit pas que de le mettre face à ce rinçage d’œil - que je confirme légitime - mais également de le rassurer en assurant que je ferais bien la même chose à sa place. Avec une pointe d’amertume, sur cette impossibilité à le voir, parce qu’en vérité, c’est surtout son visage que j’aimerais tant voir. Mais ce sont des regrets qui me sont propres et je n’aimerais pas qu’il se sente coupable pour cela. Alors je lui renvoie encore une fois de l’eau au visage, afin de changer rapidement de sujet.
    « C’est moi qui t’as éclaboussé le plus. Je gagne ! ... Si, si c’est celui qui finirait le plus mouillé qui perdait. »
Un petit jeu puéril certes mais j’essayais vraiment de détourner son attention de cette manière, après je n’étais pas vraiment sûre de mon coup mais... nous verrons bien. Je ne m’étais juste pas rendu compte de la mauvaise interprétation que ça pouvait avoir.


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Dernière édition par L. Shion Lovecraft le Dim 17 Juil - 15:59, édité 2 fois
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MessageLun 20 Avr - 22:45


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« J’aurais du me douter que ce genre de réactions de ma part entrainerait une attitude faussement innocente. Quand il s’agit de faire l’enfant toute mignonne qui fait semblant de ne pas comprendre la situation, Shion est très forte. Et encore plus quand il s’agit de me provoquer ou de me lancer des défis que je n’ose pas franchir par peur de la hiérarchie. Si je ne la connaissais pas par cœur et si je n’étais pas au courant de toutes ces petites manières de jeune fille gâtée, j’en serais bien vite énervé. Personne ne pourra me contredire quand je dis que je suis réellement le seul à pouvoir supporter cette princesse. A vrai dire, à l’heure actuelle, je ne laisserai personne tenter de la comprendre à ma place. C’est une évidence. Jalousie et possessivité.

Je n’ai pas le temps de rétorquer quoi que ce soit pour la remettre gentiment à sa place que l’eau me retourne violemment à la figure. Je fais un mouvement de recul pour me protéger alors que mademoiselle continue son petit manège puéril. Elle s’amuse. Elle tente de tout oublier pour ne ressentir que ce qui peut lui faire plaisir. Mais elle oublie que plus elle bouge ainsi, plus elle met en avant cette nudité que j’ai de plus en plus de mal à ignorer. J’essaie de ne rien démontrer. Les sens si aiguisés de ma lycane lui indiqueraient bien trop facilement que je suis de plus en plus mal à l’aise. Si ce n’est déjà fait… Mais c’est une torture que de devoir faire comme si ça ne me faisait aucun effet. Je rougis, littéralement. Je tourne même le regard au mieux pour rester le plus sage possible.

« Ça suffit, veux-tu ? »

Des mots prononcés sur un ton presque hésitant qui seront vite calculés. Je me vends tout seul. Et ce qui rajoute encore une couche à mon anxiété c’est ce bruit… Les éclaboussures se font entendre dans tout le couloir à côté, j’en suis sûr. Et à cette heure aussi tardive -ou matinale, tout dépend de comment on voit la chose- les risques de réveiller la Tanière sont grands. Tout ce que je souhaite éviter risque bien d’arriver à chaque coup de mains dans l’eau. Je vais pour prendre les mains de la princesse pour l’arrêter mais elle semble s’occuper de cette tâche seule. Brusquement.

« Puis tu sais... t’as de la chance, moi j’aimerais bien pouvoir en profiter comme toi. »

Cette réflexion amène comme un goût amer à la situation. Ces mots ne sont pas là pour me faire des reproches ni même pour se plaindre de son handicap. Je le sais. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que la douleur intérieure et la tristesse reprennent le dessus sur sa vivacité d’il y a quelques secondes. Personne n’aimerait être à la place de Shion. Rien que parce qu’elle ne peut pas voir. Moi-même, je souffrirais atrocement de ce sens interdit. Culpabilité.

« C’est moi qui t’es éclaboussé le plus. Je gagne ! ... Si, si c’est celui qui finirait le plus mouillé qui perdait. »

De l’eau sur le visage, de nouveau. Mais cette fois, je ne recule pas. Je préfère sourire. Un sourire différent, annonciateur d’un geste qui n’est pas loin d’être malicieux. Si Shion était amené à comprendre que je culpabilise d’avoir bien plus de chance qu’elle, elle m’en voudrait. Elle s’en voudrait également. Alors je fais en sorte qu’elle ne découvre rien et je rentre une fois de plus dans son petit jeu. Mon attitude est surprenante. Ma lycane ne comprend soudainement pas ce qu’il se passe. Mes doigts attrapent délicatement son poignet afin de la tirer doucement vers moi, la guidant bien plus près de mon corps. Je la fais doucement changer de sens sans la brusquer afin de la caler dos contre mon torse.

« Fais attention aux mots que tu emploies. Ça peut prêter à confusion. »

Je frôle l’indécence et je me plonge moi-même dans ce vice auquel je ne voulais pas céder. Nous avons déjà été plus que proche elle et moi, mais là, nous sommes complètements nus et dans un bain. Autant dire que jamais je n’ai eu cette demoiselle si proche de moi dans une situation pareille. Et si jamais je dérape dans ce jeu dangereux que j’entreprends, c’en est fini de la discrétion en ce qui concerne ce que je ressens face à ce corps tant voulu. Pourtant, je ne réfléchis plus réellement aux conséquences ni à mon malaise. Je souhaite juste que Shion oublie tout de ses soucis, de son handicap. Je ne veux pas qu’elle sente que je suis peiné pour elle, même si l’habitude, je l’ai depuis des années. Ce n’est jamais évident de se dire que celle que l’on aime ne pourra jamais vous voir. Mais je ne veux pas qu’elle subisse ce que moi-même je ressens. Je préfère me perdre dans l’interdit avec elle. Pour être sûr que son esprit s’égare ailleurs. C’est un comportement bien paradoxal…

«  Alors comme ça, tu étais sûre… que  je ne me rapprocherais pas ? Je ne vois plus que ton dos comme ça. On est quitte. »

Sauf que mes doigts parcourent de façon douce et lente la peau de ses hanches à moitié camouflées par l’eau du bain. Un geste qui va à l’encontre de toute sagesse. Une ironie pure quand on prétend ne pas profiter de la situation. Pourtant, je ne vais pas plus loin que ces caresses maitrisées. Je ne voudrais pas dévier. Ça serait bien mal tomber. Mais sentir la peau de ma compagne frémir sous mes doigts me fait doucement sourire. Je remonte mes mains dans le creux de son dos pour atteindre le haut, amorçant un massage bien mérité qui s’accompagne d’un baiser sur son épaule.

« Et bien ? Je ne t’entends plus… »

Je ne fais pourtant pas le malin de mon côté. Une telle proximité va me jouer des tours si je ne me fais pas violence pour ne pas céder à la tentation.



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MessageLun 27 Avr - 12:04


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Des petits dérapages il y en avait déjà eu. Des contacts un peu trop proches, des mouvements qui se perdent, des gestes un petit peu déplacés, tel était notre quotidien, à nous qui ne pouvions nous afficher. La seule différence étant, que je pensais sincèrement qu’il n’oserait pas se rapprocher cette fois-là. Car même si je ne le vois pas, je sens quand Keith s’empourpre. La tonalité de sa voix, les réactions de son corps, tant d’indicateurs qui me permettent de savoir si je fais mouche ou non. Évidemment que ces taquineries ont pour but de le faire réagir, de lui montrer que sa réserve à cause de la hiérarchie est futile mais je dois avouer que je ne pense jamais à ce qu’il se passerait si cela fonctionnait vraiment. Je suis tant habituée depuis deux ans à finir dépitée, frustrée par ses fuites que j’oublie de songer à ce qu’il se passerait si j’obtenais gain de cause.

Ainsi, quand je sens ses doigts m’attraper et me guider de l’autre côté de la baignoire, le sien, je reste interdite. Surprise par cette réponse… non je crois que le mot n’est même pas assez fort pour décrire mon étonnement intérieur. Oh, ce n’est pas la première fois que je fini dans ses bras mais pas… dans cette… tenue. Je me raidis en sentant son torse contre mon dos, incapable de prononcer le moindre mot. Pourtant mon esprit meure d’envie de lui demander « pourquoi ? ».
    « Fais attention aux mots que tu emploies. Ça peut prêter à confusion. »
    « Confu… sion… ? » Je ne comprends pas de suite, j’essaye de chercher rapidement de quoi il peut bien parler… et me souviens de ma dernière phrase. « O-oh… hum… »
Je ne dirais rien de plus, je viens de me rendre compte de ma bêtise et tenter de m’en dépêtrer risquerait plutôt de m’enfoncer encore plus. Je n’ai pas vraiment le cerveau opérationnel en ce moment présent. En fait on pourrait carrément dire qu’il est parti aux abonnés absents. Les quelques neurones qui sont restés se démènent pour décortiquer cette situation, pour savoir si elle est réelle ou si je venais juste de m’endormir dans la chaleur du bain. J’entends à peine les quelques mots qu’il prononce et il me faut encore plusieurs minutes pour arriver à en saisir le sens. Inutile de me mentir, les positions se sont inversées, dans les deux sens du terme, et voilà l’arroseur arrosé, la bonne blague. Les taquineries ont changé de camp.
    « C’est… c’est pas v-vrai… »
Qu’est ce qui n’est pas vrai ? Le fait que j’étais sûre qu’il ne se rapprocherait pas ? Oui en effet, comme je l’ai dit, j’en étais réellement sûre mais je ne compte pas faire cet aveu aussi simplement. Je préférerais même ne pas le faire du tout, quelque chose me dit que je risquerais d’en prendre pour mon grade. Et je pense que ça ne serait pas du tout une bonne idée que cela arrive maintenant. Et concernant le fait que nous soyons quittes ? Je… je… dois dire que je ne sais pas trop quoi en penser. Lui dire qu’au contraire c’est loin d’être le cas puisqu’il est plus grand que moi donc qu’il suffit de se… Non c’est une très mauvaise idée. Que le toucher sans la vision... toucher… ?

Sentir ses doigts sur ma peau m’achève complètement. Ce n’est pas juste. Il devrait très bien savoir qu’avec un sens en moins les autres s’aiguisent bien plus pour palier à ce manque. Rajouté à notre situation actuelle… en deux ans il n’est jamais allé aussi loin. J’étouffe un couinement discret en sentant ses lèvres sur mon épaule, ne souhaitant pas être trahie. Le seul avantage à me retrouver dans ce sens étant qu’il ne peut au moins pas voir mon visage. Je crois.
    « Et bien ? Je ne t’entends plus… »
Je n’ose pas desserrer les dents de peur de me vendre au premier mot, ou au premier son. Je sens mes joues chaudes comme de la braise sans même à avoir à les toucher pour vérifier. Et ce n’est certainement pas la vapeur d’eau du bain. J’abaisse donc légèrement le bain pour laisser mes cheveux glisser le long de mon visage, escomptant que cela suffirait pour le cacher et que cela soit suffisamment discret pour qu’il ne le remarque pas. Je me rends compte que le fil est plus que tendu et qu’il ne faudrait un rien pour qu’il se brise, pour que le pas soit vraiment franchi. Moi qui ai tant cherché depuis tout ce temps, je me rends enfin compte de la portée de la chose. Je suis troublée. Mais pas angoissée. Je suis tout simplement prise de court, je ne sais plus comment réagir.

Les frissons qu’il m’arrache sont de plus en plus marqués, instinctivement je me colle encore plus à lui. Comme pour l’empêcher de trop en profiter – ou plutôt de trop me mettre à découvert. Comme pour rester juste contre lui car après cette nuit c’est ce qui m’apaise le plus. Mon visage est toujours empli de gêne mais j’ai juste envie de rester comme cela. Qu’advienne que pourra. Je tente tout de même de relancer la conversation avant qu’il pense faire mal.
    « Parce que… je dis plus rien… » Bravo détective ! Il n’aurait pas compris tout seul. Je suis visiblement trop perturbée pour penser correctement. Il va finir par le comprendre si je ne fais rien. « Et... et puis on peut profiter… d-du bain en silence un peu… après une… une telle bataille d’eau… » Oh bon sang. Quelle excuse ridicule. Je crois que je vais me taire un peu avant de plus me vendre, de cette façon ou d’une autre.


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MessageMar 16 Juin - 20:37


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« Autant dire les choses clairement. Inutile de se voiler la face. Je suis entrain de me perdre dans un jeu dangereux duquel je vais avoir bien du mal à me sortir. Depuis ces deux années où Shion et moi-même sommes devenus bien plus que proches, jamais je n’ai été aussi loin dans mes gestes. Et j’apprends à mes dépends que plus la ligne est franchie, plus il est difficile de revenir en arrière. Je sais que le toucher est une torture pour ma Princesse mais je ne peux pas m’empêcher de continuer ces caresses presque interdites. Les frissons qu’elle laisse s’échapper malencontreusement sont une invitation à continuer pour la mettre encore plus mal à l’aise. Non. Ce n’est pas la mettre mal à l’aise que je souhaite. Je veux juste qu’elle ne pense plus. Qu’elle s’oublie, comme je suis entrain de le faire, dans ce début d’ivresse.

Je poursuis silencieusement mon massage, détendant au mieux ses muscles soudainement raidis par… je ne sais pas. Peut-être l’angoisse, le stress… L’envie. A y réfléchir, Shion n’a jamais été récompensée de ce qu’elle a toujours attendu de moi. Habituée à être frustrée par ma faute, elle n’a jamais réellement pensé que là, maintenant, je sois si entreprenant. Je n’y ai jamais songé moi-même à vrai dire. Je ne sais même pas pourquoi je continue à agir ainsi alors que je ne devrais pas. Oui, je voulais lui faire oublier la crainte mais là, mon subconscient me guide bien plus loin qu’une action de protection. Ce baiser sur sa peau humide dévie doucement dans son cou alors que j’attends toujours une réponse à mon ironie. Mais ma lycane ne parle plus. Sa tête penchée et son souffle rapide sont les seuls éléments qui animent maintenant la demoiselle. Finalement, peut-être que mes actes ne sont pas appréciés ou trop choquants.  Je relève doucement la tête, cherchant un regard que je ne trouve pas.

« Parce que… je dis plus rien… Et... et puis on peut profiter… d-du bain en silence un peu… après une… une telle bataille d’eau… »

Soulagement. Je me laisse aller à un sourire rassuré et venant poser mon menton sur son épaule, redescendant mes doigts doucement dans le creux de son dos. Tant d’hésitation et de tremblements dans la voix m’amène à définitivement croire que Shion est embarrassée. J’en joue soudainement alors que je devrais être raisonnable. Je devrais m’arrêter. Maintenant. Avant que le fil tendu se brise sans crier gare.

« Je ne reconnais pas la répartie que tu as d’habitude. Tu sembles perturbée… Cette bataille d’eau t’a trop mouillé pour parler si peu tout à coup ? »

Quel abruti. Elle est belle la raison. Impossible de rester sérieux et d’éviter le danger. Non. Il a fallu que je plonge encore plus dans cette perversion, rendant ma compagne encore plus mal à l’aise. Inutile de réfléchir trois ans pour faire le rapprochement avec les premiers doubles sens évoqués. Sans compter cet autre aspect qui ne peut échapper à la vigilance de la jeune Alpha. Cette réaction physique que je ne peux pas retenir entièrement. Et pourtant, ça ne m’arrête pas. Et ma lycane semble se prendre au jeu inconsciemment, laissant sa tête retomber contre mon torse dans un souffle coupé. Tous ces longs jours à refréner tout cet amour que j’ai tant voulu lui donner… Tant de frustration qui semble vouloir être assouvie maintenant. Et plus mes doigts glissent sur sa peau, plus mes lèvres se perdent dans son cou humide. Je ne me reconnais plus. Je suis définitivement perdu dans les méandres de l’irréfléchi.  

Un geste soudain me fait ouvrir les yeux. Ces doigts crispés sur ma cuisse et ce léger gémissement perdu d’entre les lèvres de Shion réveillent ma conscience. Ma lucidité revient difficilement, poussant violemment cette folie qui s’est emparée de moi. Qu’est-ce que je suis entrain de faire… ? L’impensable. Ce dont je m’interdis depuis deux ans. Je ne peux pas briser ce fil si fragile maintenant. Pas comme ça. J’en suis incapable. Et une fois de plus, ma lâcheté et mon respect envers la hiérarchie transforme cet instant de désir en une scène de frustration intense, que ce soit pour moi ou pour Shion. Je brise tout en l’espace de quelques secondes attirant un regard vitreux presque outré de la demoiselle. Je lâche un profond soupire, passant mes doigts sur mon front, laissant mon corps retomber contre le bord de la baignoire. Les yeux clos, cachés par un geste essuyant ce visage blasé par ce retour à la réalité.

« Je… Je pense qu’il serait plus sage de sortir de l’eau… maintenant... Le jour va se lever. Il ne faudrait pas qu’on nous trouve ici… dans cet état… »

Je me sens complètement ridicule. Demander une telle chose à celle qui a autant envie que moi que tout ça se termine autrement revient à augmenter cette pointe de frustration à son paroxysme. Je sens que Shion va m’en vouloir pour tout ça et pendant au moins toute la matinée. Je décale légèrement ma lycane afin de pouvoir me redresser et sortir de l’eau, l’accompagnant à ma suite pour qu’elle évite de trébucher contre le bord. Une chute qu’elle n’aurait sûrement pas eu en temps normal mais ce n’est pas comme si là, nous n’étions pas tous les deux dans un état second. Je me maudirai presque de penser cela mais heureusement que Shion n’a pas l’usage de ses yeux en ce moment précis. Voir mon état physique si prompt à l’envie aurait été une honte monumentale pour moi. Bien que je doute fortement qu’elle n’ait rien senti sous l’eau. Elle ne dit pas un mot, affichant une moue de colère maitrisée. J’entoure la demoiselle d’une longue serviette pour cacher sa nudité, faisant de même pour moi avant de récupérer des vêtements secs.

« … Ne fais pas cette tête… Je suis… enfin… Je suis désolé… Je ne voulais pas… »

Mais c’est fait quand même. Encore une fois, incapable d’assumer mes actes et ma position…



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MessageLun 29 Juin - 14:27


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Je ne sais pas ce que je dois penser de cet instant. Je croirais presque être encore en train de dormir tant je ne reconnais pas Keith, ou plutôt devrais-je dire les réactions habituelles de cet empoté de Louloup. Ces gestes vont loin, vraiment loin. Je me sens si stupide en me rendant compte que je ne maîtrise pas la situation, que je suis incapable de gérer alors que je suis celle qui tend les perches et envoie les piques. Parce qu’au final, Keith et moi sommes dans le même bateau, devant le même inconnu mais là ce n’est plus moi qui mène et je suis prise de court par des choses auxquelles que j’ai totalement sous-estimées et oubliées dans ce petit jeu.
    « Je ne reconnais pas la répartie que tu as d’habitude. Tu sembles perturbée… Cette bataille d’eau t’a trop mouillé pour parler si peu tout à coup ? »
    « Mai-Mais ! Keith… ! »
Une protestation étouffée dans un murmure. Le sous-entendu est compris sans aucune hésitation cette fois-là. Je suis persuadée qu’il le fait exprès, juste pour m’embêter, juste pour pousser le bouchon un petit peu plus loin. Oui je suis irrémédiablement gênée, oui je suis incapable de retourner dans le jeu, pour le moment, mais je suis heureuse qu’il ait enfin compris que son rang hiérarchique n’est pas important. Absolument pas. Malgré le lieu, pas vraiment adéquat, je finis par m’abandonner dans ses bras. Mon sens du toucher étant bien plus développé de par ma cécité, mes points sensibles perdent rapidement pied face au traitement qui m’est offert, je ne bouge presque pas, je ne dis plus un mot et au fond j’espère qu’il ne se défilera pas comme à chaque fois. Pourtant cette fois, cette optique ne me vient pas en tête. Pas à ce stade.

Je frémis, encore et encore. Mes joues s’empourprent un peu plus quand je sens  son bas-ventre contre mes reins. On ne peut pas dire que ce soit la première fois que cela arrive, on ne peut pas dire non plus que c’est très courant mais le fait très aussi proches sans une épaisseur de tissu entre nous… ça change énormément les choses. Encore une fois je suis mise au-devant de la réalité des choses, devant ma méconnaissance. J’ai été trop sûre de moi et maintenant j’ai passé les rênes. J’ai un peu honte mais c’est tellement agréable.

Plus une seule parole ne sera prononcée, pas même son nom avant que je ne laisse mes cordes vocales traduire l’alchimie qui se passe en moi. Et là, la dure réalité revient de plein fouet. Le contact est brisé sans ménagement et une excuse bidon, en mon sens, m’est simplement donnée. Il va s’en dire que je suis vexée, déçue et même furieuse de ce retournement de situation. J’ai pourtant l’habitude, à mon grand dam, de ces arrêts brutaux quand les choses deviennent un peu tendues et généralement je suis juste désappointée et boudeuse – frustrée aussi mais chut – mais jamais nous n’étions allés aussi loin. Dire que j’avais osé croire que Keith avait enfin compris…
    « … Ne fais pas cette tête… Je suis… enfin… Je suis désolé… Je ne voulais pas… »
Je ne réponds toujours pas. Je me suis laissé guider jusque-là en silence et il en est de même pendant qu’il me tend mes vêtements. Peut-être n’ose-t-il pas continuer à me prêter ses yeux en intervenant pendant que je recouvre mon corps ou peut-être préfère-t-il rester en retrait de peur de se faire rembarrer. A vrai dire je ne sais même pas moi-même ce que j’aurais préféré, sans doute aurais-je montré du mécontentement dans les deux cas. Il est évident que je suis trop focalisée sur un seul détail, ce détail, pour réfléchir et agir intelligemment dans les autres situations. Le silence restera donc notre camarade jusqu’à ce que nous ayons rejoins ma chambre. Le jour doit commencer à se lever, je commence à entendre de faibles sons dans les chambres avoisinantes. Je m’arrête alors sur le pas de la porte, desserrant enfin les mâchoires.
    « Tu n’es… » Je m’interromps cinq secondes. « Tu n’es qu’un vilain ! Un empoté ! »
    « S’il-te-plait… ne fait pas la tête maintenant… »
    « Si ! Je boude si je veux ! » De toute la force de mes petits bras je le repousse vers le couloir.
    « Shion ?! »
    « Va manger, je verrais si éventuellement je te pardonne après… »
La porte se ferme sans claquer. Oui, il s’agit là d’une pure scène de ménage d’une puérilité sans nom. Je doute qu’il ne se rende pas compte que la porte restera longtemps des heures durant, on se connait trop bien pour savoir lire entre les lignes. Mais j’ai besoin de rester seule un moment pour digérer, pour laisser passer. Ça ira mieux en fin de matinée, comme à chaque fois.


La scène ne passe évidemment pas inaperçue chez un certain intéressé qui s’empressera de retrouver le jeune Oméga donc il partage l’âge. Ses pupilles améthystes, similaires à ceux de sa sœur, fixe ce camarade qu’il est si amusant d’embêter. Ce dernier doit d’ailleurs s’y attendre en voyant la lueur taquine qui le toise.
    « Pauvre, pauvre garçon. Voilà qu’une gente demoiselle s’ouvre à toi, se montre d’accord pour passer à l’étape supérieure et toi, tu fuis la queue entre les jambes. Que c’est triste. »
    « Tu as… »
    « J’aurais dû ? Mais voir Shii’ te bouder, il ne faut pas être devin pour comprendre que tu as oublié les protections au mauvais moment. C'est naturel, c'est un acte d'amour, mais toi t'es trop bête pour passer par une porte grande ouverte.... si c'est pas triste... Ma pauvre sœur s'est entichée d'un chiot sans baloches... »
    « MAIS ! EH ! »
Le prince s’en est allé, riant devant cette boutade dont il est fier. Il fallait bien lui secouer les puces à cette andouille.


©codage par loveless ; image provenant de tumblr

Sleep well under the full moon ❧ keith

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